
L’Eusko Eguna aura lieu le samedi 18 avril à Ezpeleta, avec un programme qui s’adresse à toutes les générations et tous les publics. L’occasion de faire l’expérience d’un autre modèle de société tout en profitant des différents temps forts de la journée et en faisant la fête.
Kristine Duhalde

Samedi 18 avril, le marché couvert d’Ezpeleta accueillera une nouvelle édition de l’Eusko Eguna, journée désormais bien installée dans le panorama des événements d’Iparralde. Festive, populaire et engagée, elle réunit chaque année plusieurs milliers de personnes autour de la monnaie locale et des alternatives du territoire. Une affluence qui témoigne d’un intérêt croissant pour une économie plus ancrée localement et porteuse de valeurs. Car Eusko Eguna ne se résume pas à un moment convivial : c’est aussi l’occasion d’expérimenter, très concrètement, une autre façon de penser l’économie et son rapport au territoire.
Au-delà d’une monnaie, un projet de société
À l’origine, il y a l’Eusko, monnaie locale du Pays Basque. Complémentaire à l’euro, elle repose sur une idée simple : reprendre le pouvoir sur la monnaie en lui donnant un sens. Ici, chaque paiement relocalise l’économie, nourrit directement le tissu économique et soutient l’emploi local.
Mais, l’Eusko ne se contente pas de faire circuler l’argent, il l’oriente. Il favorise les circuits courts, accompagne la transition écologique, encourage la langue basque et renforce les solidarités. Un mécanisme de redistribution, le Don 3%, permet également de financer les associations locales.
Derrière l’outil monétaire, une autre logique s’installe : une économie au service du territoire, qui crée du lien. Année après année, la dynamique s’élargit, le réseau se structure et s’étend. A la veille du franchissement des cinq millions d’eusko en circulation, il réunit aujourd’hui 6.000 particuliers et professionnels. L’eusko n’est plus une expérimentation : la plus importante monnaie locale d’Europe est devenue un moteur de transformation du territoire.
Une vitrine grandeur nature
C’est précisément ce que donne à voir Eusko Eguna. Une journée pour célébrer un réseau d’acteurs engagés qui façonnent le Pays Basque d’aujourd’hui et de demain. Producteurs, artisans, associations, artistes, habitants : tout un écosystème se retrouve, montrant la diversité des alternatives du territoire.
Ce que l’eusko rend possible au quotidien apparaît ici dans sa forme la plus lisible : une économie qui reste sur le territoire et circule entre acteurs locaux. Sur le marché fermier et artisanal, la monnaie irrigue les circuits courts. Les productions locales sont partout, sur les étals, au bar ou dans les assiettes.
Les enfants jouent, découvrent et s’approprient eux aussi ce territoire en mouvement. Les générations se croisent et échangent dans une ambiance chaleureuse. Puis, la journée glisse vers la soirée, les concerts prennent le relais, et la fête s’élargit encore. Ce mélange dit quelque chose d’essentiel : on ne transforme pas l’économie sans transformer aussi les manières de se rencontrer, d’échanger, de faire société.
Un programme pour toutes et tous
Pensé comme un événement ouvert et accessible, Eusko Eguna mêle découvertes, expériences et plaisirs. Marché, village associatif, conférence, repas paysan, activités pour enfants, spectacles, danse, musique, et bien plus : chacun peut y trouver sa porte d’entrée.
Les familles profiteront d’un large choix d’activités pour enfants, tandis que la journée sera rythmée par des temps forts comme la conférence « Gure Moneta », le spectacle engagé CLIMATØ de Mathieu Duméry, ou le nouveau spectacle de danse « Itzaletik » du groupe ezpeletar Ezpela.
En soirée, les concerts prendront le relais sous le marché couvert, avec Zetkin, Belako et Su Ta Gar. Préventes à 12 eusko / € sur euskalmoneta.org, 15 eusko / € sur place. Des navettes gratuites permettront de rentrer en toute sécurité dans les villages alentours, et un espace camping sera proposé pour celles et ceux qui prolongeront la soirée à la salle Ñapurrak.
Le 18 avril à Ezpeleta, il ne s’agira pas seulement de passer un bon moment. Mais de faire l’expérience d’un autre modèle de société. Un modèle qui place l’économie locale, la solidarité, l’écologie et la langue basque au cœur des choix de développement. Et peut-être, en repartant, de se poser cette question : si ce mouvement existe déjà, pourquoi ne pas le rejoindre, pour aller plus loin ?

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