ELA Déclaration pour l’Aberri Eguna 2011

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Malheureusement, l’Etat espagnol ne tient pas à faciliter cette transition. On poursuit dans la voie d’une politique pénitentiaire inhumaine (dispersion, doctrine Parot, sort des prisonniers malades…); on demande l’incarcération de personnes qui —ayant accompli leur peine— sont récemment sorties de prison; les plaintes pour mauvais traitements et tortures se succèdent, certains témoignages récents en sont horrifiants; la persécution d’une catégorie particulièrement large de la population considérable perdure sous le prétexte de la lutte antiterroriste; on rend l’injuste sentence du Tribunal suprême empêchant la légalisation de Sortu et aujourd’hui on menace d’actions du gouvernement espagnol les possibles alliances électorales et autres listes; on utilise le mandat d’arrêt européen pour illégaliser de fait la militance de Batasuna en Iparralde… Toutes ces me-sures entretiennent une chasse aux sorcières dictée par les envies de vengeance et certains intérêts politiciens.
Ces pratiques engendrent une souffrance inutile et injuste. Et font que des milliers de femmes et d’hommes basques qui ne sont pas formellement privés du droit au suffrage passif, le sont de fait. Pour avoir appartenu autrefois à des listes illégalisées, ils ne peuvent ni se présenter ni être élus dans le cadre d’un processus électoral. Il s’agit là d’une injustice sans commune mesure avec ce qui existe dans tous les pays démocratiques.

Valoriser les luttes sociales
Dans un contexte social et politique aussi dur, ELA veut mettre en valeur ce qui est son apport le plus spécifique à la construction nationale et qu’elle considère comme indispensable pour parvenir à une nation souveraine et libre ainsi qu’à une société plus juste. Notre syndicat veut valoriser de manière générale le travail de ces personnes et de ces groupes qui se refusent, comme nous —par des mots, des gestes et des actions— à considérer les pouvoirs avec complaisance. Il s’agit en définitive de faire honneur à la militance qui œuvre à une société plus juste.
Depuis le début de la crise, la majorité syndicale basque a convoqué trois grèves générales et une multitude de mobilisations. Dans le même temps, nos militants ont fait montre d’une immense dignité dans les conflits qui concernent les fermetures d’entreprises, les plans sociaux, les négociations des conventions collectives. ELA continue la lutte dans un contexte de chantages et de menaces, contre toutes les forces politiques qui gouvernent ou qui auraient la possibilité de le faire, et bien entendu contre le patronat et les pouvoirs économiques et financiers. Nous le faisons au moment où le débat social lui-même est proscrit. Il n’est pas inutile de rappeler le rôle de censure que les médias du pays et particulièrement les médias publics comme EiTB jouent actuellement dans les luttes sociales en général et contre le syndicalisme d’ELA en particulier.
Mais ELA n’est pas seule à occuper l’espace du contre-pouvoir social et politique. La collaboration au sein de la majorité syndicale basque constitue un élément porteur d’espoir dont le potentiel syndical, social et politique est évident. Le rapprochement pratique, non exempt de difficultés, qu’ELA et LAB mènent depuis trois ans est vecteur d’espérance pour les travailleurs.
Face au sentiment d’impuissance généralisée que les pouvoirs en place prétendent transmettre, beaucoup d’autres luttes prennent corps dans notre pays. Des luttes comme celles qui se déroulent des deux côtés de la Bidassoa contre la LGV ou la contre-réforme des retraites, ou encore pour la promotion de l’euskara; la bataille gagnée par Laborantza Ganbara, qui défend une agriculture paysanne, contre l’Etat français; les innombrables associations qui travaillent en He-goalde sur la mémoire historique (sur les crimes franquistes), pour la défense des droits de l’homme, des droits civils et politiques; le travail accompli pour garantir un logement digne pour tous ou les initiatives et les groupes engagés dans la lutte contre la pauvreté; la dynamique des consultations municipales impulsée par Batera en Iparralde, le travail dans le domaine du symbolisme national…
Beaucoup de ces luttes, à l’instar du combat syndical, comportent des éléments d’un grand intérêt pour la construction nationale: elles situent Euskal Herria comme cadre naturel d’intervention; elles ont pour objectif les droits humains, sociaux, syndicaux, politiques ou environnementaux; elles permettent d’intégrer naturellement dans leur militance la diversité des identités culturelles, nationales, linguistiques… présentes dans la société basque; elles cherchent à promouvoir une large participation sociale dans les af-faires publiques; dans nombre d’entre elles, l’euskara jouit d’un statut favorable et croissant; elles sont nombreuses à soutenir un sujet national qui doit pouvoir décider sur les questions qui le concernent, y compris ses relations avec les Etats…
Ces luttes, en définitive, sont un contrepoint à d’autres dynamiques politiques très affectées par les querelles partisanes. ELA pense que la distance qui existe entre la politique des partis et —plus encore— des institutions d’un côté, et les besoins et les aspirations de la société de l’autre, doit faire l’objet d’une réflexion dans le contexte de l’Aberri Eguna.

Renouveler notre engagement
ELA a vu le jour il y a cent ans pour organiser au sein d’un syndicat basque la masse des travailleurs et des travailleuses de plus en plus nombreux à se reconnaître dans le mouvement abertzale. Des générations de travailleurs et de travailleuses ont trouvé jusqu’à ce jour dans ce syndicat un cadre adapté où militer pour une nation plus juste et souveraine. C’est la raison pour laquelle, cent ans après, ELA se félicite surtout d’avoir réussi à réunir dans un syndicalisme revendicatif des milliers et milliers de travailleurs et de travailleuses de toute condition nationale, culturelle, linguistique, religieuse, de genre, d’âge ou d’orientation sexuelle différents. Le fait d’avoir réussi à construire un syndicalisme militant et indépendant —politiquement et financièrement— est sans aucun doute l’une des raisons fondamentales expliquant ce succès.
Pour toutes ces raisons, ELA s’engage à poursuivre son travail dans tous les domaines sociaux, syndicaux et politiques qui peuvent contribuer à l’avènement d’un Pays Basque uni, libre et juste, et invite tous ses adhérents et adhérentes à renouveler leur enthousiasme et leur engagement militant abertzale et de classe.
Comité National d’ELA
18 avril 2011

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