
Dans la perspective des élections municipales de 2026, Enbata propose une série d’entretiens qui vise à fournir aux candidats des futures listes abertzale une boîte à idées, des pistes, des expériences, pour bâtir leurs programmes.
Ce mois-ci, Maika Bamps et Beñat Blazquez Berasarte de l’Atelier vélo Txirrind’Ola.

Sur le territoire contrasté de la Communauté d’agglomération Pays Basque, la mobilité quotidienne cristallise de nombreux enjeux : santé publique, vitalité économique, justice territoriale et transition écologique. Alors que la voiture reste omniprésente, des leviers simples et accessibles existent pour changer la donne.
Un modèle à bout de souffle
Aujourd’hui, c’est en voiture que sont réalisés près de deux tiers des trajets quotidiens, dont une majorité de trajets de moins de 5 km – une distance parfaitement accessible à pied, à vélo ou en transport en commun (source : Insee, Enquête Mobilité des personnes, 2022).
Cette dépendance pèse lourd : sur le budget des ménages ; sur l’économie locale, en affaiblissant le commerce de proximité ; et sur le climat, puisque le transport reste le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre.
Agir immédiatement : apaiser et rendre visibles les alternatives
La première étape pour repenser la mobilité est simple : apaiser la circulation.
Généraliser les zones à 30 km/h, mais surtout les rendre crédibles grâce à des aménagements contraignants — chicanes, rétrécissements, mobilier urbain — permet de redonner leur place aux piétons et aux cyclistes. Les sens uniques accompagnés de double-sens cyclables limitent efficacement le trafic de transit sans nuire à la vie locale.
Certaines communes vont plus loin : à Ainhoa, une zone à trafic limité interdit la circulation automobile entre 9h et 19h, restituant le cœur du village à ses habitants et visiteurs.
Enfin, multiplier les stationnements vélos près des écoles, équipements culturels, sportifs ou services publics est une mesure peu coûteuse mais décisive pour encourager les trajets de proximité sans voiture.
Un chantier de mandat : planifier pour un territoire cohérent
Sur la durée d’un mandat, le véritable levier réside dans la planification : prioriser la marche, puis le vélo, puis les transports collectifs, et enfin la voiture. Cela passe par un plan de circulation cohérent, des trottoirs et traversées sécurisés, et des aménagements adaptés à chaque contexte.
Sur la zone littorale, la concentration des emplois et la densité de population provoquent une thrombose automobile chronique : ici, il faut reprendre de la place à la voiture pour élargir les trottoirs, créer des pistes cyclables continues et favoriser la desserte rapide en transports en commun.
Sur la durée d’un mandat,
le véritable levier réside dans la planification :
prioriser la marche,
puis le vélo,
puis les transports collectifs,
et enfin la voiture.
Dans le rétro-littoral, l’enjeu est d’assurer des liaisons faciles vers les pôles d’emploi (souvent sur la zone littorale) en vélo et en transports collectifs tout en préservant la vie et les activités locales.
Enfin, dans l’intérieur du Pays Basque, où les bassins de vie sont plus autonomes mais disposent de peu d’alternatives à la voiture, il s’agit de permettre l’accès aux centres-bourgs puis la circulation apaisée en leur sein.
D’un point de vue pratique, le partage de la voirie peut se concevoir jusqu’à 30 km/h réels ; au-delà, les aménagements cyclables doivent être séparés physiquement du trafic motorisé. Dans les espaces ruraux, cela impliquera souvent de créer de nouvelles infrastructures ; en milieu urbain, de réaffecter de l’espace à d’autres usages.
L’échelle communautaire : relier les communes entre elles
C’est à l’échelle communautaire que se joue la cohérence d’ensemble. La priorité de la CAPB doit être d’assurer la continuité des aménagements cyclables et piétons entre les communes et les bassins de vie, en complément du développement des transports collectifs.
Cela suppose aussi de renforcer l’intermodalité : stationnements vélos sécurisés dans les parkings relais et les gares, possibilité d’emporter les vélos dans les cars et trains, et itinéraires de rabattement vers les gares et arrêts de bus des bourgs, afin de simplifier les trajets combinés.
Choisir la mobilité de demain
Rééquilibrer la mobilité, ce n’est pas opposer la voiture au vélo et aux transports en commun : c’est rendre à chacun la liberté de se déplacer autrement.
À l’approche des élections municipales, choisir la mobilité durable, c’est choisir un territoire plus respirable, plus accessible et plus vivant.

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