Réminiscence

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Jean-Marc Abadie
Jean-Marc Abadie
Jean-Marc Abadie-ren burasoak Bigorre-etik etorri dira Euskal Herrirat beren lehen 4 haurrekin, 60 hamarkadaren hasieran. Baionan hazi ondoren, euskal kantuaren bidez erabaki du euskotar bilakatzea eta euskara, bertako biztanleen hizkuntza, ikastea. Kultur eta politika arloko militante gisa, idazkera egiazko arma literario bat dela pentsatzen du. 80 hamarkadaren erditsutan, Ekaitza astekariaren sortzaileetakoa eta 1992an Baionako hiru hilez behingo Kutzu adizkariaren sortzaileetakoa da. Enbatan hilabetero kronika bat egiten du 2012ko urtarriletik geroz.
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RéminiscenceDans la vie il y a des phrases d’un tiers qui restent à jamais gravées dans nos consciences et qui réapparaissent au fil du temps. Elles émanent bien souvent de proches. L’affect transpire de nos pores. C’est pour cela qu’elles nous touchent. Adolescent, j’entends ma mère ne pas comprendre pourquoi je me refusais à goûter une tomate. Avec cinq frères et soeurs, c’était peut être un moyen pour moi de me distinguer de la tribu. “Tu ne seras jamais un vrai basque si tu ne manges pas de tomates”.

A l’âge où la recherche d’une identité est une véritable quête, elle a fait mouche. Pourtant, 40 ans après, je tiens bon —pas de tomates— et un constat : je suis devenu un basque de la première génération ! Au diable les piperades, tomates en salade et autre poulet basquaise !

Du goudron et des plumes ?

Tout récemment, un abertzale de la première heure, travailleur de l’ombre, et infatigable militant souvent empreint d’analyses fines, me fit part, via internet, de la façon dont il avait perçu ma dernière chronique : “Enbata est un journal certes ouvert mais n’a pas vocation à oeuvrer systématiquement contre son camp !”.

Au delà du poids des mots, cette maxime instilla plus que du doute dans mon esprit. Et si, trop obnubilé par ma critique d’une stratégie (électorale) uniforme de certains responsables abertzale, j’avais basculé ? Le syndrome d’Euskadiko Ezkerra (1) m’avait-il submergé à mon esprit défendant ?

Suis-je allé trop loin dans un ensemble de critiques qui me ferait passer pour un dissident ? Mes interrogations me pousseraient-elles vers un point de non retour ? L’avenir le dira. Pour l’heure, je me questionne.

Vent de folie ?

Je ne remercierai jamais assez l’équipe d’Enbata de me donner la parole. Elle qui souhaite mettre les événements en perspective, donner des points de vue différents voire contradictoires. Surtout au sein du mouvement abertzale et peut être encore de façon trop timide à des non abertzale.

L’esprit critique est un bien précieux qu’il faut entretenir. Le piège serait de s’imaginer la société du Pays Basque Nord binaire : les abertzale d’un côté et les non abertzale de l’autre. Alors que les premiers, depuis l’arrêt de la stratégie polico-militaire, n’obtiendront pas une avancée dans une reconnaissance institutionnelle et linguistique sans les seconds. C’est tout l’enjeu initié (entre autres) par Batera vis-à-vis de quatre revendications majeures minimales (2).

EH Bai, aie, aie ?

La création et le développement d’EH Bai est une nécessité. Le débat ne se pose pas sur la question de l’union, qui est un combat dit-on, mais plutôt sur la stratégie globale et électorale en particulier. De même, j’aimerais penser que depuis AB nous avons gagné en débat interne, en culture démocratique. L’AG préparatrice préélectorale de novembre dernier d’EH Bai ne m’a pas semblé performante dans ce domaine en ne laissant aucune place à la discussion sur des alliances potentielles. C’était pourtant ce qui nous a été souvent rétorqué, il y a peu : on réunit AB, Batasuna et accessoirement EA et après on voit pour les alliances… Du coup, nous paraissons, aux yeux du plus grand nombre, droits dans nos bottes, incapables de penser diversité et complémentarité. Avec cette idée fâcheuse que nous avons raison tout seul. Il n’est pas sûr que cette stratégie nous permette de gagner beaucoup d’institutions, d’agréger des personnes qui n’ont pas le même sentiment d’appartenance que nous, d’imaginer une société laissant la place à une pluralité de points de vue.

En cela le score du Front National en Pays basque aussi doit nous interpeller. Il y a un gros travail à mener vers l’idée de rencontres, d’échanges, de débats. Dans la convivialité ou vers la confrontation aussi, si nécessaire.

Zubi lana

A Bayonne, un Collectif Citoyen Vivre Bayonne prend racine depuis fin 2013. Il réunit en son sein, type auberge espagnole, des personnes désireuses de se mêler de ce qui les regarde. Il est question ici de favoriser l’émergence d’un groupe ouvert par une démarche citoyenne, participative, libre de toute tutelle partisane en fédérant des personnes de gauche, encartées ou non, autour d’un objectif fort : le vivre ensemble à Bayonne dans un environnement équilibré avec des rapports économiques et sociaux  solidaires.

Après avoir mené des campagnes d’inscription sur les listes électorales, contre l’abstention et le FN, le Collectif projette la poursuite d’une série de “Cafés cité” sur des thématiques diverses : un bilan des nouveaux rythmes scolaires, une réflexion sur les 29% du FN dans le quartier Sainte-Croix, la question de la création d’une seule équipe professionnelle de rugby, un temps fort consacrée à la lutte du peuple Kurde, un débat sur la fin de vie autour de l’appel du procès de Nicolas Bonnemaison (3). Du grain à moudre pour un Collectif qui devrait trouver toute sa place dans le panorama politique bayonnais.

 

(1)Né en 1977, Euskadiko Ezkerra fut, pour faire simple, le bras politique de ETA politico militaire qui taira les armes en 1982. Réalisant des scores de 7 à 10 % dans la communauté Autonome d’Euskadi, une partie d’EE fusionna avec le PSE/PSOE en 1993 et d’autres avec le PNV ou EA.

(2) L’officialisation de l’Euskara, une Chambre d’agriculture, une université de plein exercice et une collectivité territoriale.

(3) Prochain Café cité le Samedi 30 mai à 10h30 à la Maison des associations sur le thème : vers la fin des festivals à Bayonne ?

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