Archives de l’auteur : Ellande Duny-Pétré


Le phénomène des réfugiés politiques basques en Iparralde du XIXè siècle à l’accueil des réfugiés de la Guerre civile (1/3)

Avec la manifestation du 15 juin à Biarritz, le collectif des réfugiés et exilés issus du conflit qui oppose le Pays Basque et l’Espagne, revient sur le devant de la scène. La présence de ces femmes et de ces hommes en Iparralde n’est pas nouvelle.

Bien qu’hier encore en grande partie réduits à la clandestinité, ils ont marqué et nourri l’histoire de nos trois provinces et celle de la revendication basque. Mais à chaque génération, à chaque défaite, le prix est très lourd à payer. Voici un regard dans le rétroviseur pour évoquer l’ampleur et les effets de ce phénomène politique.


Nouvelles vagues de réfugiés à partir des années 60 (2/3)

La répression atteindra son acmé avec la grande rafle du 3 octobre 1987. «A l’heure du laitier», 2000 policiers français procèdent à 120 interpellations qui aboutissent à 55 expulsions vers l’Espagne, 12 vers l’Algérie, 3 vers le Venezuela et 3 assignations à résidence.

La fameuse sentence du ministre de l’Intérieur Charles Pasqua: «La démocratie s’arrête là où commence la raison d’Etat», vient justifier le tout. (...) En 30 ans, et c’est là encore un trait majeur de cette affaire, à l’initiative de l’Espagne, l’offensive diplomatique, l’arsenal juridique, judiciaire, policier, ne cessent chaque année de se développer. Ils prendront une dimension colossale, tous azimuts.


Une solidarité jamais simple (3/3)

Le réfugié politique basque à des époques différentes prend le visage de trois personnes illustres: celui du curé-guérillero Santa Cruz en 1873, entouré de sa garde rapprochée, celui du premier Lehendakari J. A. Agirre en 1951, face aux huissiers parisiens, celui d’Izaskun Rekalde, hurlant de peur avec ses enfants dans les bras, embarqués par les policiers français, à 6h 30 du matin, lors de la grande rafle du 3 octobre 1987.

Tous trois nous regardent. Ils incarnent le visage d’un Pays Basque dans la tourmente, qui relève la tête face à ses adversaires, envers et contre tout. Leur combat montre à ceux qui en doutent encore que seule la souveraineté pleine et entière permet aux ressortissants d’un peuple que leurs droits soient garantis.


Juanjo Etxabe Haundixe, histoire d’un Basque rebelle

Il est mort le 12 juillet 1996 à Urruña (Lapurdi). Né 59 ans plus tôt dans un des bastions du nationalisme basque à Arrasate (Gipuzkoa), il fut le premier preso d’ETA en septembre 1960 (...). Personnage haut en couleur, hétérodoxe et picaresque, Juanjo Etxabe fut l’objet d’un acharnement tout particulier de la part des autorités françaises, comme en témoignent les nombreuses expulsions du Pays Basque et incarcérations dont la dernière lui sera fatale.

Enbata ouvre ici ses archives pour rendre hommage au militant disparu qui, dans une interview remarquée à l’hebdomadaire Argia, quelques jours avant de mourir, appelait de ses vœux l’union des abertzale contre l’adversaire commun.


Urkullu retire son budget

Pour la première fois de son histoire, le gouvernement de la Communauté autonome basque n’aura pas de budget cette année, faute de majorité susceptible de l’approuver au parlement de Gazteiz. Le budget socialiste de 2012 sera prorogé.

Iñigo Urkullu ne désarme pas, poursuit les négociations et le travail législatif de son programme.


En panne

Le processus de résolution du conflit armé en Pays Basque est au point mort. L’absence de toute négociation, l’expulsion de la délégation d’ETA en Norvège, le poids redoublé de la répression, en disent long sur l’enlisement actuel.

Le message adressé par Madrid à Sortu et à ETA est parfaitement limpide. Tant qu’ETA n’aura pas rendu les armes et disparu du paysage, les choses resteront en l’état. Et «l’ingénierie juridique» espagnole n’a pas dit son dernier mot, elle est inépuisable.


Le mouvement Enbata entre dans l’histoire

L'histoire d'Enbata révèle l’importance de nos pionniers dans un Pays Basque bien différent de celui d’aujourd’hui.

Le livre de Jon et Peio Etcheverry-Ainchart ne cache rien. Il nous restitue Enbata dans sa complexité, il ne tourne pas à l’hagiographie ou à l’histoire officielle et rend un bel hommage aux militants des premiers jours. Il met en relief et nous permet de mesurer l’immense dette que nous avons à l’égard de ces pionniers.


Enbata: Iparraldeko historia aldatu zuen mugimendua

1960an Enbataren sortzeak ukan dituen sekulako ondorioeri buruzko elkarrizketa honek erakusten du nola Enbata 50 urtez eztabaida, esperimentazioa eta proposamen indarra izan den.

Hastapenetik Enbatak galdezkatzen du, trabatzen... eta esplikatzen. Galdea haustura moduan pausatzen du. Abertzale mugimenduak ezagutu dituen oztopo guzien gainetik, Enbata aldizkariak, mende erdi batez, lotura rola ukan du, etengabe. Bertan trukatzen eta nahasten bai eta isladatzen ziren eraikitzen ari ziren mugimendu bateko osagarri guziak, bai eta ere jendarte zibileko eta kulturaleko eragileak.


Enbata : plus de 50 ans de débats, d’expérimentations et de force de proposition

Questions à Ellande Duny-Pétré sur le bouleversement qu'a constitué la création d'Enbata en 1960.

Dès le début, Enbata questionne, dérange, explique. Il pose le problème en termes de rupture. Par-delà les vicissitudes du mouvement abertzale, l’hebdomadaire constitue en un demi-siècle d’existence, le fil rouge, le lien permanent, le creuset parfois, le miroir d’un mouvement en construction dans toutes ses composantes, y compris celles de la société civile et de la culture.

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