Les essentiels

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Anne-Marie Bordes
Anne-Marie Bordes
Beste artikulu batzu

DA

Coeur battant de l’édition basque, la foire de Durango ouvrira sa 55e édition en partie en version digitale alors que le monde du livre est durement impacté par la crise sanitaire. Un événement réjouissant dans un monde qui questionne les droits et les besoins essentiels.

Bonne nouvelle dans cet insupportable maelström auquel nous sommes soumis depuis des mois ! Durangoko Azoka (Foire de Durango, du 4 au 8 décembre prochain, en Biscaye) a décidé de se renouveler, afin de rester fidèle à ses ambitions et d’offrir un catalogue de plus de 2 000 titres divers et variés. Lecture(s) et musique(s) à foison. Rendez-vous pour tous, plus nécessaire que jamais dans l’adversité délétère du moment.

L’association Gerediaga, les pouvoirs publics et institutions qui la soutiennent en Euskadi, les professionnels du Livre, du Disque et de la Musique, ont décidé de s’adapter aux normes sanitaires du moment. L’année 2020 qui s’achève, marquera donc la 55e édition de ce rendez-vous terriblement audacieux lancé en 1965, alors que le franquisme était encore loin d’écrire ses dernières pages. 55 ans plus tard, l’organisation jouera sur deux tableaux : une partie en “présentiel” (pour employer l’un de ces termes banalisés par la pandémie de ces 10 derniers mois), et rien que du digital pour l’ensemble des ventes organisées en distanciel. Soit, au travers d’une immense boutique en ligne avec pour slogan “Zu non, han DA !” en lieu et place de la foire rituelle grouillante de vie.

Un coeur battant fleuri

Cette année encore, l’accord passé entre l’ICB (Euskal Kutur Erakundea, l’Institut culturel basque) permettra d’y dresser une vitrine constituée à base de nouveautés glanées en Pays Basque nord. L’affiche de cette 55e édition (notons qu’en 2019, la 54e accueillit 120 000 personnes !), nous parle fort au creux de l’oreille. Elle est signée Ane Pikaza, (jeune illustratrice, auteure et actrice de Bilbao). L’artiste a imaginé un coeur battant fleuri, un palpitant plein de vie sur triste fond de grisaille. Illustration d’un message que l’on pourrait Interpréter comme un “Non, la culture basque ne mourra pas !”. On pourrait aussi lui préférer un “Oui, la culture basque veut vivre !”.

Librairies enfin rouvertes

A suivre donc dès le 4 décembre. Entretemps, les librairies françaises auront enfin, été autorisées à rouvrir leurs portes le samedi 28 novembre, après un mois de pénitence. Ceci au terme d’une polémique surréaliste inédite, ayant atteint des sommets de bêtise au fil des dernières semaines. Inutile de rappeler que le second confinement (précédé de deux semaines de couvre-feu), instauré le vendredi 30 octobre, avait signé le presque-arrêt de-mort de milliers de librairies indépendantes classées parmi les commerces “non essentiels” par le gouvernement français.

Les librairies françaises auront enfin été autorisées
à rouvrir leurs portes le samedi 28 novembre, après un mois de pénitence.
Ceci au terme d’une polémique surréaliste inédite,
ayant atteint des sommets de bêtise au fil des dernières semaines.

Quand on sait les difficultés vécues depuis des décennies par ces indépendants confrontés à la concurrence féroce de puissantes chaînes spécialisées et de grandes surfaces pourvoyeuses de linéaires au kilomètre (ou presque), on mesure les affres qui ont été les leurs. “Petits” libraires sans doute par la taille (du moins pour la plupart), mais “grands” par leur fonction. Ils se savent vecteurs de Connaissance et de Culture au sens large et profond du terme. A un mois des fêtes de fin d’année, les voilà qui ont retrouvé certain sourire. Ce qui ne les empêche pas de craindre pour leur survie financière à court et moyen terme, ainsi que d’autres pans entiers de la Culture toujours en berne.

Au pain sec et à l’eau

Que dire aussi des centaines de milliers d’autres petits commerces mis à mal par une lutte anti-Covid certes complexe, mais au nom de laquelle tant d’aberrations auront été dites et commises ? Que dire de ces centaines de milliers de cafetiers, gérants de bars et restaurateurs, en somme accusés d’être de sinistres agents propagateurs de virus alors qu’eux aussi, se savent essentiels ! Placés au pain sec et à l’eau jusqu’au 20 janvier 2021, avec le sentiment d’être mis au ban de la société en ce moment de distanciation sociale et de suspicion généralisées. Faillite assurée pour combien de ces professionnels en colère, dont dépend grandement la survie de filières agricoles et commerçantes, pourvoyeuses de biens nourriciers basiques tels que produits de la mer, viandes, légumes, boissons ? Ils se savent aussi plus que d’autres, nourriciers de ce lien social si nécessaire et si cruellement écorné aujourd’hui.

Une liberté essentielle

Le château de cartes bien plus fragile qu’on ne l’imaginait, se fissure sous nos yeux alors que l’Etat nous promet la disparition des “attestations de déplacement dérogatoires” pour le 15 décembre. Autant d’autorisations de sorties dûment paraphées et certifiées que chacun s’accorde à soi-même, tout en s’enfermant d’autant dans un système pervers. Instaurées pour le premier confinement de mars dernier, ces dérogations sont restées passibles de sanctions avec recours à sanctions pécuniaires et au droit pénal pour cause de récidive. Ceci signifiant la mise entre parenthèses pernicieuse d’une liberté aussi fondamentale que celle de circuler, propre au citoyen que nous sommes depuis la Révolution française. Cette liberté essentielle (officiellement proclamée dans la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948) n’avait pas connu pareille entrave depuis des décennies.

Durangoko Azoka

Landako et Platerunea, ces espaces ouverts à Durango, accueilleront des rencontres et présentations en présentiel, avec auteurs, éditeurs et conférenciers dans le respect strict des normes sanitaires. Vente en ligne : inscription préalable. Des concerts délocalisés seront également organisés du 5 au 8 décembre à Amurrio, Gasteiz, Bermeo, Bilbo, Ondarroa, Azpeitia, Donostia, Atarrabia.  durangokoazoka.eus

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