PLU plutôt que PLH

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Emmanuel ALZURI , Maire de Bidart  / Bidarteko Auzapeza.

Emmanuel ALZURI , Maire de Bidart / Bidarteko Auzapeza.

 

Monsieur le Responsable de la Publication

J’ai lu avec beaucoup d’attention et d’intérêt votre série d’articles publiés dans Enbata (Mars 2021, N°2367), consacrés à la problématique du logement en Pays Basque.

J’y ai relevé des commentaires intéressants mais aussi, malheureusement, quelques préconisations aussi stupéfiantes qu’inadmissibles dans le dossier 2 « Vivre et se loger au Pays Basque » (pages 5 et 6 (1)). Et c’est parce que je veux bien croire qu’elles sont plutôt l’aboutissement d’une analyse approximative de la problématique du logement sur le territoire que l’expression d’une idéologie réductrice et inquiétante, que j’ai souhaité vous transmettre cette contribution personnelle. En premier lieu comme vous le soulignez, la question du logement et son corollaire foncier est centrale et primordiale en Pays Basque.

La tension est si forte, que les prix sont dorénavant hors de contrôle. Sur le littoral d’abord, mais par effet rebond également sur l’ensemble du territoire. Les causes sont multiples, parfois exogènes, mais parfois aussi endogènes, nous y reviendrons.

Cette inflation foncière et immobilière est une « machine à exclure », d’autant que plus des 2/3 de notre population (70%) relève des critères du « logement social » (du fait de ses revenus).

Le droit primaire, fondamental à vivre et travailler au pays est ainsi chaque jour plus menacé.

Cette tendance n’est pas nouvelle. Le Pays Basque est attractif… et pas extensible. Inexorablement, les prix montent depuis au moins 40 ans : chaque jour un peu plus et en flèche depuis quelques mois malgré le rythme très soutenu de construction de logements nouveaux.

Pour des raisons de marché (offre et demande) dopées par l’attractivité mais aussi il faut le rappeler, car nous devons produire toujours plus de logements pour satisfaire aux exigences de la Loi (SRU), et également à cause de ce véritable phénomène de société qu’est le desserrement de la cellule familiale (les divorces). Des couples qui se séparent et immédiatement c’est un (ou 2) dossier(s) de logement social supplémentaire pour des personnes fragilisées financièrement.

Au travers du cas concret de la commune de Bidart, je souhaite apporter quelques modestes éclairages de « terrain » sur ces problématiques du logement et des résidences secondaires, que mon équipe municipale « Bidarte Bihotzetik » a pris à bras le corps dès sa première élection en 2008.

En effet, à l’heure où monte inexorablement une tension inquiétante, aux relents nauséabonds (affiches «Parisiens, vous êtes notre virus » à Urrugne / Campagne contre le tourisme autocollants sur les feux de signalisation), et plutôt que d’aller chercher le coupable idéal comme vous le proposez dans votre tribune, il me semble être de ma responsabilité d’intervenir dans le débat pour essayer de lui donner sa dimension « de terrain », en tout cas celle que je mesure dans le cadre de mes fonctions de Maire.

Ma contribution n’a pas pour autre objectif que de vous convaincre de la stérilité d’un argumentaire stéréotypé qui consiste à faire porter le chapeau à des victimes expiatoires, et ce faisant de rappeler quelques vérités, issues de ce constat concret.

■ LE VÉRITABLE OUTIL OPÉRATIONNEL , C’EST LE PLU (pas le PLH)

Tout commence en effet par le PLU qui fixe le droit des sols sur la commune. Celui de Bidart date de fin 2011, 3 ans après notre élection.

Au travers de quelques règles simples, mais volontaristes, nous avons ainsi pu doubler sur les 10 dernières années, le nombre de logements à prix maîtrisés (de 8 % à 17 %), et nous poursuivons notre progression. Ces données sont publiques et corroborées par le cabinet en charge du PLH pour l’Agglo.

