
Les élections municipales des 15 et 22 mars vont entraîner le renouvellement des conseils municipaux des 158 communes d’Iparralde, mais aussi des 232 conseiller.ère.s communautaires, ainsi que de la présidence de la CAPB. Au-delà du résultat dans chaque commune, c’est donc un scrutin crucial pour l’avenir du territoire, et pour lequel les abertzale de gauche doivent se mobiliser.
Les 15 et 22 mars 2026, les élections municipales permettront à l’ensemble des habitant.e.s du Pays Basque nord de renouveler leur conseil municipal pour les six prochaines années. Bénéficiant du plus fort taux de participation, ce scrutin constitue également la porte d’entrée de la Communauté d’Agglomération Pays Basque (CAPB). Un rendez-vous immanquable : ces élections octroient les principaux leviers de transformation de notre territoire. Abertzale de gauche, votons et faisons voter ces 15 et 22 mars !
Parité, les comptes ne sont pas bons !
La fin du panachage dans les communes de moins de 1 000 habitant.e.s rend la parité obligatoire pour la constitution des listes dans les 158 communes du Pays Basque nord. Rappelons que seules 28 femmes (sur 158 !) en sont aujourd’hui maires ; et que, hormis celles-ci, les responsabilités restent le plus souvent genrées. Cette année encore, malheureusement, les têtes de liste sont majoritairement des hommes et les femmes tête de liste sont principalement présentes dans les villages de l’intérieur.
Cette année encore, malheureusement, les têtes de liste sont majoritairement des hommes et les femmes tête de liste sont principalement présentes dans les villages de l’intérieur.
Au niveau de la CAPB, la situation n’est pas plus réjouissante. Comme il n’y a aucune contrainte légale, nous pouvons nous attendre à ce que le Conseil communautaire comme le Conseil exécutif continuent à être inégalitaires. Ce biais ne pourrait être corrigé que par une évolution institutionnelle permettant le suffrage direct et donc l’intégration d’une obligation de parité comme celle en vigueur lors des élections départementales. D’ici là, les dynamiques municipales devraient s’emparer du sujet et constituer des délégations paritaires entre la figure du/de la maire et de l’élu.e communautaire, sans attendre qu’une loi ne vienne mettre à mal l’hégémonie masculine.
Les abertzale de gauche ont le vent dans le dos
Il apparaît crucial pour un parti enraciné sur le territoire comme EHBai de se donner l’ambition de jouer un rôle moteur dans un maximum de communes.

Le bassin de vie Hego Lapurdi – Errobi a été le témoin d’une poussée électorale favorable aux abertzale de gauche. On peut citer à titre d’exemples les victoires probantes de 2020 à Ziburu, Urruña ou encore Itsasu, sans oublier le succès aux départementales de 2021 dans le canton d’Hendaye-Côte Basque Sud, ou l’obtention d’un premier député EHBai en 2024.
Le pôle Côte Basque Adour revêt aussi un enjeu majeur. En effet, c’est là que réside environ 40% de la population. Il s’agit aussi de la principale porte d’entrée vers notre territoire. Il semblait donc important à EHBai que toutes les personnes porteuses d’un projet de société alternatif et militant dans des organisations euskaldun, féministes et écologistes se rassemblent pour former des listes. Ce sera le cas à Baiona, Angelu, Biarritze comme à Bokale.
Dans les communes principales des autres pôles, que ce soit à Hiriburu, Donapaleu, Hazparne, Maule, Donibane Garazi ou encore Baigorri, des listes de rassemblement se sont constituées avec des abertzale en première ligne. En ce qui concerne la majorité des villages de l’intérieur, il est toujours délicat de poser une analyse fine puisque les élections y sont traditionnellement peu politisées. La majeure partie des électeur.rices de l’intérieur ne trouveront qu’une liste en lice dans leur village, composée souvent de sensibilités diverses.
On observe au sein des autres forces politiques présentes sur le territoire, le même travail d’aller chercher des postes pour ancrer leur action et leur influence au sein des institutions locales.
L’extrême droite est confuse, la droite dure
Après avoir étudié différentes hypothèses, le Rassemblement National n’a finalement investi aucune liste. Comme en 2020, seule Baiona comptera une liste labellisée extrême droite. Pour autant, le scrutin de liste et l’occultation des nuances politiques rendent compliqué le travail de démasquage des militant.e.s d’extrême droite.

