Progression des abertzale

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Candidat.es EHBai lors d'un meeting des législatives de 2022.

Candidat.es EHBai lors d’un meeting des législatives de 2022.


Avec une augmentation de près de 3400 voix, le vote abertzale confirme son ancrage aux élections législatives et un rôle d’arbitre qui interdit la victoire aux candidats rejetant nos problématiques.

Trop lente bien sûr, mais remarquable. Les abertzale ne sont pas comme ces formations qui, telle l’extrême droite double en cinq ans son score en Iparralde ou qui s’effondre comme le LR. Soyons convaincus que la lenteur de notre progression est le gage de sa pérennité. La progression en pourcentages mais aussi en voix est d’autant plus significative qu’un “effet NUPES” s’est fait sentir. La gauche française, enfin, se requinque. L’argument voulant que nous progressions depuis quelques années du fait de la crise du PS et du PC, ne tient plus.

Dans une élection très politique où d’abord comptent les étiquettes, les abertzale arrivent en tête dans plusieurs cités d’Iparralde, à Ayherre (30,65%), à Sare (29,22%) et dans une vingtaine de villages de Basse-Navarre. Dans les communes dont les maires nous sont proches ou avec des équipes fortement abertzale, nos scores sont inédits : Baigorry (32,43%), Uztaritze (18,36%), Ziburu (18,94%), Urruña (19,63%). En atteignant 13,03% en Iparralde dans une élection législative, les abertzale ne sont plus marginaux ou quantité négligeable. Notre masse critique est suffisante pour peser au second tour. Souvenons-nous que dans les années 90, seules les élections municipales et cantonales sauvaient la mise. Grâce à un travail de fourmis commencé avec Herritarki en 1983, nous sommes peu à peu sortis de l’ornière. Nous stagnions alors lamentablement entre 2 et 3% lors de législatives, et il faut saluer nos candidats et leurs équipes qui se sont alors dévoués pour “aller au casse-pipe”, porter envers et contre tout la voix abertzale.

Dans la cinquième circonscription, la plus difficile du fait du poids de Bayonne et d’Anglet, notre enracinement est conforté. Nous passons de 2675 voix (5,66%) en 2017, à 4385 (près de 9%) en 2022, soit une progression de 63,93%. Nos scores s’élevaient à 4,5% en 2007 et à 3,64% en 2002 dans cette circonscription. Certes, nous partons de bas, mais il s’agit d’un bond en avant. Il est permis de penser qu’il est en grande partie le fruit de la campagne autour du logement dont les abertzale sont le moteur, tout en veillant à associer de nombreux partenaires. Nous rassemblons à Bayonne 1457 voix (9,18%). Avec 1153 voix à Anglet, les 6,87% sont atteints, alors que nous en étions à 2,56% en 2017. Aujourd’hui à Hiriburu, 17,27% des électeurs votent pour EHBai, ils sont 10,27% à Mugerre.

Législtarives

Avec 14,55% des voix, la progression abertzale est également forte dans la sixième circonscription où EHBai gagne deux points et demi en cinq ans (+23,84% en nombre de voix). L’effet de nos victoires aux municipales précédentes se fait sentir. Le vote abertzale est ici plombé par les résultats de Biarritz : mais les résultats atteignent des scores jamais obtenus pour des élections législatives : 5,88% en 2022, pour 4,43% il y a cinq ans. A Hendaia, EHBai totalise 14,15% des voix et à Cambo, 16,32%. Se situent à plus de 20%: Espelette 22,25%, Itxassou 28,18% et Louhossoa 24%.

Avec 14,55% des voix,
la progression abertzale est également forte
dans la sixième circonscription
où EHBai gagne deux points et demi en cinq ans (+23,84%).
L’effet de nos victoires aux municipales précédentes se fait sentir.

