Journée Européenne des langues : de l’égalité en dignité à l’égalité en droit

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JournéeEuropéenneGustave Alirol, président de Régions et Peuples Solidaires

Qu’elles soient autochtones ou issues de l’immigration, les 227 langues différentes parlées en Europe font du « vieux continent »[1], une mosaïque. Toutes sont égales en dignité. Cependant, malgré la richesse qu’elles représentent, elles ne sont pas toutes égales en droit.

Ainsi, dans les 46 États qui composent l’Europe, de l’Atlantique à la Russie, seules 38 sont officielles à l’échelle du pays.

Les 189 autres langues en Europe sont pour la plupart des langues de l’immigration. Elles participent de l’enrichissement de nos cultures. Bien que minoritaires en Europe, elles ne sont pas pour autant menacées, contrairement aux 60 langues dites régionales parlées au sein de l’Union Européenne.

Pour l’UNESCO, les langues dites régionales sont plus ou moins menacées d’extinction; les plus fragiles étant celles, comme en France, qui ne disposent d’aucun statut.

En ce 26 septembre, journée de célébration de la diversité linguistique en Europe, Régions et Peuples Solidaires constate que la France est encore le mauvais élève de l’Union Européenne. Et avec les réformes menées par Jean-Michel Blanquer, nos langues sont plus que jamais mises au ban de l’enseignement, dans les écoles publiques tant comme associatives. La co-officialité réclamée légitimement, en Corse notamment, est systématiquement refusée par la France. L’article 2 la Constitution qui proclame le français comme unique langue de la république est constamment utilisé pour refuser les évolutions politiques. 20 ans après sa signature par la France, la Charte Européenne des Langues Régionales ou Minoritaires n’est toujours pas ratifiée.

L’Union Européenne (UE) qui a comme devise « Unité dans la Diversité » reconnaît 24 langues officielles. Sa vocation, par nature, est de défendre le patrimoine linguistique et culturel. Cependant, la culture est une compétence quasi-exclusive des États pour laquelle l’UE ne peut intervenir qu’en appui. L’UE, pour réaliser pleinement sa devise c’est à dire défendre toutes les autres langues parlées historiquement en son sein, doit s’affranchir du carcan des États.

Nous sommes 40 millions de locuteurs à travers l’Union Européenne et plusieurs centaines de milliers dans l’Hexagone à parler encore une langue dite régionale. Nous ne nous laisserons pas faire. C’est au prix d’une large mobilisation de tous les défenseurs de nos langues, au-delà les clivages, que nous obtiendrons des avancées!

R&PS en appelle à l’action et à l’union de tous pour que vivent nos langues !

 

[1] D’après l’Université de Laval au Québec.

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