Cette évolution spectaculaire, nous la devons à des principes que nous avons instaurés comme intangibles.
→ « Pas de zone blanche, ni de zone franche »

1. Prioriser les opérations en maîtrise d’ouvrage publique directe chaque fois que c’est possible : elles permettent de proposer tous les types de produits qui jalonnent « le parcours résidentiel » : location sociale/ accession sociale pérenne en BRS et (petits) lots à bâtir.

Sans jamais faire du « tout social » mais au contraire en imposant de la mixité sur toutes les opérations et sur tout le territoire de la commune, ce que j’illustre de la formule : « pas de zone blanche ni de zone franche ».

Mais les moyens des communes ne sont pas infinis, elles ne peuvent pas tout: tout préempter, tout acheter. L’équation financière serait impossible, chacun peut le comprendre.

2. Imposer un plancher de production de logements sociaux dès 4 logements, c’est à dire que toute opération où que ce soit sur la commune dès lors qu’elle est supérieure ou égale à 4 logements, impose d’en consacrer 50 % au logement accessible, 60 % si l’opération dépasse 10 logements, et 70 % au delà de 30.

C’est ici que se niche ce que vous ne verrez jamais dans le PLH. Lui fixe des objectifs quantitatifs en nombre de logements et en typologie pour le quota social (PLAI/ PLUS/ PLS). Mais il ne « descend » jamais au niveau de terrain et des règles propres à chaque commune. On peut, par exemple, allègrement faire démarrer l’obligation de production de logements sociaux au delà par exemple de 10, 15 ou 20 logements et ainsi s’exonérer de toutes responsabilités en deçà.

On peut également se cantonner à 30 ou 40 % de production de logements sociaux par opération. La loi, pas plus que le PLH, ne l’interdit. Mais alors, sans le dire, on continue c’est mathématique de produire plus de logements libres que de logements accessibles.

Typiquement, si un PLU impose 30% de logements accessibles, cela signifie que sur 10 logements produits, seulement 3 seront accessibles aux 70 % de notre population qui y est éligible et qui ne peut pas louer ou acheter au prix du marché.

Ou comment creuser, sans jamais s’arrêter, le fossé qui sépare aujourd’hui plus que jamais, ceux qui doivent se loger pour vivre et travailler, et ceux qui (de bonne foi et sans que ça doive leur être reproché) investissent, parfois sans limite de moyens (contribuant ainsi, c’est incontestable, à la flambée des prix) et pas toujours donc pour y habiter.

La transition est facile avec la problématique des résidences secondaires, très nombreuses sur le territoire. Les communes ont eu la possibilité dans la période récente, d’agir sur ce phénomène qui rappelons le toutefois, n’est pas nouveau.

Pour Bidart, je peux dire que nous avons par le recours à l’ensemble des dispositifs (poussés à fond) que la loi autorise, pu inverser la tendance.

Que ce soit les données INSEE ou celles des impôts, toutes convergent pour acter d’une baisse (en pourcentage) de la part des résidences secondaires sur la commune.

Pour cela, il a fallu :

-  Instaurer des abattements à la taxe d’habitation (lorsqu’elle existait) pour les seuls résidents  permanents (les secondaires n’en bén éficiant pas).

-  Limiter le droit au « changement d’usage » des biens immobiliers à 1 par famille, c’est à dire  n’autoriser la mise en marché que d’une seule location saisonnière par personne. Cette règle n’est d’ailleurs mise en oeuvre que sur une partie  du littoral, les communes immédiatement  en retrait étant autorisées à en proposer 2, et l’intérieur du Pays Basque restant, sans aucune  contrainte… (délibération et règlement Agglomération Pays Basque). A méditer.

-  Majorer la taxe d’habitation des résidences secondaires à 60 % ce qui s’est fait à Bidart dès que la  possibilité lég ale nous a été offerte (nous n’ étions que 3 communes à l’avoir votée à ce moment là…).

