Paul Molac séputé breton

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Enbata: Vous avez activement participé aux travaux de l’Université d’été de RPS à Biarritz. Quelles impressions retirez-vous de ces journées?
Paul Molac: C’est toujours un plaisir pour moi de me retrouver au Pays basque, où je passe en général une fois par an. J’ai été favorablement impressionné de voir une salle comble et des militants de tous âges montrant que les thèmes développés par Régions et peuples solidaires intéressaient un large public.

Enb.: Vous avez été élu à l’Assemblée nationale sous l’étiquette de votre parti “Union démocratique bretonne” et de la fédération Régions & peuples solidaires, dans le cadre d’un accord électoral avec le Parti socialiste et Europe écologie – Les verts. Comment s’est échafaudée cette stratégie électorale? Quel était le panorama de ces législatives en Bretagne? Les disciplines partisanes ont-elles été respectées?
P.M.: J’ai été candidat dans la 4è circonscription du Morbihan, présenté par l’Union démocratique bretonne (UDB) à et soutenu par le Parti socialiste et Europe Ecologie – Les Verts. Je suis pour ma part un compagnon de route de l’UDB mais je n’étais pas encarté. J’étais surtout actif dans le domaine associatif et moins dans le domaine politique. J’étais par contre identifié comme militant breton par beaucoup d’élus et militants de gauche à Ploërmel.
Les discussions ont eu lieu entre les trois partis en vertu d’un accord national visant à assurer à EELV un groupe parlementaire. La circonscription de Ploërmel a été laissée libre sans candidat socialiste à EELV qui a lui-même laissé la circonscription à l’UDB. La circonscription était traditionnellement à droite. Il fallait une personnalité de rassemblement à gauche pour espérer voir la circonscription basculer.
La stratégie locale a été d’insister sur l’ancrage territorial. Je suis né et je vis dans un territoire rural où l’agriculture est un des moteurs de l’économie. J’ai été agriculteur au début de ma vie professionnelle puis j’ai repris des études pour devenir professeur d’histoire-géographie dans un collège. J’habite et je vis dans la circonscription. J’ai été soutenu par EELV et par le PS malgré la présence d’un dissident socialiste. Ma suppléante est adhérente au PS et nous avons reçu le plein soutien du parti et notamment de ses cadres, en particulier ceux de Jean-Yves Le Drian et Stéphane Le Foll.
C’est la première fois depuis le début de la Vème république que la 4è circonscription du Morbihan a un député de gauche. Le Morbihan a d’ailleurs largement viré à gauche. Avant les législatives de 2012, il y avait cinq députés de droite pour un de gauche. Aujourd’hui, on trouve la situation inverse, avec cinq députés de gauche pour un de droite.

Enb.: Quel sont l’impact et la représentativité de l’UDB en Bretagne après plusieurs années d’existence?
P.M.: L’Union démocratique bretonne a été créée en 1963. C’est un parti de plus en plus reconnu dans le monde politique breton, les succès électoraux (régionales, municipales) venant récompenser le sérieux de ses propositions. Les réflexions portées par l’UDB alimentent les discussions à gauche en ce qui concerne la décentralisation, les Langues régionales, l’environnement ainsi que la politique économique. L’UDB compte de nombreux élus locaux. A l’heure d’un bipartisme renforcé, l’UDB est moins bien identifiée par le grand public, avec cependant des disparités selon les territoires et l’ancrage local.

Enb.: Qu’attendez-vous de l’acte III de la décentralisation voulue par Hollande et le Parti socialiste?
P.M.: On attend évidemment beaucoup de l’Acte III de la décentralisation. Le rôle moteur des Régions doit être confirmé en particulier dans les domaines de l’économie, de l’aménagement du territoire, des transports et de la formation. Il faut que les Régions puissent demander et obtenir de nouvelles compétences en fonction des enjeux locaux. Par exemple, la région Bretagne demande la gestion de l’eau et de la culture. Cela nécessitera des arbitrages financiers. La grande question est de savoir quels pouvoirs réglementaires seront accordés aux Régions et comment les lois pourront-elles être adaptées localement?

Enb.: La ratification de la Charte européenne des langues minoritaires sera-t-elle réalisée? Après le coup d’épée dans l’eau de l’introduction dans la Constitution de l’article 75-1 des langues régionales au patrimoine de la France, pensez-vous que la ratification de la Charte soit déterminante pour la survie de nos langues?
P.M.: Je suis de ceux, qui depuis longtemps, attendent un cadre législatif pour nos langues. La signature de la charte me paraît un bon moyen de reconnaître officiellement la diversité linguistique française et de donner à nos langues les moyens de leur survie. L’action de tous et l’obtention des moyens juridiques qui pour l’instant nous font défaut, seront déterminants.

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