Crédits européens pour les langues menacées

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Deux amendements au budget 2011 de l’Union européenne ont été votés par la Commission du Budget du Parlement européen au profit des «langues menacées d’Europe».
François Alfonsi, député européen de la Corse, qui siège au groupe Verts/ALE, membre de la commission Budget, a souligné l’importance de cette nouvelle étape dans la reconnaissance de ces langues en grand danger de disparition.
En votant deux amendements en faveur des «langues menacées» pour rendre éligibles aux crédits européens les langues qui n’ont pas de statut officiel au sein des États membres, la commission du Budget a répondu favorablement à la mobilisation engagée par l’Intergroupe des «Minorités traditionnelles et des communautés nationales». Ce premier pas devra être confirmé lors du vote du budget en novembre prochain. Les députés de l’Intergroupe ont pour objectif de relancer une véritable politique européenne en faveur de ces langues, afin que la stratégie 2014-2020 de l’Union européenne fasse de leur sauvegarde une priorité.
Ces amendements ont pour origine l’Intergroupe des «minorités traditionnelles et des communautés nationales» qui regroupe des députés issus de minorités nationales d’Europe, siégeant dans les différents groupes politiques du Parlement.
Cet Intergroupe avait approuvé à l’unanimité lors de sa réunion du 8 juillet 2010 à Strasbourg un projet de résolution proposée par François Alfonsi, demandant «la sauvegarde de la diversité culturelle en Europe, et des langues européennes en danger, menacées de disparition».
Le premier des amendements voté a été porté par Carl Haglund, député suédophone de Finlande, vice-président de l’Intergroupe et député du groupe libéral; le second par le groupe Verts-ALE et porté notamment par François Alfonsi.
Le premier amendement voté par 30 voix contre 8 élargit le champ d’application du programme Culture de l’Union européenne, d’un montant de 57 millions d’euros, au «soutien en faveur des langues européennes menacées, notamment grâce à la fourniture de documents éducatifs, à la formation des enseignants, à l’enseignement par immersion linguistique et à l’échange des meilleures pratiques en matière de renaissance linguistique».
Le second amendement, voté par 20 voix contre 18, précise que ce fonds vise également «les langues de l’Union européenne qui font partie du patrimoine culturel et littéraire de l’Europe mais ne sont pas des langues officielles de l’Union».
Ces deux votes représentent un premier succès pour les efforts menés, un an après l’élection du nouveau Parlement européen, afin de remobiliser, financièrement et politiquement, l’Union européenne dans son soutien aux communautés dont les langues historiques sont menacées de disparition.