Crash test

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Jakes Bortayrou
Jakes Bortayrou
Helduen euskalduntze alorreko langilea, BATERAko kidea eta Abertzaleen Batasuneko militantea.
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KatalandarParlamentuanAuzapezak&Gobernua

Gouvernement et maires catalans au Parlement catalan le 27 octobre 2017 après la Déclaration d’Indépendance.

La plupart des analystes considèrent aujourd’hui qu’on assiste à une crise du régime issu de la transition post-franquiste et même au-delà, une crise d’identité de l’Etat espagnol. Il y a une dimension historique du moment. Il y aura un avant et un après la “crise” catalane.

La Catalogne nous fascine. Les forces indépendantistes nous enthousiasment. La répression madrilène nous fait bondir. Les choix tactiques faits ou à faire par les institutions, les partis ou les mouvements populaires au coeur de la bataille nous torturent l’esprit. L’empathie est totale pour les abertzale et les réactions ou non-réactions autour de nous font d’ailleurs réapparaître les contours de l’aire abertzale souvent floutés par les alliances et les combats communs de ces dernières années.

Bien malin qui pourrait prédire à ce jour le débouché de la crise. Entre l’émergence d’un État indépendant développant des politiques émancipatrices en rupture avec celles de l’Europe néo-libérale pour lequel se battent les militant.e.s de la CUP et la reprise en main de la situation avec plus ou loin de répression, un retour de bâton électoral des forces unionistes et une désunion dramatique des indépendantistes, le champ des possibles est très large et l’inconnu, la chose la plus sûre.

Pourtant chaque jour qui passe pourtant, chaque étape franchie dans l’utilisation de la force par Madrid ou la résistance civile de la population accentue la dimension historique du moment, la rupture entre l’avant et l’après.

Crise de régime

Après le Québec dans un époque déjà lointaine ou le processus irlandais, référence majeure pour le Pays Basque, l’Écosse avait constitué une nouvelle référence pour les abertzale, montrant une voie possible malgré les menaces brandies liées à la sortie de l’Europe.

Scénario désirable car démocratique, pacifique, impliquant dans le débat politique toutes la population avec un contenu social important.

Un exemple positif après la décennie noire des indépendances des années 90 en Europe de l’Est qui virent se développer nationalismes réactionnaires, guerres et épurations ethniques.

Les événements de Catalogne qualifiés par certains de révolutionnaires dans la mesure où ils mobilisent de larges masses de façon répétée et mettent en cause le cadre légal en vigueur et l’organisation même du pouvoir, vont conditionner directement et durablement le développement du projet abertzale en Pays Basque.

Et ceci à deux niveaux : par l’expérience inédite qu’ils laisseront concernant tout projet indépendantiste, expérience qui par la proximité et les similitudes collera qu’on le veuille ou non au processus basque. A savoir, une option crédible pour l’avenir, une voie sans issue ou bien une aventure irresponsable par trop risquée. Mais aussi par l’état dans lequel sortira l’adversaire commun après la bataille. Car la plupart des analystes considèrent aujourd’hui qu’on assiste à une crise du régime issu de la transition post-franquiste et même au-delà, une crise d’identité de l’État espagnol.

Les conséquences de l’affrontement en cours auront donc une influence sur les paramètres du conflit politique au Pays Basque et induiront inévitablement des réajustements stratégiques que ce soit pour le PNV ou la gauche abertzale.

Des portes se fermeront durablement, d’autres s’ouvriront sans doute.

Europe indifférente

Parler de soi lorsque les autres sont dans la tourmente peut paraître inconvenant. Les Catalans vivent un moment crucial de leur histoire, exaltant autant qu’angoissant. Mais ces événements constituent aussi en quelque sorte un “crash test” pour le mouvement abertzale ? A l’image de ces essais en laboratoire où l’on observe et analyse les effets mécaniques provoqués par différents chocs sur un véhicule et ses occupants. Crash test aussi pour l’Europe, un de plus après celui sur les migrants, si fortement mobilisée pour mettre la Grèce à genoux et la saigner à blanc afin que les grandes banques des pays dominants de la zone récupèrent leur mise de fond. Europe indifférente ou impuissante face à l’incapacité manifeste de l’État espagnol à la gestion démocratique des conflits. La mobilisation catalane laissera des traces bien au-delà de la péninsule ibérique.

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