Jakes Abeberri

Jakes Abeberri

Enbataren argitalpen zuzendaria eta Enbataren sortzaileetakoa.

L’indépendance au bout du pacifisme

L'Edito du mensuel Enbata - Emu, fasciné une heure durant, vendredi 27 octobre, devant ma télévision retransmettant en direct le vote historique du parlement autonome catalan créant la république de Catalogne. A l’appel de son nom, chaque député venait déposer dans une urne, à bulletin secret, sa contribution, ou son opposition, à un acte qui rend désormais irréversible l’émancipation du peuple catalan.

Quel que soit le déroulé des relations avec l’Etat espagnol ou les humeurs du concert des nations. (...)


Scrutin en marge

L'Edito du mensuel Enbata - Comme dans beaucoup de domaines, la France a une conception du bicamérisme fort alambiquée. Le Sénat est une institution au fonctionnement démocratique anormal disait Lionel Jospin... Heureusement que le Sénat, s’il peut amender la loi et contrôler l’exécutif, doit s’incliner en dernier ressort devant les décisions législatives de l’Assemblée nationale. Si on y ajoute qu’il lui est impossible de renverser le gouvernement, on mesure le rôle mineur de sa fonction dans les institutions.

Le résultat de ces sénatoriales dans les Pyrénées-Atlantiques appelle quelques commentaires. (...)


Saisir une opportunité

L'Edito du mensuel Enbata - Elus du Pays Basque on vous parle ! Après le big bang territorial du précédent quinquennat, qui nous permit de créer la Communauté Pays basque, voilà le président Macron proposant aux collectivités locales un “pacte girondin”. Pas de nouvelle loi, pas de réforme globale pour l’ensemble de l’Hexagone, mais des contrats spécifiques définis par les acteurs de terrain avec des mots clés comme “expérimentation” ou “délégation de pouvoirs”. Cette “conférence nationale des territoires” (CNT), promesse de campagne du candidat Macron, se veut “d’échange, de concertation et de décision".

Dans notre longue quête institutionnelle, la Communauté d'Agglomération est une avancée indéniable mais demeure cependant loin de ce qui était construit avec la société civile comme un compromis acceptable par tous: une institution propre, élue au suffrage universel et dotée de compétences spécifiques. Il ne faudrait pas que l’engagement loyalement assumé dans cette Communauté nous démobilise. Il est heureux que son président, Jean-René Etchegaray, rappelle opportunément cette finalité. Les nombreux élus abertzale qui y participent peuvent désormais, avec le lehendakari, s’engouffrer dans cette ouverture offerte par le pouvoir central de la conférence nationale des territoires. Il faut être présent à ces rendez-vous semestriels. S’organiser pour cela. Définir une nouvelle doctrine institutionnelle d’Iparralde et la faire partager par l’opinion publique. (...)


No tinc por !

L'Edito du mensuel Enbata - Est-il imaginable que le double attentat djihadiste des 17 et 18 août à Barcelone et Cambrils ne puisse influer sur le comportement des Catalans à cinq semaines de leur référendum du 1er octobre sur l’indépendance ?

L’événement qui a interpellé l’opinion mondiale pèsera sûrement sur la décision du peuple catalan qui a affirmé à la face des nations son identité profonde et la maturité de ses institutions. (...)


La voix des sans État

L'Edito du mensuel Enbata - Trois députés nationalistes corses à l’Assemblée nationale. Cela est tout aussi exceptionnel que la vague Macron chamboulant l’édifice institutionnel français. Trois élus sur quatre circonscriptions corses, c’est presque un grand chelem, d’autant que le quatrième candidat abertzale a raté l’accès au second tour pour 13 voix.

Il y a là la traduction de la percée à l’élection de l’Assemblée territoriale du 13 décembre 2015 qui, avec 35,34% des voix, avait porté les abertzale unis à sa direction. Cette percée n’était pas le fruit d’un gain de voix, mais l’addition structurelle des deux familles patriotes corses, les indépendantistes, qui longtemps soutinrent la violence armée du FLNC et des autonomistes dont Edmond Simeoni fut l’historique leader. (...)


Le vote abertzale

L'Edito du mensuel Enbata - Spécificité de la Ve république, surtout depuis l’inversion du calendrier liée à la création du quinquennat, les législatives prolongent et solidifient le choix de la présidentielle. Seule inconnue, l’ampleur du résultat. D’autant qu’en l’espèce, la force politique du nouveau président est toute neuve, quasiment sans députés sortants et, pour l’essentiel, composée de citoyens sans mandat, issus de ce que, par commodité, l’on nomme société civile. Tout serait-il joué avant même l’ouverture de la campagne? En France peut-être, en Pays Basque sûrement pas...

Les trois candidats Euskal Herria Bai devraient bénéficier d’une notoriété découlant de leur reconduite du scrutin législatif de 2012 dans un paysage de plus en plus façonné par nos valeurs.
Déjà il y a cinq ans, EH Bai était la troisième force politique avec 9,78% derrière les deux grands partis français de gouvernement, le Parti socialiste et l’UMP... Cela nous oblige tous à la mobilisation pour coller les affiches, tracter sur nos places, être assesseurs dans les bureaux de vote, assister aux réunions publiques, réveiller ceux qui sont d’accord mais ne bougent pas… (...)


Le levain

L'Edito du mensuel Enbata - "Nous avons vécu un moment historique. J’ai participé à plusieurs accords de paix dans le monde et c’est la première fois que je vois un accord de paix réussir grâce à la société civile. C’est exceptionnel” dit Louis Joinet, ancien magistrat, qui fut l’un des négociateurs des accords de Matignon sur la Nouvelle-Calédonie, en 1988.

Ce témoignage d’expert donne la vraie dimension de l’acte décisif de la remises des armes d’ETA, le 8 avril dernier, même s’il n’est qu’un passage obligé vers la paix encore à sceller en Pays Basque. (...)


Le moment est venu

L'Edito du mensuel Enbata - Lundi 13 mars, double déflagration institutionnelle au Royaume-Uni. La Première ministre britannique, Theresa May, fait voter par le parlement de Westminster la demande de sortie de l’Union européenne voulue, à 52% des votes, par le référendum de juin 2016.

En écho, le même jour, la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, annonce qu’elle saisira le parlement d’Edimbourg pour l’organisation d’un référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, entre l’automne 2018 et le printemps 2019. “Les Ecossais ne se laisseront pas expulser de l’Europe contre leur gré” dit-elle, eux qui ont repoussé le Brexit à 62% des électeurs. (...)


Une issue pour la Catalogne

L'Edito du mensuel Enbata - Depuis cinquante ans, les rapports entre nations de ce continent n’ont pas simplement évolué, ils ont changé de nature. Leur souveraineté absolue a heureusement muté, pour une large part, en lien de subsidiarité et de partenariat fondé sur la libre co-gestion des peuples.

L’union européenne a bien des défauts et peut légitimement être refondée, mais, mis à part les courants extrémistes minoritaires, elle demeure le cadre institutionnel librement accepté de nos vieilles nations solidaires. Elle est aujourd’hui confrontée à de multiples avatars en son sein comme à ses frontières. (...)