Les Républicains sont mieux structurés sur l’ensemble du territoire. Le parti a affirmé que son logo ne figurerait pas sur les plaquettes de campagne, cependant quelques têtes de liste ne se cachent pas de porter l’étendard LR. La déclaration lunaire de Max Brisson contre EHBai à un mois du scrutin laisse présager une offensive électorale de ce courant, qui ne cesse de dériver ici comme en France vers une idéologie de plus en plus réactionnaire.
L’objectif d’EAJ-PNB semble clair : tisser des alliances asymétriques qui lui permettent d’obtenir des postes au sein des exécutifs locaux. Cette étonnante souplesse permet au PNB d’intégrer la majorité sortante de droite dure à Biarritze, mais aussi de figurer dans la liste arc-en-ciel de la majorité sortante d’Hendaia, aux côtés de militant.e.s communistes. Bon gré mal gré, des candidat.e.s jeltzale viennent grossir les rangs de différentes listes sur tout le territoire.
La gauche (encore) à l’épreuve du jacobinisme
Le Parti Socialiste semble plus en délicatesse du fait de ses divisions internes. Elles persistent à Paris sur son positionnement au sein de la gauche française ; elles se matérialisent ici avec son ambivalence sur les thématiques propres au Pays Basque. A cet égard, Baiona pourrait être un cas d’école avec une scission au sein de la section locale qui a vu une partie des socialistes rejoindre aisément la dynamique d’union de la gauche, dans le respect des marqueurs abertzale. L’autre composante a décidé de tourner le dos à cette dynamique fédératrice en suivant la plus illustre de ses figures jacobines, Henri Etcheto. Un chemin commun avec les abertzale s’est donc avéré possible dans certaines communes. Pour ce qui est du Parti Communiste, sa présence réside dans les endroits où existent des sections locales (à Bokale, Baiona, Hendaia, Maule). Il semble qu’à de rares exceptions, l’identité jacobine du parti ne se soit pas atténuée avec le temps. On pourra donc les retrouver en face des abertzale dans chacune de ces localités.

Quant à eux, les militant.e.s Les Écologistes se concentrent principalement sur la côte et figurent majoritairement dans les autres dynamiques d’union de la gauche présentes dans les plus grosses communes.
La couleur du prochain mandat
Au lendemain du second tour, tous les regards se dirigeront vers la CAPB. Lors de leur installation, les 232 conseiller.ère.s communautaires auront comme première mission de désigner l’élu.e qui présidera l’institution pour les six prochaines années : c’est le fameux troisième tour.
Aujourd’hui, seuls trois courants semblent en capacité de présenter une candidature.
La première pourrait venir du Lehendakari sortant, Jean-René Etchegaray, sous réserve qu’il soit réélu dans sa commune. Figure respectée pour ses divers engagements en faveur du Pays Basque, il dispose d’un réseau qui dépasse la seule nébuleuse du centre-droit. Sa pratique verticale du pouvoir ou son appartenance au parti macroniste lui ont souvent été reprochées.
Peio Etxeleku, figure de proue d’EAJ-PNB semble également avoir des velléités pour le poste de Lehendakari. Durant la mandature qui s’achève, il a créé un groupe politique à la CAPB composé d’élu.e.s de centre-droit et d’agglo-sceptiques. Après avoir été démis de sa fonction de référent du pôle Errobi, sa posture politique, acerbe sur le fonctionnement actuel et dubitatif sur une évolution institutionnelle, le positionne comme un potentiel prétendant.
Au lendemain du second tour, tous les regards se dirigeront vers la CAPB. Lors de leur installation, les 232 conseiller.ère.s communautaires auront comme première mission de désigner l’élu.e qui présidera l’institution pour les six prochaines années.
Enfin, les abertzale de gauche devront également se positionner sur la meilleure manière de faire avancer l’agenda du Pays Basque nord lors du prochain mandat. Il semble clair que, dans la lignée des déclarations d’EHBai, l’impulsion d’une nouvelle phase en faveur d’une évolution institutionnelle de l’actuelle communauté d’agglomération devra se faire avec le consensus le plus large possible pour être efficiente. Le choix qui sera effectué résidera dans l’examen froid de cet enjeu. Il ne faut pas exclure également des scénarii, une contre-offensive de la droite départementaliste pour bloquer ce même processus.
Tous ces paramètres conditionneront le choix du Lehendakari, qui aura à sa charge la composition du Conseil exécutif. Un exercice de poupées russes qui ne prendra fin que lorsqu’un suffrage direct sera mis en place. A ce moment-là, les électeur.rice.s du Pays Basque nord pourront voter pour des candidat.e.s ayant une vision à l’échelle de nos trois provinces et gagneront en lisibilité sur les décisions qui engagent l’avenir de notre territoire. Vivement !
