Le mythe du chômage

BaionakoPortuaLa CCI vient de publier son bulletin semestriel. Très positif, et les chiffres s’alignent : en douze ans la population d’Iparralde a crû de 11%, soit 29.000 habitants, plus que l’équivalent de Biarritz, ce qui est énorme. Le chômage n’est que de 8,9% contre 9,8 en Aquitaine. On compte 139.000 emplois avec une croissance de 1,4% sur une seule année. On a construit 16.000 logements en 5 ans, plus de 3.000 par an. L’immobilier d’entreprise a crû de 117% en un an. On se demande comment on peut parler de crise chez nous.

Parmi les implantations nouvelles on en signale 19 qui viennent de l’extérieur dont deux des Etats Unis. J’ai souvent entendu accuser de “délocalisation” ceux qui implantent ailleurs une extension de leur usine. Délocaliser chez nous n’est pas condamnable. D’autant plus que c’est le résultat d’un “travail de prospection.” C’est à la suite de prospections que sont nés l’aciérie Celsa puis, tout près, un laminoir, qui n’a encore jamais fonctionné. Ce qui n’empêche pas que Celsa va en créer un deuxième à côté. Alors que le Sud, à la culture sidérurgique, ferme à Zumarraga eta Sestao.

D’autres points me questionnent encore. On a créé 1.900 emplois de plus qu’il n’en est disparu. Le nombre de chômeurs aurait dû diminuer d’autant. Mais voilà qu’il a augmenté. Et c’est un phénomène récurrent depuis 40 ans. Voici les chiffres: 10.085 chômeurs en 1982, 12.510 en 1990, 14.855 en 1999, 16.767 en 2015 soit 6.682 de plus en 33 ans alors que le nombre d’emplois est passé de 87.683 à 110.995, soit 23.302 de plus. Autrement dit, plus on crée d’emplois, plus il y a de chômeurs.

La chose est d’autant plus évidente que le solde naturel est toujours négatif ici : il y a plus de décès que de naissances. J’ai déjà posé ce problème auparavant mais je reste sans réponse.

Tous ces discours expliquant que l’on crée des emplois pour lutter contre le chômage ne seraient-ils pas comparables à la Chanson de Roland et son lien avec la bataille de Roncevaux? Un mythe fondateur!

Créer des emplois assure la “croissance”, ce nouveau dieu du monde moderne devant lequel on doit se prosterner comme les Juifs devant le veau d’or; mais cela ne diminue donc pas le chômage.

Les maires de Bayonne, Biarritz, Hendaye, Ustaritz etc. seront de bons maires si la population de leur commune croît pendant leur mandat. Peu importent les conséquences: diminution ou croissance du chômage, croissance de la circulation, croissance de la pollution, croissance des problèmes de circulation et de stationnement etc.

Du moment qu’il y a croissance, c’est bon signe! Au Sud on parle clairement : l’économie y nécessite 7.000 immigrés par an. Et le chômage y est plus élevé qu’ici! A côté, on proclamera haut et fort que le Pays Basque doit rester un pays agricole. Mais on fera tout pour diminuer les surfaces consacrées à la nourriture. Sinon, où prendre ailleurs les centaines d’hectares nécessaires pour construire maisons, hangars, usines, pour élargir routes et autoroutes, construire des LGV, etc. si ce n’est sur les surfaces cultivables?

En 10 ans ont ainsi disparu 12.585 hectares de SAU. C’est comme si l’on rayait chaque année de la carte toutes les surfaces agricoles de Mendionde! 1.484 fermes sont mortes en une décennie. 1.500 emplois. Et on parle de créations d’emplois! Ote-toi de là que je m’y mette! On ne va tout de même pas construire sur les stades Dauger ou Deschamps! Ou sur pilotis au dessus de l’Adour et de la mer!

Le chômage est devenu un élément constitutif de notre économie. Celle-ci ne peut fonctionner sans chômage. Malgré les cris d’orfraies que nous entendons, il fait partie de notre paysage : c’est en 1982 que nous avons franchi pour la première fois la barre des 8% de chômeurs. Depuis 34 ans, la courbe se maintient entre les 8 et 11%, sous Hollande comme sous Sarkozy, Chirac ou Mitterand. Et notre économie marche à la perfection, non malgré cela, mais grâce à cela.

La courbe du PIB montre que celui-ci croît imperturbablement, indépendamment des variations de celle du chômage, passant des 350 millions d’euros à plus de 500 ! Cela mériterait une réflexion profonde que je n’ai encore jamais vue. Les sept “grands” se sont réunis au Japon, pour voir comment améliorer encore cette croissance, comme si c’était LE moyen magique de diminuer le chômage. Formatés à l’ENA, ils ne voient pas encore que le problème est ailleurs.

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2 thoughts on “Le mythe du chômage

  1. Enaiz ados zure ikus punduarekin.

    Pas d’accord Xipri !

    De plus en plus de monde arrive au Pays Basque et c’est très bien. Ce sont sont souvent des familles jeunes avec 1 ou 2 enfants qui vont faire de parfaits petits basques (cf études INSEE) et qui trouvent du boulot.

    À nous ici de faire ce qu’il faut pour que ça se passe au mieux. Comme par exemple le font les ikastolas où à Bayonne une part notable des parents ne sont pas issus du Pays Basque (40% je crois).

    Les seuls qui soient à la traine son nos partis politiques, abertzales compris, qui ne sont pas assez ouverts aux nouveaux arrivants.

    Kasu! Il faut réagir vite, sinon ces nouveaux venus voterons TF1, France 2, ou autres You tube en adoptant les mentalitées véhiculées par ces médias.

  2. Tu n’a pas bien lu ce que j’ai écrit. Je n’ai jamais dit qu’il ne faut pas d’immigrés. Ce que je dénonce c’est la l’affirmation que l’on crée des emplois pour lutter contre le chômage. C’est faux! Les chiffres démontrent que plus on crée d’emplois, plus le chômage augmente. Je demande qu’abertzale et non abertzale arrêtent de justifier la création de nouveaux emplois par la lutte contre la chômage. Qu’ils nous donnent les vraies raisons de leur choix.
    Par ailleurs je signale que la création de ces emplois entraine la disparition de terres agricoles, de centaines d’emplois agricoles, que ces mêmes personnes, abertale et Non abertzale, prétendent préserver, emplois et terres. On change de société. Je ne dis pas qu’il ne faut pas le faire. Je demande seulement qu’on dise clairement que c’est ce que l’on cherche, et de justifier ou expliquer ce choix au vulgus pécus.
    “De plus en plus de monde arrive au Pays Baque” = De plus en plus de monde est obligé d’émigrer, de s’arracher à sa terre, à sa famille, à son milieu etc… Est-ce un bien? Les abertzale ont toujours été contre l’émigration. Notre slogan a longtemps été “vivre et travailler au pays”. C’est valable aussi pour les autres, Entre autres les 10.000 Africains qui se sont noyés dans la méditerranée en deux ans : 25 par jour!!! Mais aussi pour cux qui ont réussi et aussi pour toute autre personne réduite à l’émigration.
    Notre société est conçue pour fonctionner grâce au chômage et à l’émigration de certains pour le bénéfice de certains autres. Tu es d’accord? Là est le fond du problème

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