Christine Etchevers à Durango

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Anne-Marie Bordes
Anne-Marie Bordes
Beste artikulu batzu

DurangoChristine Etchevers, artiste installée à Cambo est l’auteur de l’affiche du 51ème salon du livre et du disque basques de Durango. Elle a créé une oeuvre abstraite qui lui ressemble, chaleureuse et en mouvement. Une première pour un artiste du Pays Basque Nord.

Une immense affiche multicolore, tirée d’une oeuvre originale acrylique et encre sur papier Canson blanc annonçait la couleur(1). Elle trônait sur la façade de Landakogunea, salle polyvalente mise à disposition du plus grand rendez-vous annuel de la culture basque depuis 2003. Ces retrouvailles annuelles sans frontières furent lancées en 1965 dans une Espagne largement ouverte au tourisme de masse et à certaines avancées de type économique, mais toujours soumise à la férule franquiste et à la censure généralisée.

Fallait-il que les créateurs de Durango croient en eux ! Ils eurent raison.

Leur “enfant” reflète comme nul autre le dernier demi-siècle vécu au Pays Basque. La 51ème édition de Durangoko Azoka (Salon du livre et du disque de Durango, 2-6 décembre 2016) est ainsi venue combler l’artiste Christine Etchevers invitée à en proposer l’affiche.

Au dire des organisateurs, la peintre qui jusque-là ne connaissait ni Durango ni sa foire a finalement réalisé la première affiche à ne pas avoir fait l’objet de la moindre contestation. Proposition tombée du ciel au printemps 2016, aussitôt acceptée bien sûr. Travail achevé en juillet après un vrai travail de réflexion et de maturation. Explosion de couleurs, de formes irrégulières où l’on distingue les contours d’un livre ouvert d’où s’échappe une figurine noire envolée à la découverte de l’ailleurs déstructuré mais chaleureux qui l’entoure. Dominante de beige, rouge, jaune ponctué de touches de bleu. Amoncellement désordonné, kaléidoscope chaotique, allégorie d’un monde lancé dans un mouvement perpétuel de déconstruction- reconstruction. Un thème qui précise-telle intéresse tout particulièrement le public chinois ayant vu ses oeuvres lors d’expositions à Paris. Ils disent “c’est notre histoire”.

Je suis très émue

Ne connaissant ni Durango ni la mythique sierra de Anboto qui la surplombe, Christine Etchevers (peintre “depuis toujours”, passée par les Beaux-Arts, installée depuis 20 ans sur les hauteurs qui surplombent Louhossoa et Cambo, face au Baigura et au Mondarrain) s’était donc empressée d’aller arpenter les rues de la ville pour s’en imprégner. Celle-ci lui avait paru émouvante et pleine de chaleur humaine. “Je suis plutôt dans l’abstrait et donc beaucoup dans l’émotion” expliquait-elle après le Salon, lorsqu’elle apprenait l’histoire du bombardement de Durango survenu le 31 mars 1937, quelques jours avant Gernika. “Je suis vraiment émue ! Je m’explique mieux mon ressenti initial, entre autres autour de l’église paroissiale et sous son immense porche”. Là même où, dès 1965, le succès inespéré du premier Salon fit la preuve de la soif de culture qui régnait à l’époque(2). Un arbre stylisé (celui de Gernika) en était l’emblème. En 2015, un demi-siècle plus tard le peintre José Luis Zumeta optait pour de l’abstrait dans l’esprit de son long parcours.

Un Gernika pour Bagdad

C’est avec lui et un petit groupe d’artistes basques du sud que Christine Etchevers avait il y a quelques années, participé à une oeuvre collective (conçues aux dimensions de l’original) pensée par chacun à partir d’un élément du Guernica de Picasso, destinée à la ville de Bagdad en proie à la guerre(3).

Elle s’inquiète : “Je ne sais pas ce que notre Gernika est devenu, je ne sais pas si mon Gernika est toujours à Bagdad. Ou peut-être anéanti sous les bombes ! L’art est en tout cas le reflet de ce que chacun porte en soi, de la vie qu’il mène et de son époque. Je vis dans une nature qui m’émerveille, dans mes tableaux j’essaie donc d’être positive tout en restant lucide sur le monde…

En cette année 2017 Gernika devenue universelle par la grâce d’un tableau, célèbre le 80ème anniversaire de son bombardement.

(1) Christine Etchevers Musée d’Art de Durango, jusqu’au 8 janvier 2017
(2) Durangoko Azoka. 1965-2015 edité en euskara et espagnol par Gerediaga Elkartea. Auteurs : Joseba Sarrionaindia, Jesus Mari Arruabarrena, Txelu Angoitia. www.gerediaga.eus / www.durangokoazoka.eus
(3) Autour de Gernika Musée des Bellas Artes à Bilbao, jusqu’au 9 janvier 2017. www.bilbao.com

 

One Comment

  1. ELICEIRY André
    Posted 30/01/2017 at 16:12 | Permalink

    Félicitations à Christine ETCHEVERS et merci Enbata.info . X

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