El negocio no se ha acabado aún…

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Xabi Larralde
Xabi Larralde
Ekonomia erakasle, Sortu-ren bozeramaile.
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Negocio

A l’issue des législatives d’avril dernier, un gouvernement PSOE Podemos semblait possible. Cet échec a conduit à la nouvelle consultation du 1er novembre qui débouche cette fois-ci sur un accord rapidement réalisé entre ces deux forces affaiblies. Conjoncture plus favorable aux partis indépendantistes catalans et basques.

Faisant suite à un précédent article de février, en mai dernier j’avais intitulé ma rubrique : El negocio no se ha acabado. A la lumière des résultats des élections d’avril en Espagne, un accord de gouvernement entre le PSOE et Podemos semblait se profiler. Sur la base de cet accord, un gouvernement stable aurait nécessité l’appui ponctuel de formations comme le PNV, ce qui resituait ce dernier en position de force pour continuer sa négociation (son négoce) sur le financement de certains projets d’Euskadi et le transfert de quelques compétences. Or le PSOE et Podemos se sont avérés incapables de concrétiser cet accord, ce qui nous a amené à la répétition des élections générales espagnoles du 10 novembre dernier. Nous nous retrouvons ainsi dans le troisième épisode de cette “saga” politique. Le panorama qui en ressort est quelque peu différent de celui d’avril dernier. Malgré le fait qu’il se maintienne en tête, Pedro Sánchez bénéficie d’un soutien plus faible. Podemos voit son score diminuer. Ciudadanos se fait laminer. Le PP augmente sensiblement. Mais surtout, Vox obtient d’excellents résultats qui ne manquent pas de susciter une forte préoccupation. Notons enfin, une progression du vote indépendantiste que ce soit en Hego Euskal Herri, en Catalogne, et en Galice.

Comment expliquer ces résultats ?

Logiquement, les forces politiques qui ont eu l’opportunité de sceller un accord et qui en ont été incapables se voient sanctionnées. Peut-être le PSOE n’at- il pas anticipé ce retour de bâton, mais surtout a-t-il sous-estimé l’onde de choc qu’a supposé en Catalogne les lourdes condamnations prononcées à l’encontre des organisateurs du référendum d’octobre 2017. Si les résultats de ces élections ont quelque peu surpris, que dire de l’accord entre Pedro Sánchez et Pablo Iglesias rendu public dès le lendemain ?… Une éventuelle abstention du PP lors du vote d’investiture du chef de gouvernement semblait envisageable, avec à la clé l’imposition de lignes rouges concernant en particulier la gestion de la situation en Catalogne. Face à ce scénario, Pedro Sánchez et Pablo Iglesias ont voulu prendre tout le monde de vitesse, sachant que, compte tenu de leurs résultats électoraux décevants, leurs survies en tant que leaders de leurs formations respectives était en jeu.  Aujourd’hui, Pedro Sánchez se retrouve dans une situation délicate. L’ensemble du bloc de droite va s’opposer à son investiture. Il nécessite en conséquence l’abstention des députés indépendantistes et un soutien du PNV lui sera le bienvenu.

Pedro Sánchez et Pablo Iglesias ont voulu prendre tout le monde de vitesse, sachant que, compte tenu de leurs résultats électoraux décevants, leurs survies, en tant que leaders de leurs formations respectives, était en jeu. Aujourd’hui, Pedro Sánchez se retrouve dans une situation délicate. L’ensemble du bloc de droite va s’opposer à son investiture.

Nous verrons dans les semaines à venir ce que peuvent bien donner les éventuelles discussions avec le PSOE et Podemos. A nouveau, le PNV se situe en bonne posture pour ré-enclencher sa négociation (son négoce). Il est néanmoins patent que le gouvernement qui pourra émerger de l’accord entre Pedro Sánchez et Pablo Iglesias va être un gouvernement extrêmement faible qui ne bénéficiera pas du soutien des pouvoirs factices qui dirigent en sous-main l’Espagne, notamment, l’oligarchie économique, l’armée et la Guardia Civil… Ainsi, les possibilités d’un réel débouché politique sur la question de l’autodétermination de nos Nations sont totalement nulles. Le PNV quant à lui va faire le maximum pour qu’une discussion s’instaure avec la Catalogne et que des “gestes” qui ne remettent pas en cause le cadre autonomique de l’État espagnol soient formalisés. Mais même sur ce registre, les marges de manoeuvre de Pedro Sánchez vont être très restreintes, et le temps lui sera compté car la droite va maintenir une pression considérable à son encontre afin de créer les conditions d’une reconquête du pouvoir dans les plus brefs délais. Or, il est évident qu’un choc de re-centralistation constituera l’objectif central d’un retour au pouvoir de la droite espagnole. On peut donc présager que le niveau de confrontation entre nos Nations et l’Etat central espagnol pourrait bien encore monter d’un cran dans les années à venir… Dans cette perspective, la déclaration de Llotja de Mar du 25 octobre constitue une donne importante, car elle formalise les bases d’un travail en commun entre les formations indépendantistes (basque, catalanes, galicienne,…) de l’État espagnol. Et, vue la tournure des évènements, la cohésion entre les forces indépendantistes et la synchronisation de nos processus de souveraineté respectifs représente un enjeu d’une extrême importance pour les années à venir…