Quel 8 mai?

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Sétif, 1945. Les arrestations des Algériens soupçonnés d'être impliqués dans l'insurrection s’accompagnent de véritables razzias.

Sétif, 1945. Les arrestations des Algériens soupçonnés d’être impliqués dans l’insurrection s’accompagnent de véritables razzias.

C’est en grandes pompes que la France a célébré le 8 mai, la fin de la guerre la plus sanglante de l’histoire : plus de 60 millions de morts. Parmi eux, Hiroshima et son record de 100.000 morts en une seconde, exploit de grands scientifiques du monde moderne. Rappelons pour mémoire que le 27 mars 1944, à 14h22, une vague de 44 bombardiers américains lâcha 45 tonnes de bombes sur l’aérodrome de Parme. Celles qui manquèrent leur cible laissèrent en 7-8 minutes, environ 250 morts Biarrots et Allemands.

Enfants nous avions appris le chant:

Lorsque descend le crépuscule
Churchill avec ses bombardiers
Nous lance quelques pilules,
Pas trop facile à digérer.
Tac tac tac font les mitrailleuses
Bun bun bun fait la DCA
Flic flac fluc les fusil et puis voilà.

Ohé les Amériques,
Les Iles Britanniques
Venez nous délivrer
De ces coquins de frigolins
Qui viennent prendre notre pain.
Envoyez-nous des armes
Pour qu’avec les gendarmes
Nous puissions former une armée
Et que nous les foutions hors de chez nous

La logique cartésienne ne caractérisait pas à l’époque l’esprit des Français.

Mais le 8 mai est aussi l’anniversaire des massacres de Sétif : 8 à 45.000 morts, on ne sait au juste, quelques milliers de bicots en plus ou en moins…

Les Algériens aussi voulaient fêter la fin de cette guerre. Les partis nationalistes prirent l’initiative. Messali Hadj, leur leader, était à Brazzaville, déporté. Ferhat Abbas, futur chef du gouvernement Algérien demandait que les Arabes dont 150.000 avaient été mobilisés laissant 20.000 morts sur les champs de bataille, jouissent des mêmes droits que les Européens: il fut entendu pour 62.000 sur les 7 millions qui peuplaient le pays. L’ambiance était tendue entre européens et arabes.

La manif du 8 mai fut autorisée à condition que l’on ne voit que le drapeau français. 10.000 personnes défilèrent à Sétif. Hymne national algérien, pancartes ‘‘libérez Messali Hadj“, “A bas la colonialisme“. Et voilà que le jeune Bouzid Saal brandit le drapeau algérien, le drapeau interdit. Un policier le tua. Autres tirs de policiers. Panique. Les manifestants s’en prirent alors aux Pieds Noirs. L’émeute s’étendit. A Guelma le sous-préfet Achiary fit tirer sur les manifestants. Les Algériens attaquèrent des villages européens. Représailles à Sétif, puis Guelma, Kherrata etc… On fit donner la Légion Etrangère, les Tirailleurs Sénégalais, un croiseur, un contre torpilleur qui tira plus de 800 coups de canon, l’aviation qui rasa des villages Kabyles. Une cinquantaine de mechtas fut incendiée. On jeta les cadavres dans les gorges de Kherrata, des fours à chaux, des puits… Certaines personnes furent brûlées vivantes après avoir été arrosées d’essence. Il y aurait eu 4.500 arrestations, 99 condamnations à mort.

Au cours des cérémonies de soumission, l’armée obligea les vaincus à se prosterner devant le drapeau français en disant “Nous sommes des chiens et Ferhat Abbas est un chien.

Bilan : 102 Européens tués. Les chiffres les plus bas en donnent 6 à 8.000 chez les Algériens. Certains parlent de 20 ou 30.000. Le chiffre officiel en Algérie, sans doute exagéré, est de 45.000.

Et dire que l’on se croit qualifié pour faire la morale à Daesh… envers lequel je ne ressens bien sûr aucune sympathie.

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