-  Créer 3 Zones d’Aménagement Différé (des ZAD), dont 2 dédiées à l’habitat et une à l’économie,  pour réserver ces fonciers à la collectivité et donc à la maîtrise d’ouvrage publique.

Au risque de rendre peu digeste cette contribution, je pensais utile de mettre en relief l’ensemble des  dispositifs réglementaires que l’on peut utiliser, lesquels, vous en conviendrez, ne relèvent pas tous  du PLH.

Le débat en effet à son sujet pourrait être sans fin, mais pourrait surtout rester sans fond, s’il devait  être limité à ce seul document réglementaire de programmation.

Le PLU seul est la  transcription réglementaire du droit des sols sur le périmètre communal.

Le PLH auquel vous faites sans cesse référence, peut se révéler n’être qu’un catalogue des bonnes intentions, en quelque sorte le faux nez d’un PLU qui lui seul porte les véritables règles
opérationnelles.

PLH et PLU ne sont parfois pas en phase, comme constaté amèrement dans le passé. Souvent pour  des raisons de temporalité (non concomitance dans la rédaction des documents) mais peut être aussi  parfois pour d’autres raisons moins avouables.

La meilleure preuve de cette primauté concrète du PLU sur le PLH, c’est que jamais un promoteur  qui porte un projet de construction ne s’est présenté dans un service urbanisme avec le PLH sous le  bras. Par contre avec le PLU, toujours.

Au delà des discours convenus lors du débat sur les grandes orientations, la réalité est donc ailleurs.Se contenter d’évoquer le PLH quand on veut parler d’habitation ou de foncier au Pays Basque, c’est un peu comme regarder le doigt quand on veut vous montrer la lune.

En définitive, dans la jungle des documents administratifs, ces grands documents cadres (importants à l’échelle du grand territoire) que sont le PLH, mais également le PCAET et le PDU sans oublier le SCoT, c’est toujours le PLU qui gagne à la fin.

Avec les règles administratives actuelles à condition de les utiliser à plein régime preuve est faite qu’on peut obtenir des résultats significatifs.
Le tableau n’est pas idyllique pour autant. En effet, reste en suspens le sort de ceux qui dépassent les plafonds du logement accessible mais pour lesquels les prix du marché libre demeurent des horizons inatteignables. Le système n’a rien envisagé pour eux, ces représentants des classes moyennes supérieures qui méritent toute notre attention car ils sont eux aussi les forces vives d’un territoire qui ne devrait exclure personne.

Avant d’en terminer, je crois utile de rappeler que si on ne peut faire l’économie de se poser les questions de savoir pourquoi on construit tant, pour qui on le fait et comment on en arrive à de tels prix ; on doit par symétrie se poser cette question toute simple, soigneusement évitée en règle générale : « Qui vend ».

Comme le disait courageusement un promoteur dans le journal Sud Ouest il y a quelques jours : « A de rares exceptions, nous n’achetons qu’à des basques »…

Aussi, plutôt que de regarder ailleurs pour y chercher des boucs émissaires à bon compte (loin, très loin de la tradition d’accueil du Pays Basque, mais proche, très proche de l’idéologie des extrêmes), il me paraît être de meilleure politique que le territoire se saisisse d’abord véritablement des outils et dispositifs qui existent. Ils assurent, lorsqu’ils sont utilisés, de contribuer à la régulation du système, même s’ils ne sont malheureusement pas suffisants.

Mais ils permettent d’obtenir des résultats et sont donc une partie de la réponse : celle du très court terme dont chaque commune du Pays Basque (ou Pôle Territorial) pourrait se saisir à son niveau.
Sans attendre un hypothétique « Grand Soir » du logement qui passera, je l’appelle de mes voeux par la Loi plutôt que par des dispositions indignes de la culture et de l’histoire du Pays Basque.

En tout cas de mon Pays Basque.

