Nos candidats au rendez-vous des sénatoriales, dimanche

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Enbata: Vous voici parvenu à la dernière ligne droite avant le scrutin sénatoriale du 25 septembre. Pensez-vous que vous-même et les candidats abertzale/écolo ont apporté une touche particulière à cette consultation électorale?
Sauveur Bacho: Nous sommes effectivement dans la dernière ligne droite de cette campagne des sénatoriales, une campa-gne que nous avons mené sur les chapeaux de roue. En effet, à la fin de cette semaine, nous aurons visité les 159 communes du Pays Basque. Le Sénat représentant l’Assemblée des collectivités locales, nous tenions à porter notre message dans chaque village et dans chaque ville mais aussi recueillir la parole des élus, leurs espoirs, leurs craintes, se rendre compte sur place de leurs réalisations et de leurs projets.
Nous avons pu vérifier les grandes craintes issues d’un projet de schéma départemental de coopération intercommunale mené dans une grande précipitation, sans concertation préalable des élus et de la disparition de la taxe professionnelle qui privera les communes de finances nécessaires au développement de leurs projets. Nous avons pu vérifier la grande inquiétude née de la disparition programmée des pays qui est lourde de conséquences pour le Pays Basque et une large adhésion à une représentation institutionnelle du Pays Basque et à l’adoption d’une loi sur le statut des langues régionales garantie par une modification de l’article 2 de la Constitution.
De même, nous avons senti l’attachement des maires mais aussi de l’ensemble des élus au rôle essentiel des communes qui restent la structure de base de proximité, indispensable au maintien du tissu social de nos mondes ruraux et urbains. En ce sens toutes les communes travaillent sur des projets structurants: logements sociaux locatifs, assainissement collectif, effort très importants pour la sauvegarde et le développement des écoles, lotissements, projets transfrontaliers, accueil petite enfance, logements groupés pour nos ainés, énergies renouvelables, déplacements quotidiens, développement de circuits courts pour un rapprochement entre producteurs et con-sommateurs, etc. Tout ce travail mérite d’être mis en avant car il implique aussi beaucoup de bénévolat.
Je veux aussi mettre en avant le formidable travail collectif qui a été réalisé en quelques semaines par le groupe moteur avec des réunions hebdomadaires qui ont permis une osmose entre des groupes et des sensibilités pour présenter un programme reposant sur des valeurs communes: proximité, solidarité, environnement. Disposant de très peu de moyens nous avons, je crois mené une très bonne campagne de terrain.

Enb.: Vous avez tenu à vous présenter collectivement. Pourquoi cette équipe, de sensibilités diverses, vous a t’elle cependant confié le rôle de leader?
S. B.: Il n’y a d’action efficace que si elle est collective. Notre équipe est composée effectivement de sensibilités diverses qui se retrouvent sur un certain nombre de valeurs et de projets comme la collectivité territoriale Pays Basque.
Notre équipe, dans cette élection sénatoriale, souhaitait mettre en avant le maire d’une commune rurale, qui disposait d’une expérience de gestion d’une collectivité, d’une sensibilité de gauche ouverte aux composantes abertzale et écologiste de cette union et qui soit soucieux de l’élargir aux progressistes qui aspirent à un véritable changement tant dans la façon de faire de la politique que sur les objectifs à atteindre.
J’ai été très sensible à la confiance qui m’était faite et après réflexion et discussion, j’ai ac-cepté de me lancer dans cette aventure 10 ans après Andde Darraidou qui nous soutient et nous accompagne tout au long de cette campagne et que je veux, ici, remercier pour son aide précieuse. Je veux aussi remercier les élus qui nous soutiennent publiquement dans cette campagne dont Christine Bessonart, présidente du Biltzar des communes, et les nombreux autres élus qui travaillent discrètement au succès de notre liste.

Enb.: Un maire de village est par nature non concerné par le cumul des mandats. Cela a-t-il été un atout dans votre campagne?
S. B.: Nous avons ressenti tout au long de notre campagne la volonté très nette des élus de mettre fin au cumul des mandats qui constitue l’une des cau-ses de la désaffection des citoyens envers la politique. Consacrer le temps nécessaire à ses mandats, ne pas devoir être à plusieurs endroits à la fois, c’est œuvrer à la réhabilitation de la politique qui doit avoir comme objectif de s’occuper des autres et en particulier des plus faibles, de créer du lien social et de fabriquer de la solidarité.

Enb.: Élue régionale d’Europe Ecologie-Les Verts, comment s’est opérée l’osmose avec les candidats abertzale? Comment avez vous assumé le rôle prépondérant confié par l’équipe à Sauveur Bacho?
Alice Leiciagueçahar: Mon engagement au sein des Verts puis d’Europe Ecologie-Les Verts est très récent, même si mon engagement écologique re-monte à mon adolescence. Il y a une raison à cela: le parti qui répondait à toutes mes priorités (essentiellement l’avenir du Pays Basque et l’écologie) n’existait pas, et j’étais donc obligée de faire un choix. Un jour, j’ai pourtant fait ce choix. Je pense que les actions d’EELV et des abertzale doivent être complémentaires, dans l’intérêt même du Pays Bas-que. Au fond, nous avons tous les mêmes préoccupations, ce qui change c’est parfois leur hiérarchisation, et surtout les moyens que l’on se donne pour les traiter. En l’occurrence, EELV apporte ici une opportunité d’avoir un élu du terrain basque au Sénat et c’est tout naturellement que l’on s’est tourné vers nos amis abertzale pour porter ensemble ce candidat. En ce qui concerne David Grosclaude et moi-même, qui sommes déjà conseillers régionaux et opposés au cumul des mandats, il s’agit aujourd’hui d’amener le plus loin possible, et en l’occurrence au Sénat, la candidature de Sauveur Bacho. Si nous n’y parvenions pas, nous aurions quand-même beaucoup gagné dans cette campagne: nous avons appris que nous étions capables de travailler ensemble dans le respect les uns des autres pour faire avancer des idées.

