Quel avenir agricole?

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Maryse Cachenaut
Maryse Cachenaut
Itsasun laborari, Xapata, Itsasuko gerezi ekoizleen elkarteko, lehendakari, Lurramako lehendakari, EHLGko eta ELB sindikatuko kide.
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Itsasu-GereziakDe notre coin de territoire, on peut souhaiter un renforcement de la loi sur la protection du foncier agricole, plus de moyens pour aider les paysans à travailler dans le respect de la nature et des consommateurs, une mise au rebut du projet de prospection de mines d’or, aussi. Quelles seront les options d’Emmanuel Macron pour l’avenir de l’agriculture française ? Telle est la question qui se pose, tant le nouveau président de la République est resté discret sur ses choix en matière agricole.

C’est avec trois semaines d’avance que nous avons récolté les cerises d’Itxassou cette année. Si la météo nous a plutôt été favorable et la récolte a été globalement tout à fait correcte, on doit déplorer l’attaque de nos fruits par la mouche de la cerise au mois de mai cette année, fait assez exceptionnel si tôt en saison, sur des variétés précoces habituellement préservées. Or, les producteurs de cerisiers d’Itxassou ne font pas de traitement chimique contre les insectes. C’est un engagement pris au sein de l’association des producteurs qui privilégie, si besoin de soins, des traitements autorisés en agriculture biologique. Ainsi donc, nous devrons dans les années qui viennent nous pencher sur cette problématique de la mouche de la cerise et sa copine asiatique (drosophila suzukii) qui a déjà décimé beaucoup de vergers en France.

Deux modèles antagonistes

L’enjeu : chercher des solutions alternatives pour éviter le recours au traitement chimique. Au-delà d’Itxassou, la question du traitement des fruits en France est un véritable enjeu de société.

L’ère Macron nous apportera-t-elle son lot de solutions ? Rien n’est acquis à ce jour, et peu de promesses ont été faites à vrai dire. Macron ne veut pas choisir entre deux modèles agricoles, et s’est finalement assez peu exprimé sur ces questions, comme, d’ailleurs, la plupart des candidats aux présidentielles.

Il a déclaré cependant vouloir financer la recherche d’alternatives aux pesticides et vouloir séparer le conseil et la vente de ces derniers. Il a évoqué plus globalement un Grenelle de l’alimentation.

Des déclarations à l’action il y a parfois un grand pas qui n’est jamais franchi. On verra bien sur ces sujets bien concrets qui intéressent la santé de tous, comment les choses évolueront.

Les premières journées caniculaires sont arrivées dès la mi-juin cette année, au lendemain d’un second tour des législatives qui a peu mobilisé les électeurs qui auront préféré rester à l’ombre.

Désintérêt ou protestation, chacun y va de son analyse.

Ouvriers et paysans absents

De la soirée électorale qui a suivi et des analyses des journalistes politiques celle de Natacha Polony a retenu mon attention. Si tout le monde notait le rajeunissement du parlement, l’augmentation conséquente du nombre de femmes, notamment dans le camp Macron, l’augmentation des personnes issues du secteur privé, la journaliste, elle, soulignait que ce parlement compterait peu de députés issus du monde ouvrier ou agricole.

Selon le magazine agricole France agricole “Au lendemain du second tour, malgré une déferlante de nouvelles têtes (424 nouveaux députés sur 577 sièges), seuls 17 candidats agricoles accèdent au Palais Bourbon. Soit deux de plus qu’il y a cinq ans. 7 agriculteurs En Marche, et 8 agriculteurs élus du côté des Républicains”.

Comme je ne sais pas lire dans la boule de cristal, je ne sais pas ce que le gouvernement et le parlement produiront les prochains mois.

Tous promettent de vouloir travailler, d’être constructifs (évidemment tout dépend de ce que l’on veut construire). On verra bien !

De notre coin de territoire, on peut souhaiter par exemple un renforcement de la loi sur la protection du foncier agricole, plus de moyens pour aider les paysans à travailler dans le respect de la nature et des consommateurs, une mise au rebut du projet de prospection de mines d’or, aussi.

Est-ce beaucoup demander? Je dirais que c’est le minimum nécessaire pour continuer à avoir un avenir agricole et alimentaire acceptable.