Relevons le défi

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Notre engagement de classe

Dans le contexte d’une crise multidimensionnelle —écologique, démographique, économique, politique, démocratique…— ELA affirme que le système capitaliste, basé sur le bénéfice privé immédiat et exclusif, convertit en norme l’exploitation du monde du travail, l’oppression des peuples et la destruction de la vie et des ressources de la planète. C’est pourquoi, comme cela figure dans sa Déclaration de principes (1976), ELA défend “une société d’hommes et de peuples libres” réalisable dans un socialisme capable de mettre la personne humaine ainsi que son contexte social et environnemental au centre de ses préoccupations et de son action.
Nous assistons à un rapport de forces —sur les plans international et local— absolument déséquilibré entre le capital —productif et financier— et le monde du travail. Le chômage, l’insécurité et la vulnérabilité sociale, la précarité du travail, la crise de la protection sociale et la non reconnaissance du travail productif, la pauvreté et l’exclusion sociale, les chantages lors de la négociation collective ou la peur de se retrouver sans emploi… sont quelques unes des conséquences les plus directes et cruelles de l’hégémonie actuelle des politiques néolibérales. Tout cela est possible, en grande partie, à cause de la soumission croissante des pouvoirs politiques aux diktats des pouvoirs économiques, et à leur renoncement à assumer un rôle d’équilibre minimum.
Ces fractures sociales vont de pair avec les fractures démocratiques. D’une part, parce que sans garanties économiques, sociales et culturelles minimales pour l’ensemble des citoyens, il est impossible d’atteindre l’égalité fondamentale qui doit être à la base même du système démocratique. D’autre part, nous assistons à une répression croissante de l’exercice des libertés fondamentales (manifestation, grève, négociation collective…) et de l’action revendicative. De même, les institutions réduisent les possibilités des organisations sociales contestataires d’accéder à de l’information qui devrait être publique, et la participation populaire est dévaluée. Pour ELA, l’alternative au néolibéralisme passe aussi par l’affirmation des droits économiques et sociaux et des libertés politiques de tous et toutes.
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Cent ans après sa naissance, ELA affirme que le syndicat continue d’être le principal moyen, et le plus efficace, pour lutter en faveur des conditions de vie et de travail des travailleurs et travailleuses dans la perspective d’une société plus juste. Et, comme l’affirme sa Déclaration de Principes, ELA est ouvert à “tout travailleur d’Euskal Herria, quels que soient son origine, ses croyances, sa pensée ou son appartenance politique”. Dans cette recherche de légitimité auprès de la base, ELA renouvelle aussi son propre engagement démocratique en misant sur la participation croissante des adhérent(e)s au débat et aux prises de décision concernant les programmes, les propositions et les actions de la Confédération et de ses organisations professionnelles et territoriales.
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Notre engagement a bertzale

L’indépendance mentionnée ci-dessus et acquise par notre projet syndical a permis à ELA de revoir et d’abandonner définitivement la référence au statut d’autonomie et, en parallèle, la philosophie néo- foraliste. Ce cadre politique a été abîmé et amputé unilatéralement par l’Etat espagnol. Les gouvernements espagnols successifs, incapables d’assumer la moindre reconnaissance du fait national, utilisent en outre ce statut d’autonomie comme une vulgaire marchandise négociée contre l’appui parlementaire aux politiques qui, en pleine crise économique et sociale, servent les intérêts du pouvoir économique.
Deux exemples montrent clairement les carences de ce statut d’autonomie pour les travailleurs et travailleuses du Pays Basque Sud. Le premier est le processus permanent d’amputation des droits professionnels et sociaux décidés dans l’État central (réformes du code du travail, négociation collective, réforme des retraites et des allocations chômage). Le second concerne les politiques d’emploi qui ont été transférées sans capacité de décision et avec l’obligation d’appliquer minutieusement les politiques désastreuses décidées à Madrid.
La référence au statut d’autonomie n’arrive plus aujourd’hui à susciter l’adhésion concrète des gens en Euskal Herria et elle constitue encore moins un levier politique suffisant en terme d’auto-gouvernement, même si elle est encore utilisée comme un moyen de reconnaissance politique (par rapport à l’État et par rapport au Pays Basque) par certaines forces politiques basques.
Dans ce contexte, ELA considère urgent que les forces qui défendent la souveraineté définissent des contenus minimums et se mettent d’accord sur un calendrier de travail commun qui permettront d’avancer vers la pleine liberté de notre peuple. La capacité d’intégrer des acteurs dans cette dynamique et l’engagement de n’en exclure personne seront, sans aucun doute, le meilleur des thermomètres de l’authenticité du travail en commun à impulser. D’une manière strictement civile et démocratique, il faut gagner l’adhésion croissante à ce projet dans la société; il faut susciter l’espoir, pour chacun des projets sur leurs terrains respectifs, auprès d’une base militante concrète travaillant au sein de la société pour faire avancer ces objectifs.
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Dans ce contexte de lutte nationale, ELA veut également souligner l’importance du fait nouveau et fondamental que plus aucune force politique basque ne défend aujourd’hui la lutte armée comme moyen d’action politique. C’est pourquoi ELA appelle fermement les États espagnol et français à saisir les opportunités pour la paix que constituent, d’une part le cessez-le feu et la proposition de vérification internationale de cette situation faite par ETA et, d’autre part, le fait que des acteurs internationaux importants soient prêts à accompagner ce processus. ELA défend, comme nous l’a-vions écrit lors du dernier Aberri Eguna, un processus de dialogue et de négociation qui offre des “voies opérationnelles aux parties pour blinder un scénario définitif de paix”. La violence doit disparaître définitivement; tout comme celle de l’État qui s’exprime par une politique pénitentiaire inhumaine, par la poursuite de la torture, par l’illégalisation d’organisations pu-bliques ou par des procédures judiciaires qui n’ont pas d’équivalent dans les démocraties voisines.

Agenda élargi pour un nouveau siècle

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Outre tous ces combats, la question de l’environnement en général et celle du changement climatique en particulier devront occuper une place plus importance dans l’agenda du syndicat. Dans les prochaines décennies, la lutte pour stopper la destruction et la marchandisation croissante de la planète revêtira une importance historique comparable à celle de la naissance du mouvement ouvrier pour imposer des limites à l’exploitation du monde salarié. C’est pourquoi, en plus du débat in-contournable portant sur le partage de la richesse, le syndicat devra faire siennes les interpellations sur ce que l’on produit, comment et pourquoi on le produit, sur ce que l’on consomme et comment on le consomme… ELA a en commun avec ce combat son axe le plus fondamental, celui d’affirmer que l’objectif de l’activité économique doit être le bien-être de toutes les personnes dans toutes ses dimensions: physique, psychologique, professionnelle, sociale… et également environnementale.
[…].
Comité national d’ELA,
23 juillet 2011

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