
Un an après sa refondation, Batera a relancé la mobilisation autour d’une Collectivité territoriale spécifique au Pays Basque. Ana Ezcurra et Romain Dussault reviennent sur les avancées du mouvement, les enjeux institutionnels et les prochaines étapes citoyennes.

Enbata : Un an après la refondation de Batera, quel bilan tirez-vous de cette année de mobilisation ?
Ana Ezcurra : Ce bilan est positif et encourageant. Cette année de refondation a été dense : nous avons réactivé et renouvelé notre base militante, organisé un forum pour imaginer concrètement la future collectivité territoriale, et mené un travail de sensibilisation auprès des candidats aux élections municipales et communautaires.
“Ce qui ressort avec force,
c’est que l’intérêt pour la revendication
d’une Collectivité territoriale spécifique
au Pays Basque (CTSPB)
est bien présent.”
L’Assemblée du 9 mai à Itsasu a été l’occasion de prendre la mesure de ce chemin parcouru. Ce qui ressort avec force, c’est que l’intérêt pour la revendication d’une Collectivité territoriale spécifique au Pays Basque (CTSPB) est bien présent. La société civile porte des attentes fortes, et nous constatons qu’une majorité sociale et politique existe pour progresser sur ce sujet. Le potentiel de la dynamique Batera se confirme pleinement.
Pourquoi la question de l’évolution institutionnelle du Pays Basque Nord est-elle aujourd’hui si centrale ?
Romain Dussault : Parce que le contexte est à la fois favorable et urgent. Au niveau hexagonal, le chantier de la décentralisation est relancé au Parlement. Une fenêtre politique s’ouvre pour des évolutions institutionnelles et il serait dommageable de la laisser passer.
“L’exemple alsacien est parlant :
grâce à un territoire qui parle d’une seule voix,
l’évolution du statut de la Collectivité européenne d’Alsace
a trouvé une voie parlementaire.”
L’exemple alsacien est parlant : grâce à un territoire qui parle d’une seule voix, l’évolution du statut de la Collectivité européenne d’Alsace a trouvé une voie parlementaire. Cela démontre que de telles avancées sont atteignables quand la volonté politique et la mobilisation citoyenne se conjuguent. Or, dans ce paysage, le Pays Basque Nord apparaît en retard. Nous avons les atouts, nous avons la légitimité historique et démocratique, il y a maintenant urgence à organiser un véritable débat territorial impliquant l’ensemble des acteurs du territoire, élus comme société civile.
En quoi l’Assemblée du 9 mai dernier a-t-elle été un moment décisif ?
Ana Ezcurra : Elle a été décisive à plusieurs titres. D’abord, elle a permis de dresser collectivement un bilan précis de l’année écoulée, en présence de militants, de sympathisants et d’élus. Ensuite, les débats qui s’y sont tenus ont confirmé que la revendication d’une Collectivité territoriale propre au Pays Basque Nord fédère. Le grand enjeu qui s’en dégage est clair : il faut désormais mener des réflexions communes et mobiliser ensemble les élus et la société civile du territoire. L’assemblée d’Itsasu a permis de se donner des objectifs pour l’année à venir, avec en ligne de mire les dix ans de la CAPB.
Quel rôle les citoyen.ne.s peuvent-ils concrètement jouer dans les mois à venir ?
Romain Dussault : La plateforme Batera est une plateforme citoyenne. Dans les prochains mois, plusieurs rendez-vous seront proposés pour continuer à sensibiliser et amplifier la visibilité de notre revendication. L’un des temps forts sera lié aux dix ans de la Communauté d’agglomération Pays Basque : cet anniversaire est une occasion idéale pour faire le point sur le chemin parcouru depuis 2017 et pour appeler à franchir une nouvelle étape. Chacun peut contribuer concrètement, que ce soit en rejoignant la plateforme comme bénévole, en apportant un soutien financier, ou simplement en parlant autour de soi de la nécessité d’une collectivité territoriale adaptée à nos réalités. La force de Batera, c’est précisément cette capacité à rassembler des citoyens de sensibilités diverses autour d’un projet commun et démocratique.

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