Bien cordialement,

Emmanuel ALZURI
Maire de Bidart
Bidarteko Auzapeza
Bidart,
le 6 avril 2021

(1) « (…) Toute résidence ou logement construit à partir de 2022 ou 2023 qui se révélerait être une résidence secondaire serait désormais la cible potentielle d’une occupation permanente par la coalition de ces mouvements. » – « (…) L’objectif serait de créer peu à peu un effet dissuasif pour les acheteurs potentiels des futures 20.000 résidences secondaires. Ils doivent intégrer que cette acquisition constituerait une sorte de loterie, et que le long processus d’emmerdements qu’ils risquent en achetant en Pays Basque n’en vaut pas la chandelle. »

12 Comments

  1. Mikel Mite
    Posted 06/04/2021 at 23:13 | Permalink

    Analyse pragmatique de la situation.

    Merci pour tout eta segi borrokan !

  2. Peio EA
    Posted 07/04/2021 at 11:17 | Permalink

    Emmanuel Alzuri est en campagne départementale, ça y est!
    En tout cas, sur le fond contribution intéressante, en tout cas personnellement je souscris à une grosse partie de l’analyse.
    Mais je pense que le malentendu est dans les prémices: personne n’a dit, dans aucune contribution du dossier d’Enbata, que TOUT l’enjeu du logement était dans le PLH. Il est évident que dans la chaîne d’action de ce domaine, tous les maillons sont essentiels, en particulier lorsqu’ils ont une fonction opérationnelle. Le PLU est donc évidemment d’importance majeure, et la (re)lecture des contributions laisse bien apparaître que la bataille engagée dans ce PLH (“la mère d’entre elles” puisque le PLH est opposable aux PLU) devra être poursuivie sur le SCOT puis les PLUI à venir.
    Hors la volonté d’apparaître dans ce débat public à la veille des élections (ce qui est par ailleurs légitime), je ne vois donc pas très bien en quoi les propos tenus ici sont contradictoires avec les contributions produites dans Enbata. Elles sont plutôt complémentaires.
    Pour finir, les résidents secondaires ne sont pas des “boucs émissaires”. Ce sont juste une catégorie de propriétaires fonciers et immobiliers qui, pesant lourdement sur la problématique du logement ici, doit légitimement contribuer à la résoudre. Pourquoi d’ailleurs les surimposer fiscalement à Bidart si l’on n’est pas d’accord sur ce diagnostic?
    En tout cas, enfin un débat est lancé sur ce thème, après des années à claironner dans le désert. Tous les arguments sont les bienvenus pour avancer vers une solution.
    Peio Etcheverry-Ainchart

  3. Txetx Etcheverry
    Posted 08/04/2021 at 09:18 | Permalink

    Rigueur intellectuelle plutôt que procès d’intention

    Quelle mouche l’a piqué ?” , me suis-je demandé quand j’ai découvert la tribune libre que le maire de Bidart Emmanuel Alzuri a envoyée à toute la presse du Pays Basque nord pour fustiger ma chronique “Vivre et se loger au Pays” , tenue dans les derniers numéros de la revue Enbata.
    Je n’y faisais qu’analyser la spéculation immobilière et foncière en Iparralde, et y formuler des propositions stratégiques pour la contrer, sans critiquer ni même citer le maire de Bidart ou aucun de ses confrères.
    J’ai lu avec attention cette virulente attaque contre cette réflexion et ses propositions sur le logement, qualifiées par Emmanuel Alzuri “d’aussi stupéfiantes qu’inadmissibles” , comme par exemple l’impulsion d’un mouvement d’occupation des résidences secondaires faites dans des logements construits à partir de 2022 ou 2023, afin de “créer peu à peu un effet dissuasif pour les acheteurs potentiels des futures 20 000 résidences secondaires” dont la construction est projetée d’ici 2050, selon le diagnostic du PCAET Pays Basque, lui-même se basant sur les prévisions du PLH.

