Un été en Ecosse

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Depuis des années, tous les trois ou
quatre ans, les vacances me donnent
l’occasion de rencontrer mes
amis écossais et de visiter leur beau pays.
Cela me donne l’opportunité de faire part
aux lecteurs d’Enbata de l’évolution de
l’Ecosse. Bien entendu, je précise que
mes observations sont personnelles et
c’est au gré de mes rencontres que j’ai
constaté les situations que je décris.
2012 est une année particulière puisque
se sont déroulés à Londres les Jeux Olympiques.
Quelles incidences auront-ils pour
l’Ecosse et quels sont les effets de la crise?
Telles sont mes interrogations avant
mon départ.
La mode écossaise est passée
Si la canicule nous guette ici, en Ecosse
c’est plutôt la crainte d’un été pourri, menaçant
les récoltes, qui préoccupe la population.
Mais ce qui frappe le visiteur, ce
sont surtout les effets de la crise qui éclatent
à ses yeux: le nombre impressionnant
de maisons en vente, les magasins fermés,
la multiplication des charity shops qui
vendent des produits de seconde main, la
diminution drastique des touristes.
La dernière fois, en 2009, nous avions
laissé une Ecosse encore épargnée par le
début de crise. Au contraire, tout semblait
aller pour le mieux et le Parti nationaliste
écossais (SNP) était en plein développement.
Dans les rues de Dundee (quatrième
ville du pays), la mode était au port
d’emblèmes écossais et de tee-shirts
bleus ornés de la croix de Saint-André.
D’où ma surprise de voir en liquidation un
stock entier des dits tee-shirts dans le magasin
Lidl de Forres à une livre (1,20€)
l’unité! Oui, la mode écossaise est bel et
bien passée car, dans les rues, fleurissent
les emblèmes britanniques, Jeux Olympiques
obligent. Certes, le drapeau écossais
flotte partout, mais ici et là, il est
accompagné par le drapeau britannique,
alors qu’à la dernière visite, il flottait seulement
sur les bâtiments appartenant à la
Couronne (Château d’Edimbourg). Cela
s’explique aussi par les bons résultats
olympiques obtenus par les Ecossais (7
médailles d’or sur les 29 des médailles britanniques,
la France 11, l’Espagne 3 et
Euskal Herria 0) qui favorisent le regain
de cette communion apparente.
Pour en revenir à des sujets plus graves,
c’est l’apparition d’une certaine pauvreté
dans les rues d’Ecosse qui frappe. Mais il
faut tout de suite préciser que toutes les
régions ne sont pas logées à la même enseigne.
C’est indéniablement le Nord de
l’Ecosse, les Highlands et l’Ouest qui sont
frappés de plein fouet par la crise. Rappelons
que l’Ecosse est 4 fois plus grand
qu’Euskal Herria, pour 5,2 millions d’habitants.
Le nombre de maisons en vente, de
magasins fermés, d’entreprises en faillite,
saute aux yeux. La traversée de la petite
ville de Wick en direction de Thurso, tout
au nord, nous a étreint le coeur. Une désolation
diffuse et étrange y régnait. Il y a six
ans, nous l’avions laissée en pleine expansion.
Dans tous les magasins, les soldes
sont mises en évidence. On peut y faire de
sacrées bonnes affaires.
Charity shops
Plus surprenant encore: l’apparition massive
des charity shops, qui vendent des produits
et des biens de toutes sortes de
deuxième main au profit d’associations humanitaires
ou religieuses. Chez nous, même
les magasins du Secours Catholique
restent discrets alors qu’en Ecosse, ils
fleurissent partout. Certes, dans les précédents
voyages on en trouvait ici et là mais,
cette fois-ci, ils s’imposent! Que penserions-
nous, si à Kanbo, dans la rue principale,
on voyait trois ou quatre charity
shops?
Et à Inverness, la capitale des Highlands,
dans la rue principale longue de 300
mètres, s’alignent aujourd’hui trois magasins
1 pound, c’est-à-dire des magasins
qui vendent tous les articles à une livre
(1.20€) Les très nombreuses maisons en
vente, moins chères dans l’ensemble
qu’en Angleterre, créent un appel d’air qui
profitent aux retraités britanniques. Ils
viennent en grand nombre s’installer en
Ecosse.
Cette dégradation est mise sur le compte
de la crise. Cependant, étrangement, la
population donne l’impression de rester
passive. C’est une des grandes différences
avec nous car l’Ecosse a complètement
adopté le système néo-libéral. Donc,
à nouveau, les jeunes partent sans faire
de bruit rejoindre les précédentes émigrations
en Australie, en Nouvelle-Zélande ou
aux Etats-Unis. Ici, pas de manifestations
ni de grandes protestations. Le chômage
est très élevé et un des titres des quotidiens
locaux a souligné que 400 personnes
se sont présentées à un concours
pour quatre places de pompiers vacants.
On préfère se réjouir des bons résultats
des J. O.
Gabi Oiharzabal

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