Vol au-dessus d’un nid de coucous

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Martine Bisauta
Martine Bisauta
Ekologista, Herritar Parte Hartzeaz eta Garapen Iraunkorraz arduradun, Baionako auzapez-orde gisa.
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Georges Labazée (PS), Frédérique Espagnac (PS) et Jean-Jacques Lasserre (Modem) les 3 sénateurs des Pyrénées-Atlantiques

Georges Labazée (PS), Frédérique Espagnac (PS) et Jean-Jacques Lasserre (Modem) les 3 sénateurs des Pyrénées-Atlantiques

Coluche disait: “A la fin de la réponse, tu comprends même plus la question que t’as posée!” C’est un peu ce qui nous arrive dans l’interminable débat parlementaire dans lequel le projet de Collectivité territoriale est plongé.
Après un travail sérieux et exhaustif, le Pays Basque s’est doté d’un rapport sur son avenir institutionnel qui fait apparaître qu’il existe une disposition dans le droit français qui correspond à ses besoins et qui peut permettre une évolution efficace et démocratique du dispositif en place. Cela s’appelle une collectivité territoriale dotée d’un statut particulier, qui n’est ni un département ni une région. Cela existe déjà dans l’Hexagone et cela va se faire maintenant pour la Communauté urbaine de Lyon, entraînant au passage la scission du département du Rhône.
La demande est limpide. Mais les voies du pouvoir sont impénétrables et, une fois de plus, le choix a été fait de doter le Pays Basque d’un machin qu’il ne souhaite pas.

Solutions d’opportunité pour calmer le jeu et semer le trouble
Au nom du jacobinisme triomphant dans les travées des Assemblées, on nous a concocté une solution intermédiaire destinée à nous faire patienter un ou deux siècles supplémentaires, un objet politique pas vraiment identifié, qui présente beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages pour la bonne gestion des politiques publiques sur ce territoire.
En fait, la réponse gouvernementale est contrainte par les attaques violentes de nombres d’élus, notamment socialistes, qui combattent avec une hystérie pathologique toute reconnaissance du Pays Basque. Le cas de Lyon est significatif: ce qui est possible sur les bords du Rhône est rédhibitoire sur les bords de Nive et d’Adour. Le problème est là et seulement là! Tout le reste n’est que littérature! Et cela, dans un contexte où les hostilités reprennent contre Seaska, où les engagements sur la signature de la Charte européenne sur les langues régionales sont remis aux calendes grecques! Alors de façon brouillonne on concocte des solutions d’opportunité destinées à calmer le jeu et surtout à semer un trouble dévastateur sur le mode “un tiens vaut mieux que deux tu l’auras”. On connaît le film et on nous permettra de ne pas applaudir à la fin!

Pourquoi c’est toujours JAMAIS quand il s’agit du Pays Basque ?
Au moment où ces lignes sont écrites, je ne peux préjuger des nouveaux soubresauts qui risquent de se produire dans les jours qui viennent. Il se peut que la proposition du gouvernement soit mise à mal à l’Assemblée nationale alors qu’elle a passé les fourches caudines du Sénat! Et de façon encore plus surprenante, la remise en question pourrait venir de la même famille politique que celle qui a inventé la solution… Vous suivez toujours?
Je comprends vos interrogations, votre état de sidération et, au bout du compte, votre désarroi devant la pièce qui se joue sous nos yeux et qui donne de ces jeux politiques une infernale vision.
Il va falloir se bouger. A cet autisme permanent doit répondre une mobilisation sans faille, il faut arracher une réponse à cette lancinante question: pourquoi c’est toujours JAMAIS quand il s’agit du Pays Basque ?