Jakes Abeberri

Jakes Abeberri

Enbataren argitalpen zuzendaria eta Enbataren sortzaileetakoa.

Biarritz-Pays Basque

L'Edito du mensuel Enbata - Hôtel du Palais C’est à une voix de majorité que le maire de Biarritz, Michel Veunac, a obtenu de son conseil municipal, le 30 juillet dernier, le financement de la rénovation et la modification de gestion de l’Hôtel du Palais. La décision est de taille : la société exploitante, la SOCOMIX, dont la ville détient 67% des actions, se voit dotée d’un bail emphytéotique de 75 ans, lui permettant de contracter un emprunt à long terme destiné au financement de 64 millions de travaux.

Pour bien comprendre l’importance de l’enjeu municipal que constitue cet hôtel emblématique, ... il faut remonter aux années d’après-guerre. (...)


Réussir la première étape

L'Edito du mensuel Enbata - Certes, la création il y a plus d’un an de l’Agglomération Pays Basque a doté nos trois provinces d’une personnalité juridique, lui a enfin donné une existence physique et morale. Ce n’est pas rien ! Par le biais d’une intercommunalité, le Pays Basque nord peut parler d’une même voix, peut gérer le quotidien d’une large partie de nos politiques publiques, est en capacité d’élaborer des projets de développement commun à nos 300.000 habitants. Sa faculté de lever l’impôt lui assure un budget conséquent de 600 (six cents) millions d’euros et dispose d’un bon millier de fonctionnaires pour son organisation.

On pouvait craindre qu’à 230 élus, délégués des 158 communes basques, ses assemblées plénières ne se transforment en forums bavards peu efficaces. Craindre aussi que les opposants au principe même de cette structure, que les votes des conseils municipaux avaient réduits à une proportion de 25% de l’ensemble d’Iparralde, ne viennent perturber la bonne marche de cette collectivité dans laquelle ils voient les prémices d’une institution propre au Pays Basque. Pour l’essentiel, heureusement, elle marche. (...)


Nos mairies Macron compatibles

L'Edito du mensuel Enbata - Quels que soient l’état de la société et les conflits qui la traversent, le calendrier électoral parvient toujours à transcender le pire et le meilleur. En mai 1968, au plus fort de la révolte étudiante et de la plus grande grève générale depuis 1936, l’annonce faîte par De Gaulle de dissoudre l’Assemblée nationale et de convoquer des élections législatives, ramènera la France à son cours politique habituel.

L’élection présidentielle du printemps 2017 et les législatives qui suivirent opérèrent comme un véritable choc institutionnel, balayant les habituels partis de gouvernement de droite et de gauche, faisant émerger une nouvelle génération d’élus se voulant hors des schémas et des clivages classiques. (...) Mis à part quelques bastions de tradition de gauche comme Hendaye, l’ensemble d’Iparralde se retrouvera sous le label macronien, comme durant la traversée du désert du général De Gaulle sous le label RPF. (...)


Lehendakari

L'Edito du mensuel Enbata - "Ce pôle métropolitain Pays de Béarn est comme l’instrument d’un rééquilibrage territorial vis-à-vis de la Communauté d’agglomération Pays Basque”, telle est une partie du texte fondateur de l’institution béarnaise créée le 18 janvier 2018 par arrêté préfectoral. François Bayrou, maire de Pau, qui a été porté à la présidence, a rappelé en préambule la riche histoire du Béarn, État indépendant régi au XIIe siècle par les Fors de Béarn, fondements d’une démocratie unique en son genre à l’époque.

Ce nouveau pôle métropolitain regroupe sept des huit intercommunalités béarnaises et compte 327.154 habitants. Cette structure, prévue par la loi NOTRe, est une fédération d’intercommunalités qui ne perçoit pas l’impôt et dont le budget se nourrit de la contribution volontaire de ses membres. On voit ici les limites de l’exercice qui ne veut pas laisser aux seuls Basques la volonté d’une affirmation collective identitaire fondée sur une histoire et une culture singulières, mais refuse, par le choix d’une fédération d’intercommunalités existantes, l’intégration démocratique de toutes ses communes pour la gestion unique d’un destin commun. (...)