    Une lecture en diagonale ?
    Ma première et plus forte impression est qu’Emmanuel Alzuri attaque bille en tête un texte qu’il n’a même pas pris le soin de lire. Je veux ici en faire la démonstration, car cela me semble singulièrement léger de la part d’un élu qui lance de si lourds anathèmes
    Par exemple, les envolées de l’édile de Bidart sous-entendent que je me laisserais aller à des recherches xénophobes de boucs-émissaires au problème local du logement : « à l’heure où monte inexorablement une tension inquiétante, aux relents nauséabonds (affiches «Parisiens, vous êtes notre virus » à Urrugne / Campagne contre le tourisme autocollants sur les feux de signalisation), et plutôt que d’aller chercher le coupable idéal comme vous le proposez dans votre tribune », ou encore « argumentaire stéréotypé qui consiste à faire porter le chapeau à des victimes expiatoires ».
    Or, mon article dit justement tout le contraire. J’y appelle précisément à éviter « de poser des diagnostic erronés, pouvant être porteurs de dérives idéologiques et politiques (concept de colonisation de peuplement, voire approches virant à la xénophobie) et du coup de stratégies inefficaces et perdantes (chercher LA solution magique à un problème aussi complexe et multi-causal, céder à la tentation de stratégies du passé aujourd’hui inopérantes, etc.). »
    La tribune incriminée parce que recherchant le « coupable idéal », « des victimes expiatoires » ou des « boucs émissaires », est donc très éloignée de ce genre de simplification démagogique. Au contraire, j’y appelle à ne pas avoir peur « d’expliquer un certain nombre de choses pas toujours les plus populaires (impact lourd des tendances actuelles à la décohabitation et solutions à y apporter, problème posé par le mythe de l’« etxe individuelle » dans l’imaginaire basque, besoin de densification par du logement collectif, nécessité de l’encadrement systématique de l’accession à la propriété sociale etc.). »

    Étonnant, non ?
    Autre exemple, Emmanuel Alzuri semble me reprocher longuement de parler de ce « PLH auquel vous faites sans cesse référence ». Critique surprenante, puisque je prends soin d’expliquer dans cette longue réflexion personnelle qui a couru sur trois numéros successifs d’Enbata qu’elle était justement suscitée par l’actuel débat sur le PLH, tout en précisant : « La validation de ce PLH rythme le débat tout au long de cette année 2021. Par la suite, viendront la mise au point de documents tout aussi décisifs, avec les différents PLU et le SCOT. » Je rajoutais même : « Le PLH le plus volontariste ne suffira pas à lui seul à résoudre la crise actuelle et à venir du foncier et du logement en Iparralde. ».
    Du coup, on peut se demander là encore si le maire de Bidart a vraiment lu mon texte, quand il prétend m’apprendre «l’ensemble des  dispositifs réglementaires que l’on peut utiliser, lesquels, vous en conviendrez, ne relèvent pas tous  du PLH » ou que «le débat en effet à son sujet pourrait être sans fin, mais pourrait surtout rester sans fond, s’il devait  être limité à ce seul document réglementaire de programmation. »
    L’édile labourdin n’a sans doute pas lu non plus le passage où j’écrivais : « Les communes et la CAPB, qui ont dans leurs mains des outils structurants et des possibilités réelles d’intervention sur ces questions (PLH, PLUi, SCOT, EPFL, service d’acquisition foncière, préemption, expropriation, procédure des « biens sans maîtres », densification de l’habitat, production logement social, conditions d’accès à la propriété sociale et gestion Office HLM HSA, politiques de rénovation et de réhabilitation, surtaxe résidences secondaires etc.). C’est là un des principaux terrains où se jouent les batailles du foncier et du logement actuellement et dans les années à venir. C’est dire l’importance du rôle des élus communaux et intercommunaux, des techniciens, des programmes et propositions politiques à ce niveau ».
    En concluant qu’il lui paraît «être de meilleure politique que le territoire se saisisse d’abord véritablement des outils et dispositifs qui existent. Ils assurent, lorsqu’ils sont utilisés, de contribuer à la régulation du système, même s’ils ne sont malheureusement pas suffisants », le maire de Bidart entend donc me faire la leçon en m’opposant… ce que je défend moi-même ! C’est plutôt moi qui devrais m’étonner de la quasi-absence des outils et des dispositifs intercommunautaires parmi les leviers d’action qu’il énumère longuement et préconise chaudement.

