
L’hécatombe de volailles pendant les canicules confirme l’aberration des élevages intensifs. C’est pourtant ce modèle qui détruit l’agriculture paysanne et tout l’écosystème que la loi d’urgence agricole veut imposer.
Des millions de volailles sont mortes pendant les différents épisodes de canicule de cet été 2026. Les médias se sont emballés à l’aide d’images chocs et de témoignages d’éleveurs dévastés ! Sera-t-on capable de faire le bilan de ce qu’il se passe ? Les premières analyses démontrent que les élevages intensifs sont de loin les plus touchés : les milliers de volailles qui évoluent les unes sur les autres dans les gros élevages n’ont malheureusement pas d’autre choix que de suffoquer lorsqu’elles ne trouvent pas assez d’air pour respirer. Nous-mêmes humains, irions-nous nous enfermer dans une salle au milieu de milliers de personnes collées les unes aux autres, sous 35 degrés ?
La grippe aviaire nous a déjà démontré que les élevages concentrationnaires étaient fragiles mais ils sont aussi sensibles face aux chaleurs extrêmes. La surmortalité a entraîné des problèmes de ramassage des cadavres puisque les services d’équarrissage ont rapidement été débordés, forçant l’État français à autoriser temporairement l’enfouissement des animaux morts. Tout s’est emballé avant même qu’on ait pu prévoir quoi que ce soit. Les petites fermes ayant des bâtiments à taille limitée et des parcours arborés ont été moins touchées : ce qui pose une première base à la réflexion !
Fuite en avant du système productiviste
En parallèle, le projet de loi d’urgence agricole du gouvernement, récemment voté, prévoit l’installation de poulaillers géants sous prétexte de compétitivité face à l’offre venant en masse de l’étranger. Les industriels, fervents défenseurs de ce projet, argumentent que la consommation de poulet en France ne fait qu’augmenter alors qu’on en importe énormément Idées fraîches après la canicule L’hécatombe de volailles pendant les canicules confirme l’aberration des élevages intensifs. C’est pourtant ce modèle qui détruit l’agriculture paysanne et tout l’écosystème que la loi d’urgence agricole veut imposer. depuis les pays qui ne respectent pas les mêmes normes. Il nous faudra donc nous industrialiser mais pas d’inquiétude selon l’interprofession de la volaille : “on sera toujours moins gros que nos voisins étrangers”. Toujours selon eux, il faut savoir répondre aux portemonnaies des plus faibles qui à défaut de ne pas avoir d’argent pourront quand même manger de la viande moins qualitative !
L’heure de la remise en question des modèles n’a pas encore sonné malgré un nouveau signal climatique alarmant : on continue droit dans le mur, avec des systèmes productifs qui nécessitent toujours moins de paysans, mais des outils toujours plus gros apportant toujours plus de méfiance de la part des consommateurs.
Nécessité d’une prise de conscience
Au pays des irréductibles, les fêtes de Baiona voient chaque année le comptoir paysan nourrir les festayres sous fond d’agriculture paysanne. Les politiques et les bureaucrates de Paris seraient bien inspirés de venir voir ces paysannes et paysans servir la nourriture qu’ils produisent dans le respect des exigences du consommateur et de l’environnement. Il est urgent de revoir les politiques agricoles en redirigeant les budgets vers l’installation de paysans nombreux et des structures à taille humaine.
“Les éleveurs sont victimes des politiques publiques qui les ont enfermés dans une logique d’agrandissement et de concentration pour un système productiviste qui fonce droit dans le mur.”
Les successions des canicules et la surmortalité des volailles doivent nous faire prendre conscience qu’il nous faudra aller vers des réflexions bien au-delà de ce sujet-là ! Arrêter l’accaparement de l’eau, la destruction des zones humides, des haies, des sols sont autant de sujets qu’il ne faut plus occulter !
Les éleveurs sont victimes des politiques publiques qui les ont enfermés dans une logique d’agrandissement et de concentration pour un système productiviste qui fonce droit dans le mur. Une fois la canicule passée, il nous faudra avoir les idées fraîches pour généraliser l’agriculture paysanne qui est la seule qui coche toutes les cases de la résilience !
