“L’esprit Lantegiak se rapproche de Herrikoa”

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Caroline Phillips

Caroline Phillips

Lors de la dernière Assemblée Générale de Lantegiak à Saint Palais le 6 juin Caroline Phillips a été élue présidente aux côtés de Jean-Louis Salaberry, trésorier et Pantxoa Bimboire, secrétaire. Voici son interview publiée dans le mensuel Enbata.

Qu’est-ce que Lantegiak ?
Lantegiak est à la fois une association et un collectif fondés en 2000. Il a été reconnu par arrêté préfectoral en 2001 comme organisation professionnelle, ce qui lui a permis de désigner des délégués consulaires aux chambres consulaires comme membres associés. Trois membres de Lantegiak sont au bureau de la CCI.

Quels sont les projets de Lantegiak ?
Depuis deux ans, le projet phare de Lantegiak est la proposition d’un engagement vers un accord RSE (*) territorial. A ce jour plus de 50 entreprises ont signé l’accord RSE proposé par Lantegiak qui comprend un auto-diagnostic et une charte de progrès. Aussi, nous venons de redéfinir notre plan d’action 2019–2022.

Est-ce qu’on peut connaître le détail de votre plan d’action ?
Oui (sourire). Nous souhaitons, au-delà du projet RSE, que nos entreprises affichent une meilleure santé financière tout en améliorant leur qualité de vie et pour le chef d’entreprise et pour ses salariés. Il y a un “esprit” Lantegiak qui se rapproche de celui de Herrikoa (Caroline Phillips est administratrice du Conseil de Surveillance de Herrikoa) et c’est cet esprit, cet ancrage dans le territoire Pays Basque, ce lien culturel que nous avons tous, qui est notre fondement.

C’est très philosophique tout ça …
Peut-être, mais j’ai fait le tour du patelin et maintenant je puis vous dire que je vois ce qui marche et ce qui ne marche pas dans ces “réseaux”, du moins pour les entreprises qui font partie du collectif Lantegiak. Dans certaines organisations (dont je ne souhaite pas faire état ici) j’ai ressenti … une volonté d’ignorer ce qui nous rend spécifique – notre identité – et de ne tenir compte que du côté folklorique du Pays Basque. Une sortie en cidrerie habillée en “fêtes de Bayonne” je dois dire, me donne mal au ventre. Ce qui nous lie est notre identité et notre engagement envers le territoire : quasiment tous les membres de Lantegiak soutiennent une “cause” au Pays Basque : certains sont musiciens, certains chantent, d’autres sont sportifs, mécènes … nos membres ressentent le besoin de participer à la vie, au développement harmonieux, à l’amélioration du Pays Basque.

Vous ne voulez pas nous dire quel est votre plan d’action, c’est ça ?
Mais oui, pour résumer : nous souhaitons organiser plusieurs évènements par an, favoriser la collaboration entre adhérents, faire vivre notre RSE et réfléchir à des outils (peut-être du mentorat) pour mieux suivre et accompagner nos entreprises qui se développent. J’ai été moi-même “mentorée” au sein de l’incubateur de l’ESTIA lorsque j’ai créé mon entreprise (PIC DIGITAL en 1996 – 23 ans déjà !!). J’ai aussi reçu un mentorat du réseau Entreprendre (j’étais lauréate en 1998).

Parfois on a l’impression que vous êtes “partout”…
En fait c’est une impression, parce que mes engagements dans l’associatif ont été successifs… J’ai commencé par être membre de diverses associations professionnelles : femmes chefs d’entreprises, (trésorière, vice-présidente, présidente), Oihana Ikastola (présidente), un passage au Medef (vice-présidente), le Conseil de développement (membre 15 ans, vice-présidente, secrétaire, présidente) et puis adhérente du réseau entreprendre pendant cinq ans, du cluster Pays Basque Digital, administratrice de l’ADEISO (devenu le pôle numérique aquitain) pendant sept ans et de Herrikoa depuis cinq ans.

Vous avez démissionné de la présidence et du bureau du Conseil de développement en mars dernier, mais vous n’avez pas voulu donner de détails…
Je vais résumer pour dire qu’à cause d’une mésentente au sein du bureau sur la gestion du personnel nous avons été quatre femmes à démissionner de nos mandats et du bureau : Françoise Pautrizel (trésorière et vice-présidente), Isabelle Charritton (trésorière adjointe), Marie-Claire Sallaberry (Herrikoa) et moimême. Je viens d’apprendre que Xabi Harispe (vice-président) a démissionné mi-septembre.

Vous avez passé 15 ans au Conseil de Développement, vous avez acquis une sacrée expérience …
Oui, c’était un mandat très prenant, passionnant, intéressant. C’était aussi une lourde responsabilité en tant que présidente d’une grosse association. On est un petit lehendakari du Pays Basque, j’ai travaillé au quotidien avec nos élus et avec nos représentants de l’Etat. J’ai beaucoup lu, beaucoup étudié pour pouvoir participer et animer les réunions et plus largement la société civile. Je pense que chaque président avait une vision différente de sa fonction au Conseil de développement. Ma vision était (et est toujours) que la société civile doit rester forte, indépendante et force de propositions aux côtés des élus.

Mais vous chantez toujours ?
Oui, un peu moins en ce moment car entre l’entreprise et Lantegiak c’est un peu sportif… mais avec Mixel on prépare deux nouveaux spectacles avec le poète Andoni Salamero autour de Joxean Artze et puis un nouveau spectacle que l’on présentera le 15 novembre à Donostia.

Pourquoi avez-vous souhaité prendre la présidence de Lantegiak ?
C’est un plaisir d’être avec des chefs d’entreprises qui partagent les mêmes valeurs et sont réellement représentatifs du tissu économique. Issus de divers secteurs ils s’engagent au quotidien pour faire vivre leurs entreprises et faire rayonner le Pays Basque. Être présidente de l’organisation Lantegiak est un beau challenge à relever.
(*) Responsabilité Sociétale des entreprises