Etre un jeune basque engagé

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Enbata: Comment s’est passé l’Assemblée générale du Comité local d’Epargne d’Euskaldun Gazteria, vendredi dernier 28 janvier à Ainize?
Patxi Oillarburu: Une vingtaine de personnes ont participé à cette Assemblée gé-nérale. L’objectif de cette soirée était de créer l’association CLEJ (Gazteendako Aurrezkirako Lekuko Taldea en basque). Nous avons constitué un bureau de six personnes parmi les futurs cotisants présents. Maintenant nous allons rapidement pouvoir déclarer l’association en préfecture, et surtout ouvrir un compte en banque. Les cotisations pourront rapidement commencer.
Nous avons actuellement une quarantaine de cotisants et nous souhaitons arriver à 100. Nous lançons donc un appel à tous ceux qui souhaitent participer à cette épar-gne solidaire, ce n’est pas trop tard pour y adhérer! Il suffit de nous contacter.

Enb.: Vous faites appel à la souscription militante pour aider des jeunes à créer ou développer une entreprise. Cela ressemble à la démarche du GFAM Lurra en agriculture. Est-ce pour vous un bon modèle?
P. O.: Le GFAM Lurra est assurément un modèle pour nous. Cette structure existe depuis longtemps, et elle est réellement utile. En plus de permettre à des agriculteurs de s’installer, elle propose une solution à la problématique du foncier.
Nous situons le CLEJ dans ce même état d’esprit. Ces initiatives tendent à rendre l’é-conomie plus humaine, et veulent rendre la population actrice du développement de son territoire.

Enb.: Quelles sont les premières pistes du CLEJ de Basse-Navarre?
P. O.: Le CLEJ de Basse-Navarre souhaite soutenir des petites entreprises de proximité, qui participent à la dynamique du territoire. Un jeune est déjà venu nous trouver, son projet est très intéressant, mais nous ne sommes pas encore en mesure de lui donner une réponse. Les cotisations vont commencer à rentrer sur le compte, et il faudra attendre qu’il y ait suffisamment d’argent en banque pour commencer à octroyer des prêts.
Les jeunes pourront alors présenter leur projet au bureau du CLEJ, qui décidera de lui accorder un prêt (ou non).

Enb.: Etes-vous en contact avec Herrikoa, la société populaire capital-risque, tant pour démultiplier vos efforts que pour le savoir-faire?
P. O.: Une des premières personnes que nous avons rencontrées pendant la phase de gestation du projet a été Marie-Claire Sallaberry, directrice de Herrikoa, qui nous a expliqué le fonctionnement de cette structure, et nous a soutenus dans notre dé-marche. Nous avons aussi rencontré depuis Pierre Mendiboure, le président d’Herrikoa.
Herrikoa soutient les entreprises à une é-chelle plus importante que le CLEJ. Le CLEJ apporte un complément au financement de l’entreprise, et permet un effet de levier pour le démarrage d’une activité. Herrikoa intervient avec des sommes bien plus importantes et a déjà permis de sauver des entreprises, donc des emplois.

Enb.: Quelle est la motivation profonde d’Euskaldun Gazteria: vivre et travailler au pays? Un Pays Basque économiquement maître de son destin? Rééquilibrer le Pays Basque urbain et rural?
P. O.: Je dirais que c’est principalement «vivre et travailler au pays». On retrouve ce slogan sur des autocollants des années 70, mais nous sommes convaincus que c’est toujours autant d’actualité.
Cependant nous sommes conscients que nous n’habitons pas dans n’importe quel territoire rural d’Europe. Nous situons notre action au Pays Basque et nous voulons agir au cœur de ses spécificités et de ses problématiques. Nous agissons donc aussi pour que le Pays Basque soit maître de son destin, économiquement, socialement et dans tous les domaines qui structurent la société.