Le Beaufort : une réussite économique et territoriale

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Lors de la dernière crise de surproduction, les coopératives ont décidé au sein de l’UPB le dégagement d’une quantité de lait vers la poudre pour diminuer l’offre ainsi que la mutualisation de son coût. Celui-ci a été financé par l’augmentation du prix de la plaque de caséine. La crise passée, l’UPB a décidé de maintenir le prix de la plaque de caséine de manière à ce que le syndicat puisse avoir des fonds et investir dans des opérations de communication et de promotion afin d’anticiper sur de nouvelles crises. Cet exemple montre que
la synergie est nécessaire entre les deux structures et qu’elle permet une bonne réactivité pour faire face aux situations difficiles. Avec un fromage de garde, la difficulté est d’anticiper sur les marchés. L’équilibre du système se rompt dès que la production ou les ventes varient de plus de 4%. Il arrive aussi que les ventes chutent suite à des augmentation de prix au niveau de la GMS.
Il est donc nécessaire que l’ODG puisse réguler et maîtriser son offre vis-à-vis du marché.

Le Beaufort, une communication
et des mesures pour renforcer
l’image de l’appellation
Actuellement, les troupeaux de vaches sont constitués à 50% de tarines et 50% d’abondances. Pour mieux coller à la réalité d’une image plus porteuse pour la commercialisation du produit, le syndicat encourage avec une prime la reconversion et le remplacement des vaches d’abondance par des tarines bien que ces dernières soient moins productives, dans l’objectif d’atteindre les 2/3 du troupeau en vaches tarines. Le renforcement de l’image et de la qualité du produit sont les éléments moteurs du développement du fromage Beaufort.

Le Beaufort, des paysans rémunérés
et un paysage entretenu
En 2010, le lait a été payé 630 e / la tonne soit prés du double que le lait servant à fabriquer des produits standards. Le lait d’alpage est payé jusqu’à 770 e / la tonne pour fabriquer le Beaufort d’été. Pendant les 110 jours d’alpage, les bergers qui traient les vaches et les déplacent quotidiennement sont rémunérés 120 à 150 e / jour, tandis que les fromagers peuvent percevoir jusqu’à 250 e / jour. Certes le travail est pénible et le rythme soutenu avec un réveil à 3h ou 4h du matin par tous les temps mais la valeur ajoutée permet de rémunérer correctement les paysans et les alpagistes. Ces derniers sont les garants de l’entretien de ces espaces d’altitude et génèrent une véritable économie montagnarde à base agricole qui sert de support au tourisme.

Le Beaufort: un exemple à méditer et à suivre?
Pour EHLG, il est clair que le pari fait dans les années 60 de miser sur la qualité plutôt que sur les volumes, celui de s’organiser collectivement et de se financer par l’activité économique plutôt que de dé-pendre des subventions est aujourd’hui un pari gagné. Il reste encore fragile face à la spéculation foncière et à la transmission d’un outil de travail en terme de capital à éventuellement racheter en particulier pour les hors cadre-familliaux.

Francis Poineau

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