Un PS abertzale compatible élu

Le Pays Basque intérieur demeure notre fief avec 18,51% qu’EHBai atteint dans la partie basque de la quatrième circonscription. Son score est de 20,87% à Donibane Garazi, 15,9% à Hazparne et en deçà à Saint-Palais (13,24%) et Mauléon (11,37%). S’est produit un petit séisme politique sur ce territoire qui va de Sauveterre à Bonloc en passant par Urepel et Laruns: son basculement à gauche au second tour. Le candidat socialiste Iñaki Echaniz cochait quasiment toutes les cases qui le rendaient abertzale compatible. Il a su rassembler l’ensemble des forces de gauche française plus les abertzale et a ainsi battu d’un cheveu (89 voix) la candidate macroniste. Au lendemain du premier tour, le candidat d’EHBai Egoitz Urrutikoetxea avait annoncé qu’à titre personnel, il allait voter pour le socialiste (Nupes) Iñaki Echaniz. Le communiqué d’EHBai indiquait peu après : “Nous considérons que le bulletin de vote Echaniz est moins problématique que sur les autres circonscriptions pour contrer la candidate de Macron, Annick Trounday”. Deux jours avant le second tour, EHBai écrivait : “Dans le dernier communiqué que [Annick Trounday] vient de faire paraître, aucune allusion ni à la revendication de passer les examens en euskara, ni à la violence policière subie par les parents, enseignants et élèves. Annick Trounday a clairement choisi de fermer les yeux et de passer outre ces réalités. Devons-nous interpréter son silence comme une justification de la violence policière à l’encontre de ces personnes? Ses agissements sont le reflet de sa soumission aveugle aux choix du président Macron et n’augurent rien de bon pour notre territoire, sa langue et ses habitants”. Le message a été entendu. Cette capacité à gérer correctement le second tour et donc à choisir entre adversaire principal et secondaire, est prometteuse pour l’avenir. Toutes les familles politiques du pays l’ont compris, même les plus hostiles à nos projets.

Cette capacité à gérer correctement le second tour
et donc à choisir entre adversaire principal et secondaire,
est prometteuse pour l’avenir.
Toutes les familles politiques du pays l’ont compris,
même les plus hostiles à nos projets.

A noter l’absence de candidats PNV pour ce scrutin. Leurs scores précédents, autour de 2%, les desservaient en ne faisant qu’apporter la preuve de leur faiblesse. Cette absence a le mérite d’éviter de brouiller le score abertzale et d’offrir l’image négative de la division groupusculaire. Le PNV, dont les élus municipaux rejoignent systématiquement dès le premier tour des listes de droite, a préféré appeler à voter en faveur des candidats de la nouvelle coalition gouvernementale Ensemble, comme il avait opté pour Macron à l’élection présidentielle. Sans doute pense-t-il aux prochaines échéances locales.

Après avoir longtemps stagné pendant plus de deux décennies, les abertzale sont parvenus à sortir de “l’enfer des moins 5%” à la fin des années 80. Nos amis bretons, alsaciens, occitans, catalans et savoyards, membres de la fédération Régions et peuples solidaires, peinent à s’en extraire. Seules exceptions, les résultats en Corse et l’élection du député Paul Molac en Bretagne. Dans l’île de Beauté, les trois députés abertzale ont été réélus, malgré parfois des candidats dissidents. Michel Castellani recueille en Haute-Corse 63,01% des suffrages, Paul-André Colombani en Corse-du-Sud ressemble 57,61% des voix et Jean-Félix Acquaviva obtient 50,23%. Une seule circonscription, celle d’Ajaccio a choisi un député d’Ensemble, mais le candidat abertzale Romain Colonna est parvenu à totaliser 48,24% des voix —à 800 voix de son adversaire— un score inédit dans ce qui demeure le dernier fief de la droite française en Corse. Le député du Morbihan Paul Molac (Régions et peuples solidaires) a été brillamment réélu avec 73,43% des électeurs. Cela annonce de nouvelles batailles victorieuses pour le groupe parlementaire Libertés et territoires qui s’appelle désormais Libertés, Indépendance, Outre-mer, Territoires (LIOT). Il compte déjà 15 membres et a vu l’arrivée de plusieurs élus d’outre-mer.

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