Répétition générale par Peio Etcheverry-Ainchart

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Ça y est, les lecteurs d’Enbata les plus attentifs auront vu dans la dernière édition que la coalition Euskal Herria Bai a présenté ses candidates et candidats, donnant le top départ à la campagne abertzale des législatives. C’est donc reparti pour un tour, mais un tour d’une importance particulière.

L’outil électoral
Une importance particulière, d’abord parce que chaque élection donne la possibilité au mouvement abertzale, comme à tout autre tendance politique, de diffuser son message en cohérence avec le type d’échéance auquel il est confronté. En l’occurrence, une législative offre la possibilité de peser d’un poids —le plus lourd possible— pour imposer des thématiques nécessitant un traitement par la loi, ce que ne permet ni une cantonale, ni une municipale. La présence la plus massive et la plus efficace du mouvement abertzale dans ces élections est donc capitale, car personne ne portera mieux que nous ces problématiques territoriales que sont la langue, l’institution, l’implication dans la résolution du conflit, pour ne parler que de celles-ci. Certes, d’aucuns auraient préféré un autre choix stratégique et c’est parfaitement leur droit. Il y a même quelque grincheux qui, pour le rappeler, s’autorise à faire passer l’expression publique de ses frustrations personnelles avant le respect et la loyauté dus à son propre mouvement et à ses candidat(e)s, et ce en plein début de campagne… Chacun appréciera mais peu importe, le mouvement abertzale est désormais lancé avec pour ambition d’être le porte-voix de la population du Pays Basque à Paris.
Cette ambition est à la hauteur de l’enjeu. Le con-texte actuel ressemble à plusieurs égards à un moment clé. En effet, jamais la situation en Hegoalde n’a donné de perspectives aussi larges pour enfin sortir du conflit. Jamais en Iparralde le débat institutionnel n’a été porté à un si haut niveau de centralité dans la vie politique locale, avec notamment sa prise en main par les Conseils de développement et des élus. Jamais non plus une telle situation de crise systémique n’a réclamé de réponses aussi importantes, tant sur le plan écologique que sur celui de l’économie ou du social. En cela, on ne peut se passer de cet outil électoral, qui est d’abord et avant tout celui de la capitalisation politique de tout l’effort militant qui a porté ces problématiques au quotidien, ce qui est la base incontournable de tout, sans laquelle notre candidature n’aurait pas la même crédibilité. Pour avancer, la boîte à outils se doit d’être complète.

Assumer son message
Mais au-delà de cela, les abertzale avons une responsabilité face à la population. Donner la possibilité de voter pour l’alternative abertzale, c’est assumer jusqu’au bout notre volonté d’être maîtres d’œuvres de la construction de ce pays au cœur de l’Europe, sans se cantonner à l’incantation ou à l’opposition. Notre message est cohérent, il est complet, nous avons nos réponses à toutes les questions que posent ce territoire et sa population, et l’assumer clairement devant le corps électoral est un devoir. Si nous renonçons à le faire, nous n’aurons pas à nous plaindre le jour où l’élection se résumera à un bipartisme à l’américaine enterrant tout pluralisme démocratique, nos revendications figurant en quelques lignes-alibi dans les dernières pages d’une sorte de grand programme commun, porté par une formation politique aux contours indéfinis.
En outre, aujourd’hui, goûtons le fait qu’à quelques exceptions près le mouvement abertzale de gauche se présente uni à ces élections, une union enfin affranchie de la majeure partie de ce qui avait causé ses divisions, et qui est bien décidée à mettre ses forces en commun et à parler d’une même voix. Les abertzale n’ont plus à choisir entre les uns et les autres, encore moins à «rester à la maison» au moment d’aller voter. Les 10 et 17 juin, pas une voix abertzale ne doit donc manquer. D’ici là, pas un bras ne doit non plus manquer pour participer à la campagne, convaincre les bayonnais, les souletins, les luziens ou les baigorriar que chacun(e) peut se reconnaître dans le projet que nous proposons pour ce pays, car il s’adresse à tous et à toutes.

Vers 2014
Mais les législatives ne sont pas une fin en soi. Avoir un ou plusieurs députés abertzale à Paris, à défaut faire le meilleur score possible à ces élections, sont autant de signes forts à envoyer à quelques mois des élections municipales. Après juin, la route s’ouvrira vers cette échéance majeure, en vue de laquelle l’union des abertzale pourra sereinement travailler à un projet politique commun, dans sa déclinaison municipale. Plus la dynamique née des législatives de 2012 sera forte, plus celle qui nous portera vers les municipales donnera ses fruits.
C’est donc le moment de s’investir. La campagne sera courte —4 semaines à partir de la fin des présidentielles—, elle permettra à tout le monde d’apporter sa pierre sans s’épuiser à la tâche. Surtout, plus on est nombreux, plus on pourra faire une campagne de proximité, quiconque ayant alors la possibilité de contribuer à notre message, et EH Bai en faisant, en retour, entendre la voix à Paris!

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