“Nous qui sommes sans passé, les Femmes…”

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Martine Bisauta
Martine Bisauta
Ekologista, Euskal Hirigune Elkargoko 3. Presidente-Ordea (Trantsizio ekologiko eta energetikoaren bai eta Hirigune Herritarraren arduraduna), Baionako Herriko Etxeko zinegotzia.
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Cette phrase tirée de l’hymne du MLF, se poursuit ainsi : “Nous qui n’avons pas d’histoire, depuis la nuit des temps les femmes, nous sommes le continent noir…”Quelques décennies nous séparent de ces paroles emblématiques reprises à chaque manif, paroles écrites sur la musique du Chant des Marais lié aux déportés communistes… Quelques décennies et cela résonne encore comme un immense défi à relever pour toutes les femmes de ce monde!

Chaque pas, même modeste, nous apparaît comme une extraordinaire avancée, tant les résistances sont inimaginables, impressionnantes. Cela semble un combat sans fin, placé sous le signe d’un redoutable balancier qui n’en finit pas de reprendre ce que l’espace d’un instant on pouvait penser comme acquis! C’est probablement la plus grande marche de l’histoire de l’Humanité !

Ce 27 janvier aura vu l’installation de la première commission “extra-communautaire” de la CAPB et elle est consacré à l’égalité femmes/hommes. Après avoir signé, lors du précédent mandat, la Charte européenne pour l’égalité réelle dans la vie locale et voté à l’unanimité un plan d’actions, l’Agglomération se dote d’une instance de débat particulièrement innovante. Cette instance regroupe en son sein, des élu.es, des associations, les syndicats et les services de l’Agglomération. Elle aura pour mission de faire progresser l’égalité en interne, mais aussi dans la vie publique.

C’est un outil original et ambitieux. Malgré la satisfaction de sa mise en place, il restera à démontrer son efficacité et la prise en compte de son travail à tous les échelons de la vie communautaire. La phase, en 2020, de l’acte 2 du Pacte de gouvernance et les difficultés d’accession des femmes élues dans les instances ont douché un peu les espoirs fondés sur la signature de la Charte… Certes, on note une progression due principalement aux votes des électeurs et des électrices, mais dans les choix faits pour les différentes délégations territoriales, on peut s’interroger sur la volonté de permettre aux femmes d’exister dans la vie publique… On me dit : “Il y a des progrès et il faut du temps et de la patience”! Mettons que je manque des deux, et après 2.000 ans et plus d’attente, je ne dois pas être la seule dans ce cas !

Au même moment, commence une campagne exceptionnelle portée par les Bask’Elles qui met en lumière les femmes oubliées de l’histoire du Pays Basque. Car elles existent ces femmes remarquables, même si on a tenté de nous faire croire qu’aucune ne méritait l’honneur d’une plaque au coin de la plus petite de nos rues ! Cette campagne qui s’appuie sur une expo qui fera le tour d’un grand nombre de communes, nous convie tous et toutes à une démarche participative destinée à nourrir ce temps de vérité et de reconnaissance ! Je vous invite à visiter leur site : lesbaskelles.org !

Rendre visible ce qui ne l’est pas, c’est lui donner existence ! Il faut avoir conscience que dans toutes les sociétés à travers les temps et encore actuellement, les femmes disparaissent dans les maisons, sous des vêtements ou de façon symbolique, mais l’essentiel étant de les ôter de la place publique, empêchant ainsi toute identification aux femmes les plus remarquables !

Ce travail de visibilité est une réelle réparation historique, une obligation de mémoire, un travail qui ne doit rien attendre des experts de toutes sortes mais bien et pourquoi pas de citoyen·nes du territoire qui pourraient grâce à des archives personnelles permettre de lever “des voiles”… Entre initiative institutionnelle et initiative militante, il flotte comme un petit espace de reconquête, qui n’est pas si anodin que certains voudraient le faire croire. Dans des moments difficiles où il est convenu de reconnaître que nos régimes démocratiques subissent de sérieux coups de boutoirs, la fin de l’exclusion politique des femmes pourrait peut-être changer la donne !

L’idéologie sexiste prône encore l’idée d’une nature féminine radicalement différente de celles des hommes et nous propose toujours un “universalisme” sans les femmes ! Geneviève Fraisse, historienne et philosophe, explique qu’il existe un hiatus entre “citoyenneté et représentation”.

Cette absence de “représentation” demeure, tous les efforts jusqu’ici entrepris se heurtent à ce plafond de verre, à peine fissuré mais qui résiste toujours ! Le Collectif des femmes en Pays Basque a, pendant des années, porté ces mêmes revendications ; les voir renaître aujourd’hui par l’engagement de plus jeunes militantes constitue un espoir…

Finissant ces quelques lignes, mes pensées vont vers Odile Harlouchet qui nous a quittés, il y a quelques jours et qui a été pendant de longues années notre compagne de route… Discrète, avec un sens de l’humour tout particulier, Odile a partagé toutes nos aventures de Pékin à tous les 8 mars ! Que nos luttes se poursuivent est une belle façon de lui rendre hommage !

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