
EUSKAL KONFEDERAZIOA
Lors de la campagne des dernières élections municipales, Euskal Konfederazioa s’était adressée aux candidat.es en lice pour leur demander de prendre des engagements en faveur de la langue basque. Un questionnaire (le Baromètre de la langue basque) leur avait été adressé, qui listait 20 engagements concrets classés en cinq thématiques : les moyens alloués à la politique linguistique, la transmission de la langue basque, la pratique de la langue basque, la visibilité de la langue basque, et le prestige de la langue basque.
Parmi les quatre mesures proposées dans cette dernière, celle concernant le “vote d’une reconnaissance officielle de la langue basque en Conseil Municipal”. Il s’agissait-là, à l’instar de la délibération prise par la Communauté d’Agglomération du Pays Basque le 23 juin 2018, de demander au Conseil municipal, composé d’élu.es choisis démocratiquement par les administré.es, de prendre une délibération – donc de déclarer de manière officielle – que la langue basque est, aux côtés du français, langue de la commune.
Douze candidats qui avaient pris cet engagement ont été élus maire dans les communes de Bayonne, Biarritz, Itxassou, Saint-Etienne de Baigorry, Saint-Jean de Luz, Saint-Martin d’Arrossa, Saint- Palais, Saint-Pée sur Nivelle, Saint-Pierre d’Irube, Sare, Urrugne et Ustaritz.
Les élu.es de la commune de Sare ont été les premiers à joindre l’acte à la parole, la délibération “reconnaissant officiellement la langue basque, aux côtés de la langue française, comme la langue de la commune de Sare, langue parlée, constitutive de l’histoire de la commune et du Pays Basque” ayant été adoptée à l’unanimité lors du conseil municipal du 2 juillet dernier. Puis, les élu.es de Bayonne ont voté une délibération similaire le 23 juillet.
Mi-juillet, le Préfet des Pyrénées-Atlantiques signifiait au Maire de Sare qu’il rejetait cette délibération, arguant qu’elle mettait la langue basque au même niveau que la langue française.
Entre décisions et propos méprisants à l’encontre de l’euskara, M. le Préfet n’en n’est pas à son coup d’essai. Il avait notamment adressé en décembre 2025 un courrier à tous les maires du Pays Basque dans lequel il louait l’action de l’État en faveur de la langue basque. Si ce courrier, auquel avaient répondu une soixantaine d’élu.es, était d’une mauvaise foi manifeste, invalider la délibération de la commune de Sare relève tout simplement de l’absurde, cette délibération -cette déclaration officielle en conseil municipal- actant tout simplement une évidence historique : l’euskara est langue de la commune de Sare et du Pays Basque.
Il est grave qu’un Préfet, chargé du contrôle de légalité, ne différencie pas une parole officielle manifestant d’une volonté politique d’une disposition législative et réglementaire.
Si, obnubilé par sa volonté d’uniformisation linguistique et culturelle, les attaques de l’État français, notamment par le biais de ses Préfets, contre les langues dites “régionales” ne sont pas nouvelles, elles ont tendance à se multiplier ces dernières années, surtout au Pays Basque : comment expliquer, par exemple, que la délibération de la Communauté d’Agglomération du Pays Basque de 2018 n’a pas été annulée et que le Préfet rejette la délibération de la commune de Sare qui a été prise dans les mêmes termes dans un cadre juridique et légal inchangé ?
N’en déplaise à certains représentants politiques et institutionnels de l’État français, l’euskara est la langue propre et historique de l’ensemble du Pays Basque, et pas uniquement des territoires administratifs où elle est juridiquement officielle (dans la Communauté Autonome d’Euskadi et sur une partie de la Communauté Forale de Navarre).
Par le présent communiqué, Euskal Konfederazioa souhaite :
- Apporter tout son soutien aux élu.es de la mairie de Sare, ainsi qu’à celle.ux de la mairie de Bayonne, qui ont voté une délibération similaire lors du conseil municipal du 23 juillet ;
- Appeler les candidat.es qui avaient choisi cette mesure à concrétiser leur engagement ;
- Plus généralement, appeler les 158 conseils municipaux du Pays Basque nord à adopter des délibérations similaires ;
- Enfin, appeler tous les euskaltzale -bascophones ou pas-, acteurs linguistiques, culturels… à participer à la grande mobilisation du 21 novembre prochain à Baiona pour demander la co-officialisation de la langue basque et montrer ainsi leur attachement à l’euskara et leur envie de la voir perdurer et se développer.