Sortir des braises de Gernika

L'Edito du mensuel Enbata - Six ans après l’arrêt définitif et irréversible de sa lutte armée, suite à la conférence internationale d’Aiete, un an après la remise de ses armes à l’initiative des artisans de la paix d’Iparralde, ETA, après soixante ans de violence “reconnaît”, le 8 avril 2018, “la responsabilité directe qu’elle a eue dans cette douleur”. “Aux personnes et à leurs familles, nous demandons pardon” conclue l’organisation clandestine. Cette sortie de l’innommable a belle allure, d’autant que “la réconciliation est une des tâches que nous devons mener en Pays Basque” invite ETA qui préconise “une solution démocratique au conflit… pour éteindre définitivement les braises de Gernika”. La guerre mémorielle a déjà commencé. L’on sait, hélas, que l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs. Comment l’avenir présentera les décennies d’ETA?

Le choix des modes de lutte pour atteindre le même objectif, s’il divise les familles abertzale, ne change rien à la volonté commune de quête de la liberté nationale basque. L’Espagne le sait fort bien qui, quel que soit l’interlocuteur basque, exige toujours plus d’alignement, plus de pardon, plus d’excuse, plus d’humiliation et, s’il le faut, exerce sa violence légaliste par le biais de sa justice politique. La Catalogne pacifique en connaît toutes les palinodies. (...)


De la morale en politique

L'Edito du mensuel Enbata - Cette dernière mise en examen de Sarkozy, si elle prospère judiciairement, peut devenir une affaire d’Etat sans précédent. Sans précédent par son ampleur, mais hélas pas nouvelle dans le paysage politique français où son mentor, Jacques Chirac, président de la République réélu fut, à sa manière, un repris de justice. Décidément la vertu, fondement de la démocratie, ne préside guère à la tête de l’Etat en France. C’est pourtant d’elle que procède l’autorité.

La justice espagnole, elle, s’exerce à d’autres jeux. Ne pouvant vaincre par les urnes l’irrédentisme catalan, l’Espagne instrumentalise son pouvoir de justice exploitant jusqu’à plus soif le référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre, suivi du vote de l’indépendance au parlement catalan, pour construire un crime de sécession. Ainsi, au coeur de l’Europe, l’exercice de la démocratie vous envoie en prison ou en exil. (...)


Corse, on négocie

L'Edito du mensuel Enbata - "C’est une occasion manquée” déclare Gilles Simeoni, président de la Collectivité corse, suite à la visite officielle sur l’île, les 6 et 7 février, du président Macron. Certes ce dernier qui, candidat, avait à Furiani le 7 avril 2017 ouvert une avancée possible à la revendication insulaire, était cette fois-ci revêtu des habits du chef de l’Etat pour organiser le dialogue sur un rapport de force entre deux légitimités démocratiques, la sienne pour la France et celle, tout aussi récente, des élus nationalistes corses pour leur territoire.

La posture de Macron a donc assumé à la fois celle du pouvoir central, traditionnellement tutélaire, voire provocatrice, mais aussi celle du politique devant gérer au mieux la “question corse” à peine sortie d’une lutte armée. (...)


Corse, sujet constitutionnel

L'Edito du mensuel Enbata - En remportant, à une large majorité, les élections territoriales de décembre 2017, les nationalistes corses ont fondamentalement modifié les rapports de leur île dans la république française. L’autonomie, pleine et entière, n’est plus une revendication mais une obligation de mise en oeuvre.

Opportunité d’autant plus à saisir que l’interlocuteur français est un jeune président qui, candidat le 7 avril 2017 à Furiani, en Corse même, proclamait: “Est-ce qu’il faudra aller plus loin, modifier le cadre législatif et réglementaire, réviser la constitution pour permettre de nouvelles adaptations? Sur ce sujet comme sur tous les autres, je suis ouvert au dialogue”. (...)


L’Europe aux cent drapeaux

L'Edito du mensuel Enbata - Apparemment, l’Union européenne s’est détournée de la “sédition” catalane. Affaire interne à un Etat partenaire, ont dit toutes les capitales comme les institutions communautaires de Bruxelles.

Cette politique de l’autruche est-elle pour autant réalité ? Le réveil national catalan n’atteint-il pas, bien au contraire, le sens profond de la construction européenne que l’on croît réduite à l’association d’Etats ? (...)