
Présentée comme “irréversible” par le gouvernement, la LGV Bordeaux- Toulouse reste pourtant entourée de nombreuses zones d’ombre, notamment sur son financement. Au Pays Basque, le CADE appelle à maintenir la mobilisation et à interpeller la Cour des comptes.
“I rréversible” : voici l’adjectif qui a servi de base à la communication autour du projet LGV entre Bordeaux et Toulouse à l’occasion de la venue dans la Cité rose du Premier ministre, Sébastien Lecornu, accompagné de son ministre des Transports, au début du mois de mai. Un mot fort qui veut laisser penser que tout est bouclé ; un mot qui relève cependant davantage du slogan politique que d’une réalité. Un mot qui cherche surtout à disqualifier ou à décourager par avance les opposants, et présenter le débat comme clos. Ce terme ne représente d’autant plus qu’un simple affichage politique que le plan de financement est loin d’être finalisé. En effet, ce qui est resté totalement dans le flou lors de cette visite ministérielle, c’est la manière dont ce projet serait financé, soit sur les fonds publics, soit par un PPP (partenariat public privé) qui au passage ferait monter la note de 20,4 à 27,4 milliards d’euros.
Qualifier une décision d’irréversible suppose que toutes les conditions essentielles de sa réalisation soient définitivement réunies. Or, à ce jour, ni le coût final du chantier, ni le montage, ni la répartition précise des financements entre l’État, les collectivités territoriales et les éventuels partenaires privés ne sont connus. Ce projet ne peut raisonnablement pas être considéré comme définitivement acté. Parler d’irréversibilité revient donc à fermer artificiellement le débat public.
La branche vers Dax absente
Dans cet exercice de communication gouvernementale, on peut noter le grand mot absent : “Dax”, introuvable dans le communiqué de presse ou les propos ministériels. Il n’y a aucune évocation de la branche de la LGV vers Dax.
“Même si le gouvernement n’a communiqué que sur Bordeaux- Toulouse, nous devons continuer au Pays Basque à nous (re)mobiliser.”
Cependant, même si le gouvernement n’a communiqué que sur Bordeaux- Toulouse, nous devons continuer au Pays Basque à nous (re)mobiliser. D’une part par solidarité avec les territoires concernés, les arguments là-bas étant tout aussi dénués de fondements qu’ici, et d’autre part parce que le projet Bordeaux-Toulouse est conçu avec un tronçon commun avec la branche vers Dax, ce qui rend les deux projets potentiellement liés.
Se mobiliser auprès de la Cour des comptes
Une opportunité à saisir rapidement se présente pour concrétiser le refus de la LGV, avec l’ouverture par la Cour des comptes d’un dispositif de participation citoyenne où il est possible de suggérer des sujets de contrôle et d’enquête que l’on souhaite voir explorés et qui concernent le bon usage de l’argent public. Le CADE a déposé sa contribution pour interpeller la Cour sur l’énorme gaspillage d’argent public pour ce projet de LGV dont la justification est douteuse. En 2014, cette même Cour des comptes avait fait paraître un rapport décapant sur la grande vitesse ferroviaire. L’opportunité est donc sérieuse La plateforme1 dédiée à cette opération comprend déjà près de 400 contributions, sur des thèmes très variés. Une fois les propositions collectées, la Cour des comptes et les CRTC (chambres régionales et territoriales des comptes) procéderont à une sélection de plusieurs suggestions citoyennes selon des critères connus, et notamment la popularité des sujets. Chaque contribution déposée affiche un compteur qui indique combien de personnes sont venues la soutenir.
“La proposition du CADE aura des chances d’être retenue selon le nombre de soutiens obtenus. C’est donc là que tout le monde peut agir, en un petit clic !”
Celle du CADE aura donc des chances d’être retenue selon le nombre de soutiens obtenus. C’est donc là que tout le monde peut agir, en un petit clic ! Pour retrouver la proposition du CADE sur la plateforme, après avoir choisi “je contribue”, vous pouvez indiquer CADE dans la zone de recherche. Il suffit ensuite de se laisser guider (il faut créer un compte dont le nom peut rester anonyme), pour finalement cliquer sur “soutenir” la contribution du CADE, l’écriture d’un petit commentaire personnel étant facultatif. La campagne de la Cour des comptes se terminera le 22 juin. Tous à vos claviers.