    On peut discuter sérieusement ?
    Bref, Emmanuel Alzuri passe quatre pages à attaquer ma chronique en me faisant tenir des propos qui ne sont pas les miens, en répondant à des choses que je n’ai pas dites, en m’accusant de « regarder ailleurs pour y chercher des boucs-émissaires à bon compte (loin, très loin de la tradition d’accueil du Pays Basque, mais proche, très proche de l’idéologie des extrêmes) ». Mon texte est pourtant on ne peut plus clair à ce niveau en alertant par exemple sur le risque que « les classes populaires et moyennes locales, qu’elles soient composées de gens nés ici ou ailleurs, ne puissent plus s’y loger à terme, du fait de prix leur devenant inaccessibles ».  
    Personnellement, je travaille justement à ce que l’angoisse et la colère bien compréhensibles que provoquent l’explosion des prix des loyers et du foncier parmi les secteurs les moins favorisés de la population ne nourrissent pas de dérives xénophobes et violentes. J’œuvre au contraire jour après jour pour leur offrir des débouchés progressistes, non-violents, écologistes, ouverts et solidaires.
    J’attendais plus de rigueur intellectuelle de la part d’un responsable politique de ce territoire, sur un dossier aussi sensible. J’ignore l’intention réelle du maire de Bidart dans cette charge contre le texte d’un militant qu’il connaît bien et qu’il ne prend même pas le soin de nommer.
    Pour ma part, je suis dispo quand tu le souhaites Alzu, pour une vraie discussion, où l’on répond à ce que l’autre dit vraiment et pas aux procès d’intention qu’on lui fait. Parce que ce qui me paraît personnellement « aussi stupéfiant qu’inadmissible » serait d’accepter la perspective de 20 000 résidences secondaires supplémentaires d’ici 2050 en Iparralde, quand tant de gens d’ici se demandent s’ils vont pouvoir continuer à habiter ce pays. Il va bien falloir qu’on trouve des solutions à la hauteur du défi avant que tout ça ne parte en vrille. Ados ? Izan untsa eta laster arte agian.

    Txetx Etcheverry

  4. ALZURI
    Posted 08/04/2021 at 16:14 | Permalink

    Cher Txetx,

    J’ai pris connaissance de ton message dont je te remercie. Ci-dessous ma réponse en 3 points :
    - Si, comme tu me le reproches, je ne t’ai pas nommé personnellement, c’est parce que je ne souhaitais pas personnaliser et encore moins stigmatiser. Notre relation déjà très ancienne ne le mérite pas.
    - Je remets en cause dans cette tribune des propos que j’ai lus dans Enbata (c’est incontestable) et qui me
    paraissent ressortir d’un exercice d’apprenti sorcier ou de « pompier pyromane ».
    - Et c’est donc bien pour ces raisons que je suis disponible à n’importe quel moment pour venir discuter des
    questions de logement et de foncier avec toi et ceux qui le souhaitent.

    Izan untsa eta laster arte agian.

    « Alzu » :-)

    Emmanuel ALZURI
    Maire de Bidart

  5. Jacques Bernard
    Posted 10/04/2021 at 12:16 | Permalink

    Certains élus veulent nous rouler dans la farine par des mesures soi disant efficaces et suffisantes. Il n’en est rien. Seule une forte mobilisation des habitants et d’autres élus, de la société civile, des habitants basques et non basques renversera la vapeur et obligera nos décideurs, y compris M. Alzuri, à agir sérieusement. Occupations de résidences secondaires, manifestations, pétitions courriers aux élus, la pression doit monter en puissance. L’avenir du Pays Basque et celui de nos enfants est entre nos mains. A nous de nous bouger. Et il ne s’agit en rien de xénophobie, comme l’a très bien expliqué M. Txetx Etcheverry.

