Présidentielle

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Enbata: Êtes-vous, vous et votre candidate présidentielle, favorables à la ratification par la France de la Charte européenne des langues minoritaires qu’elle a signée mais qu’elle refuse de ratifier et qui implique une modification de l’article II de la Constitution?
Chantal Renou: Nos cultures régionales sont une richesse de notre patrimoine na-tional, donc oui à la connaissance et à l’apprentissage de la langue, de la littérature, de la peinture, de la gastronomie, des us et traditions basques.
Au nom de l’égalité, il ne s’avère pas envisageable d’offrir à un groupe ou une communauté un droit spécifique, notamment celui de s’exprimer officiellement dans la langue régionale, ce qui exclut celles et ceux qui ne la pratiquent pas. La langue de Moliére, Verlaine, Colette est le ciment de notre unite nationale. La France est une et indivisible.

Enb.: La réforme territoriale votée en 2010 doit entrer en vigueur en 2014. La loi portant cette réforme supprime le “Pays” qui était l’entité porteuse des dispositions spécifiques pour le Pays Basque. Vous-même et votre candidate présidentielle, êtes-vous en faveur de l’abrogation de cette loi et de la création d’une collectivité territoriale spécifique pour le Pays Basque?
C. R.: Le Front national considère qu’une nation soudée, forte, souveraine est seule en mesure de gommer les inégalités économiques entre les provinces et de mettre à la disposition de tous ses citoyens des services publics efficaces, tant au niveau de l’enseignement que des transports, de la santé, etc. Une nation au service de tous les Francais et pour cela, trois paliers: la commune, le département, la nation.

Enb.: Le Pays Basque est à cheval sur une frontière et vit donc le transfrontalier au quotidien. Pour vous et votre candidate, où doivent se traiter les politiques transfrontalières concernant le Pays Basque, notamment les actions en faveur de la langue basque? Une Eurorégion vous apparaît-elle pertinente?
C. R.: Affirmer que “le Pays Basque est à cheval sur une frontière” signifie bien que son histoire n’est pas la même. Jadis, on parlait du “roi de toutes les Espagnes”, mais on a toujours dit “le roi de France”. Aujourd’hui des régions espagnoles sont autonomes; pas chez nous. Notre conception de la nation est différente. L’idée d’un Pays Basque autonome —premier pas vers une indépendance— est née de “l’autre côté de la Bidassoa”; mais ici, la majorité des Bas-ques se réclame aussi de la nation française; d’ailleurs beaucoup de leurs pères ont inscrit leurs patronymes sur le granit du monument aux morts de leurs villes et villages. L’Europe actuelle cherche à gommer les nations; les Etats ne sont plus souverains et chacun en mesure le fiasco sous ses formes multiples.

Enb.: De nombreux élus locaux, les associations de défense de l’environnement, des élus consulaires et de très nombreux citoyens refusent une LGV à travers le Pays Basque et demandent l’amélioration de la ligne existante. Quelle est votre position et celle de votre candidate présidentielle?
C. R.: Le jeudi 16 juin 2011 fut signé par la société LISEA et RFF (reseau ferré francais) un contrat de concession à propos du tracé Tours-Bordeaux: 340 km de ligne nouvelle qui met Bordeaux à à peine plus de deux heures de Paris.
L’Aquitaine est plus particulièrement con-cernée par ce qui se fera au sud de Bordeaux. Le 9 janvier 2012, le Comité de pilotage du grand projet ferroviaire, réuni a Bordeaux, a adopté la proposition de deux tracés: Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne. Ce qui mettra Toulouse a 3h15 de Paris. Nathalie Kosciusko-Morizet, ac-tuelle ministre de l’Ecologie, doit approuver cela et il est probable qu’elle se prononcera avant avril 2012. Puis en 2013 sera menée l’enquête d’utilité publique. En 2014, le décret de déclaration d’utilité publique sera publié, pour des travaux en 2017 et une mise en service en 2020, au plus tôt.
C’est une nécessité impérieuse que de décharger les autoroutes d’Aquitaine et notamment l’A63. La LGV est sans doute la solution pour réduire considérablement la durée du trajet et, surtout, elle permettra de dynamiser l’économie moribonde.
Personnellement, je regrette que l’aménagement des voies existantes ne soit pas possible, notamment entre Bayonne et Hendaye. Attachée au Pays Basque, je souhaite en préserver les beautés et richesses naturelles. Il faut reconnaître que de Bayonne à Hendaye, le train est un vrai tortillard mais comment aménager les voies en
ce tronçon urbanisé? De plus, l’ancienne municipalité socialiste d’Hendaye s’est entêtée à réaliser le projet “entre puentes”, qui ne permet désormais aucun aménagement.
Il me semble que ce projet ne s’est pas donné le temps nécessaire à des études plus approfondies et les drames humains inévitablement occasionnés devront être pris en compte et dédommagés, même si nous sommes conscients que l’argent ne console pas de tout.

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