Un jambon rouge/vert/blanc ?

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Jean-Marc Abadie
Jean-Marc Abadie
Jean-Marc Abadie-ren burasoak Bigorre-etik etorri dira Euskal Herrirat beren lehen 4 haurrekin, 60 hamarkadaren hasieran. Baionan hazi ondoren, euskal kantuaren bidez erabaki du euskotar bilakatzea eta euskara, bertako biztanleen hizkuntza, ikastea. Kultur eta politika arloko militante gisa, idazkera egiazko arma literario bat dela pentsatzen du. 80 hamarkadaren erditsutan, Ekaitza astekariaren sortzaileetakoa eta 1992an Baionako hiru hilez behingo Kutzu adizkariaren sortzaileetakoa da. Enbatan hilabetero kronika bat egiten du 2012ko urtarriletik geroz.
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Municipales

Y’a pas à dire, même copieusement boudées en mars, ces élections municipales -dans certaines bourgades s’entend-sont dignes d’un même niveau de suspens que la série la Casa de papel. Après les mornes deux mois de confinement, la bataille électorale repart de plus belle dans la plupart des grandes cités en France et bien sûr en Pays Basque Nord.

Hormis Anglet et St-Jean-de-Luz où tout est plié, ça guerroie déjà sec à Ustaritz et sa triangulaire, Saint-Pée et ses alliances bénéfiques pour créer l’alternance, Hendaye et Boucau dans une nouvelle dynamique à gauche, Urrugne et Ciboure où le candidat abertzale est en pôle position, Biarritz et son capharnaüm, Lantabat dont personne ne parle et Bayonne la ville de gauche dirigée par la même famille politique conservatrice depuis la seconde guerre mondiale !

La presse, notamment écrite via les sites internet, s’en donne à coeur joie de contrecarrer les consignes vaines et souvent hypocrites de non communication des tractations en cours.

Pire, parfois les colistiers eux-mêmes découvrent, derechef et après la bataille, les secrets volés à Polichinelle.

Rendons grâce à des journaux militants comme Enbata de laisser la place au débat au travers de chroniques qui respirent la diversité des points de vue.

Histoires bayonnaises

C’est étonnant comme les municipales -élections de proximité par excellence- peuvent en même temps générer autant d’abstention. 43 % sur Bayonne en 2008 et 2014 et -Coronavirus oblige- 61 % le 15 mars pour le premier tour.

Qu’importe !

Le spectacle promis de la recomposition, comme celui des rebondissements, n’a pas déçu. Et le suspens bat son plein jusqu’au 28 juin tellement personne ne se risquerait à miser la chemise d’un cadre d’Air France sur le score et le résultat final.

Flash-back.

Durant la dynastie des Grenet, le père Henri (prénom destiné au trône ?) règne sans partage de 1959 à 1995.

Aux municipales de 1989 et 1995, en concurrence du PS et du PC, les abertzale s’essayent en alliance avec les Verts. Las, à deux reprises, le score ne dépasse pas les 6 %. Après un débat serré en interne, une partie de Bayonne Capitale intègre pour le second tour de 1995 la liste portée par Nicole Pery. Re las, Jean Grenet (alias Henri II), succède à papa. En 2001 Baiona berria s’oriente vers l’établissement d’une liste strictement abertzale. Et là, la bérézina : le fiston repasse dès le premier tour mais jackpot pour les abertzale : 2 élu.e.s dans l’opposition et 9,68% au compteur. Ça ferraille durant 6 ans —enfin 7— et en 2008, les abertzale toujours seuls redégringolent à 7, 21 %. 5ème et bon dernier!

Mort du basque obligatoire ?

