Non au Mercosur, oui aux produits locaux !

Plusieurs filières proposent des produits locaux de qualité, notamment celles organisées autour de la démarche Herriko pour le pain, la viande bovine et la bière.

Le rejet du Mercosur a, parallèlement à la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse, focalisé le mécontentement des agriculteurs. Face à une concurrence inégalitaire, il est temps de promouvoir efficacement les productions locales.

Les dernières manifestations agricoles se sont essentiellement organisées autour de deux sujets : le refus de l’abattage total en cas de dermatose nodulaire contagieuse, et le refus de l’accord du Mercosur. Bien que différents, ces sujets se rejoignent car ils ont une conséquence directe sur la mise à mal des éleveurs quant à leur revenu, voire à la pérennité de leur activité. Les problèmes agricoles sont complexes, or ils sont gérés comme de simples flux de marchandises.

Une gestion de l’élevage hors champs

Dans le premier cas, la gestion sanitaire de la maladie pourrait s’organiser différemment. La dermatose nodulaire contagieuse n’est pas une maladie transmissible à l’homme. On pourrait la maîtriser par un abattage ciblé des animaux contaminés et une mise en quarantaine des troupeaux concernés. Ces mesures seraient beaucoup mieux comprises et acceptées par les éleveurs. Au lieu de cela, l’abattage total est appliqué pour continuer à exporter dans le cadre de la réglementation de l’Union Européenne (UE). L’État, dans sa mission régalienne, impose et veut préserver à tout prix les échanges et le commerce, plutôt que d’assurer la santé animale. Et cela, au détriment de l’intérêt des éleveurs et de la préservation de leur outil de travail.

Pour ce qui est du traité de libre-échange Mercosur entre l’UE et cinq pays d’Amérique Latine (Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay et Uruguay), il est contesté par l’ensemble de la profession agricole car il met en concurrence directe des systèmes de production extrêmement différents. En particulier entre des haciendas avec des milliers d’hectares, où les animaux sont des têtes de bétail, et des fermes de quelques dizaines d’hectares où les animaux portent un nom. Outre la négation du rôle de l’humain dans le domaine de l’élevage, l’agriculture est une variable d’ajustement sacrifiée au profit du secteur automobile, de la chimie et de la pharmacie principalement. Laisser entrer dans l’UE quelque 99 000 tonnes de viande bovine supplémentaire, sans garantie de qualité, serait mortifère pour notre élevage local.

Relocaliser la production alimentaire

Face à ce grand désordre organisé, il est temps de se ressaisir et de s’organiser pour développer des filières locales de qualité qui permettent de rémunérer les paysans. Il y a bien sûr les Appellations d’Origine Protégées (AOP) qui font de leur mieux pour atteindre cet objectif, et tous les produits fermiers ainsi que ceux issus de l’agriculture biologique commercialisés en circuits courts. Mais il y a aussi d’autres filières de produits basiques tels que le blé, l’orge pour l’élaboration de la bière, ou la viande bovine qui s’organisent autour de la démarche Herriko pour proposer des produits locaux de qualité. Ce sont des démarches qui demandent du temps pour se structurer, surmonter les difficultés qui se présentent, faire face aux aléas climatiques, mais elles démontrent dans le temps toute la pertinence de cette stratégie visant à relocaliser la production alimentaire. On a déjà oublié la période du COVID et l’importance de l’alimentation locale…

Les filières locales peuvent être des productions alternatives aux produits de masse issus des échanges internationaux. Elles restent compétitives si on prend en compte le bilan carbone tant dans l’acte de production que dans la distribution jusqu’au consommateur. Les céréales locales, en s’intégrant dans une rotation des cultures, peuvent améliorer la fertilité des sols. L’organisation collective et la motivation sont des ingrédients indispensables pour renforcer ces filières, elles méritent d’être accompagnées par les politiques locales pour accéder à la restauration collective et envisager des moyens de promotion pour atteindre le grand public et sortir des marchés de niche que les pionniers ont initiés.

“Les filières locales peuvent être des productions alternatives aux produits de masse issus des échanges internationaux. Elles restent compétitives si on prend en compte le bilan carbone tant dans l’acte de production que dans la distribution jusqu’au consommateur.”

Les techniques de base pour construire et développer les alternatives sont là, il faut maintenant se donner les moyens collectivement, paysans, organismes de développement, élus et consommateurs, de passer à la vitesse supérieure pour démontrer que l’agriculture paysanne est un vrai projet de société profitable pour tous à travers la généralisation des productions locales de qualité.

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