Le carottage et le baton

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Le sondage des sols pour analyses sur le tracé de la future Ligne à grande vitesse en Iparralde a commencé. C’est peu de dire que les militants opposés à la LGV n’entendent pas faciliter le travail de la société Fondasol. Le mardi 4 janvier un premier forage s’est déroulé a Ustaritz, sur la propriété Sainte-Barbe appartenant au sieur Berckmans, ci-devant président sortant de la CCI de Bayonne. On sait l’attachement de Berckmans à la LGV. Il en est l’un des lobbyistes les plus acharnés et l’acquisition de cette magnifique propriété, il y a quelques années, ne doit sans doute rien au hasard. La cinquantaine de contestataires uztariztar à qui Victor Pachon et Pantxo Tellier notamment étaient venus prêter main-forte, n’a pu s’y opposer. L’autorisation du propriétaire et la protection des gendarmes ont permis à Fondasol de passer en force et de réaliser les carottages.
Episode sensiblement différent le lendemain à Mouguerre. Le SMS, c’est bien pratique. Les anti-LGV alertés par un riverain de la propriété à sonder ont investi les lieux au moment où la machine à forer de Fondasol débarquait, accompagnée par les fourgonnettes des moustachus vêtus de bleu. Roland Hirigoyen, le premier magistrat de la commune, accompagnait les militants. Quand le maire s’en mêle, écharpe tricolore dans une main, arrêté municipal d’interdiction aux engins lourds de circuler sur les chemins vicinaux dans l’autre, l’ardeur des pandores s’émousse un peu. Il y a donc eu palabres sur le chemin d’accès (on n’est pas en Afrique, pas besoin d’arbre pour palabrer).
Légalité ou illégalité des arrêtés?
Question: l’arrêté préfectoral pris pour autoriser ces sondages permet certes l’accès aux terrains à sonder, qu’ils soient publics ou privés, mais autorise-t-il de creuser le sol? Réponse des contestataires: non, pour creuser il faut un arrêté beaucoup plus contraignant que le préfet n’a pas pris. “Ici il ne s’agit pas d’un simple passage ou d’un libre accès”, commente Victor Pachon pour le CADE, “il y a bien extraction des terres et modification du site, et donc cet arrêté de passage ne correspond pas à la réalité de l’occupation constatée”. Roland Hirigoyen a pour sa part réaffirmé la validité de l’arrêté municipal pris fin 2010 pour interdire le passage d’engins lourds sur les chemins communaux de Mouguerre. Pour lui c’est Fondasol qui est dans l’illégalité avec le transport de sa grosse foreuse.
Du côté de la préfecture, on ne doit pas être très sûr de la validité de l’arrêté signé par le préfet Rey avant son départ. Toujours est-il qu’au bout de deux heures de pourparlers, le préfet a ordonné aux gendarmes de quitter les lieux et à Fondasol d’aller garer ses engins dans la cour de la caserne de gendarmerie de Marracq où ils sont sous bonne garde.
Vendredi rebelote, à Arcangues cette fois, où le maire Colo n’a rien à refuser ni à RFF, ni au gouvernement UMP, ni à son représentant local. Une vingtaine de gendarmes ont empêché les opposants à la LGV de s’approcher du site du sondage avec, pour la première fois, l’évacuation des contestataires afin de laisser passer les engins à l’œuvre dès 7h du matin.
Le matin même sur les ondes de France Bleue Pays Basque le sous-préfet Nuñez avait joué du menton, laissant clairement entendre que l’Etat saurait adapter ses dispositifs (gendarmes et arrêtés) pour gérer le conflit. Preuve s’il en était besoin que ni le représentant de l’Etat, ni le maire Colo, n’étaient certains de la validité du premier arrêté pour couvrir l’occupation des terrains et les carottages, un arrêté préfectoral pris en hâte la veille interdisait toute circulation sauf piétonne dans les chemins communaux du village, à l’exception des engins de Fondasol.

Poursuite du bras de fer
Mais le bras de fer n’est pas terminé: RFF/ Etat a réalisé plusieurs sondages (Villefranque, Ustaritz, Arcangues, Tarnos), les opposants en ont empêché 4 autres à Ustaritz, Ascain, Urrugne et Mouguerre. Il en reste plus de 70 à effectuer et il ne reste plus que 3 mois à Fondasol pour les mener dans le cadre d’un arrêté préfectoral valable 6 mois, jusqu’au 15 avril 2011. Ce sera forces de l’ordre contre opposants, mais aussi arrêté contre arrêté: les trois communautés de communes opposés au projet ont bien l’intention de contester l’arrêté préfectoral au-près du tribunal administratif. De son côté, le sous-préfet Nuñez a montré ses muscles en annonçant que la préfecture déférait au tribunal administratif les arrêtés municipaux interdisant la circulation des engins lourds sur les chemins communaux. D’ailleurs, le 11 janvier, le tribunal administratif de Pau, saisi en référé, a suspendu l’arrêté d’interdiction de circulation des engins lourds pris par la mairie d’Ustaritz en attendant le jugement sur le fond.
La détermination des uns et des autres semble entière. Personne ne doute que le lobby du béton, dont peu de citoyens mesurent la puissance en France, et ses relais gouvernementaux ou consulaires, feront tout pour passer en force. En revanche, personne ne s’attendait à une telle résistance des élus communautaires et des associations à ce projet inutile, ruineux et destructeur.
Ce conflit illustre à merveille la quintessence de la politique sarkosienne qui ne croit qu’à la prédominance des intérêts financiers sur le bien-être des citoyens et au rapport
de force brutal pour l’imposer.

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