2014 : Henri II prend une retraite bien méritée et son successeur à droite et 1er adjoint, J.R. Etchegaray, profite d’une triangulaire pour battre son opposant officiel Henri Etcheto (liste BVO) de 26 voix sur 17 285 votants. L’accès à tout juste 10 % de la liste abertzale Baiona 2014 lui permet de se maintenir en embarquant avec elle celle du Front de Gauche (6 %). Il faut dire qu’il existe un fort contentieux depuis les années 80/90 entre les abertzale et le Parti Socialiste. De même, la tête de liste est contestée à la fois par une bonne partie des abertzale comme par la gauche de la gauche. Les griefs portés à son encontre —déjà à l’époque— mettent en exergue son jacobinisme avéré, son manque d’engouement écolo et une gouvernance de type plutôt autocrate. Automne 2018 : 4 élu.e.s de l’opposition affiliés à BVO et euskaltzale s’affranchissent de la tutelle d’Henri Etcheto pour créer une démarche puis une liste citoyenne Bihar Baiona. La suite, on la connait. BVO ne perd que 5 % entre les deux élections (30 %) en cartonnant dans les quartiers les plus populaires. Les abertzale opèrent leur mue en s’ouvrant aux ex « Front de Gauche » devenus « Ensemble insoumis » ce qui leur promettait sur la base stricte de 2014 à minima 16 % des voix. Le renfort d’EELV booste les troupes de BVS qui se mettent à rêver d’atteindre les 20 %. L’émergence de la liste citoyenne Bihar Baiona est venue rebattre les cartes. Sans aucun soutien de partis politiques la liste trublion portée par Mathieu Bergé obtient 11, 21 % contre 13, 12 % pour Baiona Verte et Solidaire et son chef de file Jean-Claude Iriart.

 

Bis repetita

Le confinement est venu stopper net les prémices prometteuses d’une négociation entamée par les trois listes de gauche qui cumulent au total 54 % des voix. C’était pourtant bien parti. Dès le lundi 16 mars au matin, les deux listes BVS et BB en l’absence de dernière minute de BVO se mettent d’accord sur un ensemble de points programmatiques. Lesquels sont proposés à BVO. A terme, tous seront acceptés par la liste menée par Henri Etcheto. Ce qui couine par la suite ? La juste représentation en postes éligibles des scores des uns et des autres pourtant abordée et validée avant le premier tour. Ça tergiverse mais au bout du compte BVO -qui en interne a aussi sa diversité- accepte de se retrouver en minorité au sein du conseil municipal en cas de victoire à 3. Soit autour de 19 sièges contre 8/9 BVS et 7 BB sur un total de 45 (dont une dizaine pour l’opposition). Représentation à la proportionnelle aussi acceptée pour l’Agglo. Même le point de la gouvernance partagée est pris en compte. La délégation au sein de BVS donnée à une coordination durant son AG du premier tour dans la soirée avance sur des oeufs. Pâques est en avance. Et certains se font sonner les cloches : la fronde s’organise pour empêcher de s’allier au diable jacobin. Une lettre signée par une centaine d’abertzale bayonnais contestant une potentielle alliance à trois sous la houlette de l’épouvantail émanuelliste est remise à la délégation de BVS. Des mails s’entrechoquent et des personnes sont prises à partie. L’ambiance est délétère. Les jeux ne sont pas faits mais rien ne va déjà plus.

BVS : Biscornu Virage Suicidaire ?

L’AG en visioconférence de BVS à 4 jours de la date limite de dépôt des listes s’annonçait mouvementée. Elle ne le sera pas. Mais tout le monde se doute que le score, lui, sera serré. D’autant que le manichéisme n’est pas de mise. Les trois composantes (Abertzale, écolo et gaucho) ne sont pas unanimes dans leur positionnement. Au sein de chaque d’entre elles les avis sont partagés. Et le premier résultat tombe en défaveur de l’alliance à trois par deux voix de différence et 6 bulletins blancs. Et comme il fallait collectivement se faire hara-kiri, le retrait est acté au détriment d’un potentiel maintien seul. BVS avec sa tête de liste disparait pour 6 ans du panorama électif bayonnais. Et se désagrège en même temps l’opportunité pour BVS de s’acoquiner avec Bihar Baiona, de coller aux basques d’un potentiel maire jacobin qui ne peut que se bonifier, de construire sur la base de presque 25 % des voix une autre gauche alternative. Reste que l’alliance restante à deux porte l’espoir d’une alternance que tant de générations bayonnaises ont souhaité de toutes leurs forces. Une nouvelle gouvernance sur la base d’un projet construit à trois peut mathématiquement émerger avec une assemblée municipale aux affaires composée de 4 à 5 abertzale, autant d’euskaltzale et d’écologistes. Le 28 juin le vote de l’électorat viendra se substituer au vote militant. Et in fine, l’électorat bayonnais dans sa diversité fera le choix entre un sempiternel statut quo conservateur ou un vote historique qui revivifiera la vie démocratique locale. Un autre monde (bayonnais) est possible. Et en cas de victoire, je serais présent pour le co-construire.

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