  6. Pierre Larrebat
    Posted 10/04/2021 at 12:34 | Permalink

    Le maire de Bidart bombe le torse. C’est du flan. Ce qu’il propose en matière d’urbanisme est un écran de fumée. Il veut nous faire croire que… Déjà que la situation est intenable en été en Pays Basque, qu’en sera-t-il demain? Comme sur la côte d’Azur ? Nos enfants n’auront plus que les yeux pour pleurer !

  7. Jean Ladevaise
    Posted 10/04/2021 at 14:21 | Permalink

    Oui, il faut nous bouger. C’est le seul moyen pour que demain nos enfants puissent encore habiter en Pays Basque. Les élus qui nous sont favorables doivent pouvoir s’appuyer sur un mouvement social de fond. Les quelques autres récalcitrants ou qui se croient encore dans l’ancien monde, doivent sentir le vent du boulet et o miracle de Lourdes, ils changeront d’avis: “il faut bien que je les suive puisque je suis leur chef…”

  8. Arnaud Ibieder
    Posted 10/04/2021 at 14:31 | Permalink

    Tout a fait d’accord avec M.Ladevaise. Les promoteurs ont une hantise: les recours auprès des tribunaux qui bloquent au moins provisoirement les projets de constructions immobilières. Parce que les banques ne suivent plus! C’est un bon moyen pour contrecarrer la betonnisation du Pays Basque et l’artificialisqtion des sols.

  9. Mikel Mite
    Posted 11/04/2021 at 22:30 | Permalink

    Comme l’a dit M.Alzuri, je pense qu’il est primordial de s’assurer que les maires font déjà le maximum imaginable en matière de PLU. Pour cela, contrôle, manifestations, pétitions, tout les moyens sont bons.

    N’oublions pas qu’une bonne partie de nos PLU ont été retoqué l’année dernière par la préfecture pour passage abusif en constructif. L’état français qui vient nous dire de lever le pied, un comble !

    Commençons par contrôler nos mairies avant de fantasmer un impossible désintéressement pour notre région

  10. Mathieu Castaings
    Posted 12/04/2021 at 17:42 | Permalink

    Si je peux détendre l’atmosphère sur le sujet immo qui me tient énormément à coeur.
    Mr Alzuri éprouve t’il la même rigueur intellectuelle et considère t’il les mouvements non-violents comme il considère l’écologie qui est absente de toutes les discussions sur l’immobilier (impact écologique considérable sur les matériaux comme sur la sobriété énergétique) ?
    Je ne me remets toujours pas de cette photo ^^ https://drive.google.com/file/d/1JXBGlluYEgN1NxEG_17skqTXnwA9qXSu/view

  11. Claire
    Posted 12/04/2021 at 22:30 | Permalink

    M. Alzuri donne en fait raison à Txetx Etcheverry dans sa tribune censée combattre les préconisations de ce dernier : il a mis en place dès 2011 un PLU volontariste et dit avoir mis en œuvre depuis 10 ans tous les moyens légaux à sa disposition en tant que maire de Bidart. Pour quelle situation aujourd’hui sur sa commune ? Les prix sont plus fous que jamais, il n’y a que 10 % de logements sociaux (donc bien moins que ne l’impose la loi) et il y a plus de 30 % de résidences secondaires sur Bidart. Bref, il faut bien trouver d”autres moyens si nous voulons pouvoir continuer à habiter notre propre pays demain.