Enb.: Quels thèmes de campagne ont-ils le plus marqué les élus locaux que vous rencontriez dans leurs mairies? Pensez-vous avoir fait progresser les revendications de Batera, notamment l’institution propre à Iparralde et le statut de l’euskara?
A. L.: Au moment où nous faisons la campagne, le nouveau découpage des intercommunalités secoue profondément les élus locaux. Au-delà de l’acceptation ou non des périmètres proposés, la plupart des élus s’é-lèvent contre la méthode qui a mis la charrue avant les bœufs et le passage en force qui a parfois été tenté. Ils rejoignaient en cela le texte que nous avions écrit deux mois auparavant, demandant que l’on étudie les contenus avant de délimiter les contours, et non l’inverse.
En ce qui concerne nos revendications pha-res, le statut de l’euskara et la collectivité territoriale pays basque, nous avons rencontré des élus convaincus, et d’autres auxquels nous avons pu expliquer en quoi elles consistent, et pourquoi elles sont importantes. C’est tout l’intérêt de cette campagne qui permet de rencontrer les élus locaux en tête à tête sur des revendications que certains méconnaissent, de répondre à des questions qu’ils n’auraient sinon peut-être jamais posées. Il en va de même pour les questions d’écologie et d’agriculture, ou d’autonomie énergétique.
Nous avons également bien expliqué que l’accord de second tour avec le PS était un accord technique qui permettait à Sauveur Bacho de se présenter avec deux socialistes au second tour, que nous avons un certain nombre de points de convergence avec le PS, mais que nous avons aussi acté nos divergences (la LGV, par exemple).

Enb.: L’accord technique de 2ème tour, convenu entre les instances nationales Europe Ecologie-Les Verts, Régions et Peuples Solidaires et le Parti Socialiste, annoncé à l’avance et non pas entre la poire et le fromage le jour du vote, sera-t’il mis en œuvre? De quelle manière?
S. B.: En effet, un accord existe entre les instances nationales Europe Ecologie-Les Verts, Ré-gions et Peuples Solidaires et le Parti Socialiste qui porte sur la mise en place possible d’un groupe parlementaire EELV-RPS au Sénat. Cet accord a été décliné au niveau local sous la forme d’un accord technique où chacune des parties garde sa personnalité et ses positions avec l’engagement de voter pour un président de gauche au Sénat.
Plusieurs rencontres ont eu lieu en ce sens et nous venons de finaliser cet accord.
Nous tenions, en effet, à ce que les choses soient claires avant le 1er tour et nous étions opposés à des arrangements entre la poire et le fromage.
Les termes de cet accord sont simples: le candidat ou la candidate du PS qui arrivera en 3e position cédera sa place pour le 2e tour à un représentant de notre liste, en l’occurrence à moi-même puisque tel a été le choix de notre équipe. Ainsi, le bulletin de 2e tour sera composé de deux candidats du PS et d’un candidat de notre liste et nous appellerons tous à voter pour cette liste entière, l’objectif étant de faire élire les trois candidats.

Enb.: Quelles consignes donnez vous à tous vos amis politiques et au-delà au lendemain du 25 septembre?
A. L.: Nous avons ouvert une brèche, engouffrez vous dedans. Nous ne sommes pas d’accord sur tout, sinon nous serions tous dans le même parti, mais c’est dans le débat que l’on progresse le mi-eux.
En tous cas, ne nous trompons pas d’ennemi: chacun d’entre nous suit les directives de son parti, et s’en accommode; que cela ne nous empêche pas de nous croiser, de croiser nos idées, de les confronter, et, chaque fois que c’est possible, d’avancer ensemble dans notre intérêt commun: donner à la population du Pays basque le choix de son avenir.
S. B.: L’union est toujours un combat. Rassembler les abertzale, les écologistes, les progressistes et tous ceux qui souhaitent un véritable changement, telle était la gageure des promoteurs de cette liste: les résultats du 1er tour seront très importants et nous montreront si ce pari sera gagnant. Elargir cette union aux socialistes, tout en gardant nos spécificités et sans gommer nos divergences, pour pouvoir faire aboutir nous-mêmes, sans passer par d’autres, nos demandes, demain au Sénat, tel sera l’enjeu inédit du 2e tour, chacune et chacun des électeurs en décidera. C’est un véritable pari, mais on ne peut ga-gner que les combats que l’on a décidé de mener. Nous sommes sereins et confiants dans la capacité des électeurs et électrices à transformer au 2e tour l’essai que nous aurons marqué collectivement au 1er tour.
Quant à l’avenir, il nous appartiendra de tirer collectivement les enseignements de ce scrutin et de les placer dans l’ensemble des combats que nous menons.
Pour ma part, je serai très satisfait si notre démarche peut contribuer à ouvrir des horizons nouveaux, des alliances nouvelles, tracer un sentier ou j’espère un chemin que d’autres pourront emprunter demain vers la satisfaction de demandes parfaitement légitimes et majoritaires de la société du Pays Basque.

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