L’édit d’union de 1620

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Jean-Louis Davant
Jean-Louis Davant
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Armoiries des rois de France et de Navarre de 1589 à 1789.

En 1620, voici exactement quatre siècles, Louis XIII unit de force le royaume de Navarre à la France. Examinons rapidement le pourquoi et le comment de ce mariage forcé.

Louis XIII, roi de France et de Navarre, succédait à son père Henri IV, assassiné en 1610 par un fanatique catholique nommé Ravaillac. Henri IV lui-même avait reçu le trône de Navarre de sa mère Jeanne d’Albret. La loi salique / fallique est une exception française, elle n’avait pas cours en Navarre, non plus qu’en Béarn, Aquitaine, Bretagne, Angleterre, Ecosse, Castille, Aragon et autres pays qui nous sont familiers par l’histoire. Ici la reine n’était pas uniquement l’épouse du roi, elle pouvait succéder à son père, ou d’ailleurs à sa mère, comme souveraine de plein exercice, pouvant à son tour transmettre la couronne à son fils ou à sa fille. C’était le cas de Jeanne d’Albret, patronne de la Navarre, et aussi du Béarn, seigneurie souveraine que l’on oublie souvent, comme si elle avait fondu au sein de la Navarre, ce qui n’a pas été. Jeanne portait le double titre de “Reine de Navarre et de Dame souveraine de Béarn”, comme l’atteste l’adresse que lui fait Joanes Leizarraga dans sa préface du Testamentu Berria, première traduction basque du Nouveau Testament.

Antoine de Bourbon n’était que le roi consort, il n’a transmis à son fils Henri IV que son nom et la moitié de son sang. Ajoutons que le plus gros de la Navarre avait été conquis en 1512 et annexé en 1515 par le royaume de Castille. Il n’en restait aux souverains légitimes que la Basse- Navarre, territoire nettement plus réduit que le Béarn. Mais le titre de roi ou de reine étant plus flatteur que celui de seigneur souverain ou de dame souveraine, c’est le premier qui était mis en avant. De plus les souverains légitimes se considéraient comme propriétaires de l’ensemble navarrais et de ce fait accueillaient comme sujets de plein exercice les personnes venant du sud de la frontière, comme Axular, Haut-Navarrais, reconnu de ce fait comme curé de Sare par Henri IV contre un concurrent labourdin. Il est juste de préciser que les rois de Castille, dans une parfaite symétrie, accueillaient de la même façon, à Tudela par exemple, les migrants bas-navarrais, et des Souletins pour l’occasion se faisaient passer pour des “Manech”…

Roi de Navarre (et Seigneur souverain de Béarn) depuis 1572, Henri IV succéda sur le trône de France à son lointain cousin Henri III assassiné lui aussi par un catholique fanatique qui de plus était moine (tiens, on croyait qu’un tel comportement était une spécialité djihadiste !) : son règne commença théoriquement en 1589, mais en fait en 1594 après qu’il eût abjuré le calvinisme. Il était donc roi de France et de Navarre.

Le royaume de Navarre gardait ses institutions, ses lois, sa monnaie, il ne dépendait pas de la France, il ne partageait avec celle-ci que le même monarque. Louis XIII hérita de cette situation, mais il y mit fin en 1620 par un coup de force. Louis XIII en voulait surtout à l’intransigeance religieuse des dirigeants calvinistes du Béarn. “Opprimés, les catholiques béarnais firent appel au Conseil royal qui, le 31 décembre 1616, proclamèrent l’union du Béarn à la France.” (Pierre Tucoo-Chala, Petite histoire du Béarn, Princi Negue Editour, 2000, p. 71).

Les États de Béarn, unanimes, catholiques compris, s’opposèrent à la publication de l’édit d’union. “Louis XIII organisa une petite expédition militaire et pénétra dans Pau le 15 octobre 1620. Le 20, après une procession en ville, il fit enregistrer par le Conseil souverain un édit par lequel le Béarn et la Basse Navarre étaient unis au royaume de France. Le régime d’union personnelle qui remontait à l’avénement d’Henri IV était aboli au profit d’une incorporation pure et simple.” (p. 72).

En 1622 il y eut en Béarn un soulèvement vite maté par les troupes du gouverneur de Guyenne, puis une seconde tentative étouffée dans l’oeuf : son promoteur Jean-Paul de Lescun, condamné par le Parlement de Bordeaux, fut exécuté.

Le royaume de (Basse) Navarre y survécut jusqu’en 1789,
mais à l’état de mort cérébrale…

L’édit d’union maintenait les Fors et coutumes de nos deux pays : ces derniers n’étaient pas abolis, en droit ils survivront jusqu’à la nuit du 4 août 1789, mais en fait ils se trouveront très affaiblis par la perte de leur souveraineté, comme en état de mort cérébrale. En compensation le Béarn bénéficia de la création du Parlement de Navarre à Pau, unissant son ancien Conseil Souverain et l’ancienne Chancellerie de Navarre qui siégeait à Saint-Palais. Du coup les (Bas) Navarrais perdaient leur autonomie judiciaire et l’assurance d’être jugés dans leur langue à la cour d’appel de Pau.

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