Deux questions au gouvernement sur la censure du Conseil Constitutionnel concernant l’enseignement en immersion

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Ellande Duny-Pétré
Ellande Duny-Pétré
Hezitzailea. Burgoseko auzitik geroz mugimendu abertzalean engaiatua. Enbatan, Hegoaldeko kronikaren arduraduna.
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Cliquer sur l'image pour voir l'intervention de Sylvia Pinel, députée du Lot-et-Garonne, appartenant au même groupe parlementaire que Paul Molac, Libertés et territoires.  

Cliquer ici pour voir l’intervention de Sylvia Pinel, députée du Lot-et-Garonne, appartenant au même groupe parlementaire que Paul Molac, Libertés et territoires.

Le 25 mai à l’assemblée nationale, deux députés se sont levés pour interroger le gouvernement. Sylvia Pinel, députée du Lot-et-Garonne et appartenant au même groupe parlementaire que Paul Molac, Libertés et territoires, a interrogé le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer : « Comment comptez-vous sécuriser juridiquement les écoles immersives »? La réponse du ministre a été particulièrement vague. Il s’est contenté d’une déclaration d’amour à l’égard des langues régionales, de Diwan et de Seaska, dépourvue de tout engagement juridique précis. Se présentant « la main tendue », le ministre veut « appliquer la loi, qui en effet peut représenter un progrès, de manière constructive, en préservant les droits des structures qui aujourd’hui pensent qu’elles courent un risque». Un bel exemple de tartufferie de la part de quelqu’un qui pour l’instant, ne cède rien, qui a manœuvré depuis son ministère pour susciter le recours au Conseil Constitutionnel et a, par ses réseaux, certainement pesé de tout son poids sur les juges. Voir ici l’article sur l’étrange fonctionnement du Conseil constitutionnel français.

Les « trois avancées majeures » du Conseil constitutionnel

Quelques minutes plus tard, le député LREM des Côtes d’Armor, Yannick Kerlogot, a posé au premier ministre Jean Castex la question suivante: « Quelle démarche comptez-vous entreprendre pour stabiliser définitivement l’enseignement des langues régionales et le statut des établissements concernés, sans que puisse leur être opposé l’article 2 de la Constitution ? » Dans sa réponse, le premier ministre qui clame lui aussi son immense amour à l’égard des langues régionales, a le culot de parler de « trois avancées majeures » figurant dans la décision de la Haute cour. Concernant la décision de censure, il va confier à deux députés « une mission pour que soient tirées d’ici quelques semaines toutes les conséquences de cette décision et, avec J.-M. Blanquer, il recevra l’ensemble des représentants des filières d’enseignement ». A la fin de son intervention, Jean Castex a rappelé les « engagements » pris par Emmanuel Macron dans son discours de Quimper le 21 juin 2018.

Voici l’extrait de ce discours du président, consacré aux « langues de Bretagne » : « Je n’ignore pas que ce dynamisme, lorsqu’on parle de culture, est souvent aussi ancré dans un respect attentif à l’héritage breton et donc aux langues de Bretagne. Je ne crois pas que nous soyons encore au temps où la langue française était menacée par les langues régionales. J’ai eu d’ailleurs plusieurs fois l’occasion de dire que, sur ce sujet aussi, je souhaite être pragmatique. Celles-ci, ces langues régionales, jouent désormais leur rôle dans un enracinement qui contribue à la force d’une région. C’est pourquoi je souhaite qu’à travers les différents réseaux d’éducation, nous puissions accompagner sa juste place. Qu’il s’agisse de l’école publique, de l’école privée sous contrat ou des écoles Diwan, chacun de ces réseaux doit être accompagné en trouvant les bonnes solutions, peut-être les réformes institutionnelles ou d’organisation qui permettront de pérenniser ces enseignements et nous serons là aussi présents au rendez-vous ».

« Finir enfermé dans vos toilettes à vous »

Oublié le stupéfiant entretien d’Emmanuel Macron lors de sa visite en Corse le 7 février 2018, avec l’élu Xavier Luciani à propos de la demande de co-officialité de la langue corse. Le président y exaltait le souvenir de sa grand-mère dont « le seul objectif dans la vie fut d’aller à l’école de la république pour apprendre le français », alors que ses parents bigourdans « ne parlaient que le pyrénéen ». Sans doute, le président ignore-t-il que la langue occitane existe. Plus loin dans cet entretien, Emmanuel Macron associe son désaccord avec Xavier Luciani sur la langue corse avec un enfermement, « on y finit enfermé dans vos toilettes à vous ».

Depuis, Emmanuel Macron s’est rattrapé. Le 26 mai sur Facebook, il publie le message suivant : « Les langues de France sont un trésor national. Toutes, qu’elles soient issues de nos régions en métropole ou de nos territoires d’outre-mer, ne cessent d’enrichir notre culture française. Depuis des décennies, un mouvement majeur de transmission par l’école immersive, au travers d’associations comme Diwan, Seaska, les Calendretas, Bressola, ABCM et d’autres, a fait vivre ces langues et a garanti leur avenir. Rien ne saurait entraver cette action décisive portée par nombre d’engagés, souvent bénévoles, qui ont tout à la fois l’amour de leur région, la passion de la France et le goût de l’universel. Le droit doit libérer, jamais étouffer. Ouvrir, jamais réduire. La même couleur, les mêmes accents, les mêmes mots : ce n’est pas cela, notre nation. Braudel l’écrit : la France se nomme diversité. En tant que Président de la République, je suis tout à la fois protecteur de la langue française et gardien de la richesse que constituent nos langues régionales. Voilà pourquoi j’ai demandé au gouvernement et au Parlement de trouver les moyens de garantir la transmission de cette diversité linguistique dans le respect des cadres pédagogiques largement reconnus depuis un demi-siècle ».

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