Vous avez dit lobbying?

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Maryse Cachenaut
Maryse Cachenaut
Itsasun laborari, Xapata, Itsasuko gerezi ekoizleen elkarteko, lehendakari, Lurramako lehendakari, EHLGko eta ELB sindikatuko kide.
Beste artikulu batzu

LUR1Ils sont des milliers à hanter les couloirs des institutions européennes à Bruxelles ou à Strasbourg, pour tenter d’influer sur les décideurs dans le sens des intérêts des grands groupes qui les emploient. On les appelle lobbyistes. Emprunt à l’Anglo-saxon très négativement connoté. Pourtant, faire du lobbying auprès des élus n’est-il pas indispensable pour faire avancer les bonnes causes?

C’est tout le travail de Lurzaindia que de faire du lobbying quand elle tente de sensibiliser, convaincre pouvoirs publics et élus de l’intérêt de préserver la terre agricole nourricière.

C’est parfois, en faisant un peu de zapping télé ou radio qu’on se met à la page de l’actu mais aussi que l’on intègre les mots nouveaux, le vocabulaire du moment que l’on ne s’est pas encore approprié. C’est ainsi que j’ai entendu quelques minutes Fréderic Taddei sur Europe 1 aborder le sujet du lobbying, et interroger ses invités quant à savoir si le lobbying est anti-démocratique.

Vaste question!

Le mot n’est certes pas nouveau mais il est vrai qu’il est maintenant véritablement entré dans le vocabulaire courant. Logique puisque les mots anglais ont de plus en plus de place, et que en même temps les lobbies ont de plus en plus d’importance.

Les élus, les décideurs institutionnels ne pouvant pas toujours maîtriser tous les sujets, ni toutes les réalités, les lobbies sont là pour les éclairer et exercer une pression dans le sens des intérêts du groupe qu’ils représentent.

Que l’on soit une entreprise comme Monsanto ou une ONG environnementaliste, ou encore une petite structure militante du Pays Basque, ne tentons-nous pas tous, à notre façon, de faire du lobbying auprès des institutions publiques décideuses ?

Dommage que ce même mot serve des intérêts tout à fait différents, voire opposés.

Comme Taddei, on peut s’interroger : certains lobbies défendent des causes qui semblent relever de l’intérêt général, alors que d’autres comme Monsanto, de l’intérêt particulier, privé. On pourrait même dire que, lorsqu’ils exercent des pressions pour promouvoir leur glyphosate, ils vont à l’encontre de l’intérêt général.

Et pourtant les uns comme les autres font du lobbying et utilisent peut-être même parfois les services des mêmes entreprises spécialistes du conseil en lobbying.

Bref, drôle de mot quand même que ce mot lobbying!

Sensibiliser, convaincre

Ceci dit il n’est pas le premier mot anglais à entrer dans le vocabulaire usuel de notre quotidien; d’autres pénètrent peu à peu dans nos ordinateurs, nos télévisions, nos conversations, dans les réunions, les discours… C’est ainsi que l’on entend parler des wings de poulets de chez MacDo (attention, poulets fermiers made in France !), de l’agriculture 3.0, des slides, d’open data… Heureusement que nous sommes sauvés par notre Iphone à portée de main pour aller chercher l’info qu’il faut sur google traduction, tout en dégustant un etxeko burger… Pas si grave après tout. Nous pourrions disserter ainsi un moment sur l’appauvrissent ou l’enrichissement des langues, mais en attendant, comme le mot lobbying ne provoque pas forcément un élan de sympathie, car trop associé sans doute à des lobbies qui détruisent la nature, ou l’humanité, on pourrait lui préférer des verbes qui nous correspondent davantage comme sensibiliser, convaincre, défendre, influer… et le tout de façon publique et transparente.

C’est tout le travail de Lurzaindia quand elle tente de sensibiliser, convaincre pouvoirs publics et élus de l’intérêt de préserver la terre agricole nourricière.

Nous ne sommes malheureusement pas encore des lobbyistes confirmés et puissants, puisque nous ne parvenons pas, ou si peu, à influer sur les décisions de nos élus qui ne cessent de faire disparaître la terre agricole dans leurs planifications des sols.

Mais nous allons continuer quand même à essayer de nous battre, de convaincre, de dénoncer et lutter contre l’artificialisation à outrance, comme à l’occasion de la fête de la Terre à Itxassou le 22 avril dernier. Car la préservation de la terre nourricière est un enjeu majeur de notre territoire et relève bien de l’intérêt général.