Eurorégion Aquitaine-Euskadi

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L’Eurorégion Aquitaine-Euskadi est née officiellement lundi 12 décembre 2011 à Gazteiz. Le président de la Communauté autonome basque Francisco Lopez et son homologue Aquitain, Alain Rousset, ont signé la convention et les statuts du Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT) “Eurorégion Aquitaine-Euskadi”.
Après quasiment une décennie de contacts et de pourparlers entre les deux collectivités, la signature de lundi donne une existence officielle à l’Eurorégion. Elle trace les orientations et les «compétences» qui seront les siennes à l’avenir.
L’objectif spécifique du GECT est de conduire les actions de coopération qui contribuent au développement économique, social et culturel de l’Eurorégion. Il a également pour ob-jectif de représenter l’Eurorégion, tant dans les instances locales, régionales et nationales qu’européennes et internationales.
À travers ce GECT, les deux Régions souhaitent améliorer et renforcer leurs actions en matière de transport des personnes et des marchandises, dans le domaine de la re-cherche et de l’innovation, notamment par la mise en réseau des clusters et des pôles de compétitivité, dans le domaine de l’éducation et de la formation, de la culture, de la politique linguistique, de la production alimentaire, de la santé ou encore du développement du-rable.
«Ce rêve a pris corps, après deux ans de travaux», s’est félicité Alain Rousset. «Aujourd’hui, c’est une signature symbolique de notre proximité, de nos échanges, de notre attractivité réciproque». Francisco López, de son côté, a situé cette naissance dans le contexte politique actuel: «Cette signature arrive à un moment important pour tous. Après l’ombre de la terreur qui a créé des ravages aussi bien en Aquitaine qu’en Euskadi, une nouvelle ère s’ouvre qui va nous permettre de développer pleinement, sans bâillon ni menace, ce à quoi nous aspirons».
Effectivement, on ne peut que se féliciter de toute initiative qui tend à gommer un peu plus la frontière existante. A un moment où l’idée d’une Europe des peuples véritablement fédérale que nous autres abertzale appelons de nos vœux s’éloigne chaque jour davantage, plombée par la succession des crises financières et des difficultés économiques, toute avancée en matière de coopération institutionnelle, si minime soit-elle, ne peut que nous réjouir.

Tour de verrou supplémentaire
Mais pour nous autres Basques, la création de l’Euro-région dans la configuration voulue par les deux responsables socialistes, ne ré-pond nullement à nos aspirations. Pour nous l’Euro-région ne peut qu’épouser les contours des territoires historiques basques. Le GECT créé lundi exclut la Navarre et englobe l’ensemble de cette entité nommée Aquitaine que les lois de décentralisation de 1984 ont érigée en région mais qui n’a jamais eu d’existence historique. Ni du reste de cohérence économique ou culturelle. Le Pays Basque Nord n’a jamais été interrogé sur son désir de faire partie de la région Aquitaine, pas plus qu’il n’avait été consulté avant d’être accouplé au Béarn en 1790 pour générer le monstre bicéphale des Basses-Pyrénées.
La création de la nouvelle institution officialise en quelque sorte la non-existence territoriale du Pays Basque Nord. Elle est un tour de verrou supplémentaire à la porte ouvrant sur la reconnaissance institutionnelle d’Iparralde. Elle inscrit l’avenir de notre pays à l’intérieur d’instances qui lui sont extérieures et sur lesquelles elle n’a aucune prise.
En vérité, le poids qu’un Pays Basque Nord sans existence institutionnelle aura dans le fonctionnement de la nouvelle institution ne laisse pas de place au doute. Tout ce qui dans le programme du GECT touche à la langue, la culture, l’université et la recherche, l’agriculture, les transports, sera géré sans qu’Iparralde ait son mot à dire, institutionnellement, autrement dit démocratiquement. En un mot, l’absence de cadre institutionnel pour Iparralde l’empêchera une fois encore de défendre ses options pour le développement économique, social et culturel de son propre territoire.

Dorade à la plancha
On ne nous fera pas croire que cette arrière-pensée était absente de l’esprit des deux signataires de la convention. En excluant la Navarre et en niant l’existence d’Iparralde, les deux présidents socialistes ont voulu en quel-que sorte inscrire encore un peu plus dans le marbre leur refus de toute évolution institutionnelle future: l’octroi d’une collectivité territoriale spécifique d’un côté, le rattachement de la Navarre à la CAV de l’autre. Dès lors, la décision de fixer le siège du GECT à Hendaye ne trompera personne.
Du reste Rousset aura rapidement levé les doutes. Pour lui, l’objectif principal, pour ne pas dire unique, de la coopération transfrontalière est la construction de la ligne à grande vitesse Dax-Gazteiz/Bilbao. Il l’a déclaré à l’issue de la signature: ce qui l’intéresse, c’est de mettre la capitale biscayenne à 1h15 de Bordeaux. Peu lui importe que la TGV s’arrête à Bayonne ou pas. A l’évidence, aux yeux du président du Conseil régional, le développement économique d’Iparralde est loin d’être un objectif prioritaire de l’Euro-région. Si développement il doit y avoir, il doit se faire au bénéfice des deux métropoles majeures: Bordeaux et Bilbao. Même si, comme il l’a déclaré dans sa prise de parole, la LGV sera accessoirement bien utile pour aller «manger une dorade à la plancha dans ce petit port de Getaria que j’aime bien».

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