  12. Txetx Etcheverry
    Posted 09/04/2021 at 10:30 | Permalink

    Egun on Alzu :-) , eta milesker zure mezuarengatik,

    1) dont acte. Mais la prochaine fois, je préfère que tu me nommes et que tu répondes à ce que j’ai réellement écrit, plutôt que tu épargnes mon nom et que tu me fasses des procès d’intention en xénophobie ou je ne sais quoi. Rien de plus éloigné de moi que ce genre d’idées et de sentiments. Et je ne vois pas ce que cela a à voir avec le fait de dire que la perspective de 20 000 nouvelles résidences secondaires n’est pas acceptable dans un territoire dont la population locale, qu’elle soit née là ou ailleurs comme je le précisai bien dans ma chronique, a de plus en plus de mal à avoir un logement. Je n’ai fait aucune référence à l’origine ethnique des propriétaires de ces futures résidences secondaires que je sache. Qu’ils soient russes, américains, parisiens, girondins ou biscayens, la question n’est pas là pour moi. Le droit à avoir un logement passe avant celui d’en avoir deux, un point c’est tout. Je parle d’un problème de justice sociale et du droit fo
    ndamental des personnes à pouvoir se loger sur le territoire d’où elles sont, point. De plus, j’ai longuement précisé tout au long des 3 parties de ma chronique que les résidences secondaires étaient loin d’être la seule cause du problème auquel nous avons affaire, et qu’il n’y avait pas UNE solution magique à rechercher, mais au contraire une panoplie complète d’actions sur plusieurs niveaux d’intervention : communal, intercommunautaire, législatif, citoyen.

    -2) tu ne fais pas qu’attaquer ma proposition d’occuper les futures résidences secondaires pour y loger les habitants d’ici qui se retrouvent sans logement, tu me reproches aussi -je ne reviens pas sur le caractère incongru de ce reproche que j’ai détaillé dans ma première réponse- de trop parler de PLH, de méconnaître les outils et dispositifs communaux pouvant être actionnés sur la question du logement et du foncier… J’aimerai bien comprendre en quoi tout cela ressort “d’un exercice d’apprenti sorcier ou de pompier pyromane” ? N’est-ce pas plutôt toi qui veux absolument nous ramener là un débat dont je croyais la page tournée avec la création de la CAPB, celui de l’EPCI Pays Basque ? Ce n’est peut-être pas le cas, et je veux bien croire qu’il s’agit juste de ta part d’une maladresse dénuée de telles intentions, mais ta diatribe m’a tout d’abord fait penser à une instrumentalisation de cette question si sensible du logement et du foncier au service d’un com
    bat d’arrière-garde contre l’agglomération Pays Basque, pour montrer que cette dernière ne sert à rien ou à si peu. Je pense pour ma part, comme je l’ai écrit dans le texte que tu incrimines, que les 2 niveaux d’action, communal et intercommunautaire, doivent être activés à fond pour apporter une part des solutions à ce problème.

    3) Parfait, du coup on va se fixer cette discussion (mais on se la calera directement, sans passer par médias interposés) ! Je suis sûr qu’on finira par tomber d’accord sur beaucoup de choses. En effet, j’ai lu avec attention tout ce que tu décris de l’action entreprise sur ces questions par la commune de Bidart (et que je n’ignorais pas, car j’avais lu dès 2019 le rapport Bizi de suivi des engagements municipaux climat-énergie qui faisait état de certaines de ces actions sur Bidart). Tu vois bien par toi même que même en activant tous les dispositifs communaux possibles, avec la meilleure volonté, on arrive à freiner et à limiter un minimum le problème global, mais absolument pas à le solutionner ni même à le maitriser de manière satisfaisante. Les prix des logements et du foncier montent plus que jamais et le diagnostic du plan climat prévoit 20 000 résidences secondaires de plus d’ici à 2050, ce qui est une perspective insoutenable, tant d’un point de vue soci
    al qu’écologique. Nous devons mettre en œuvre de nouveaux moyens pour calmer le jeu au plus vite. On en reparlera.
    Goraintziak eta laster arte,

    Txetx

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