Logement et circulation ont leur propre solution !

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Peio Etcheverry-Ainchart
Peio Etcheverry-Ainchart
Formakuntzaz historialari eta lanbidez editore. Abertzaleen Batasunako kide eta Donibane Lohitzuneko Herriko Etxean hautetsi abertzalea.
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A63

L’A63, toujours plus large, toujours plus de pollution.

Parmi les mesures qu’EH Bai propose dans la 6ème circonscription (Biarritz-Cambo), il en est une qui n’a surpris personne, et une autre que l’on n’attendait pas. Toutes deux ont reçu un excellent accueil. Résidences secondaires dans le domaine du logement, poids-lourds dans le domaine des mobilités…  au nom de l’impact social, économique et environnemental que produit un phénomène, on le sollicite pour aider au financement des politiques publiques qu’il contribue à entraver.

L’idée de financer les modes de circulation vertueux en sollicitant les moyens de transport polluants était le principe de l’écotaxe poids-lourds, scandaleusement abandonnée sous pression des bonnets rouges, et que nous proposons de réintroduire en y incluant les réseaux concédés tels que l’A63.

Avec le logement et l’emploi, les mobilités sont une préoccupation majeure des gens sur le littoral et l’entrecôte. Il suffit d’entrer ou de sortir de Bayonne, Biarritz ou Saint-Jean-de-Luz aux heures de pointe pour s’en rendre compte. Conséquences : pollution, bouchons, coût pour l’usager, stationnement, stress, et surtout un vrai fléau de santé publique et d’aménagement du territoire. Pourtant, on ne cesse d’avoir l’urgence climatique et sanitaire à la bouche, en particulier en période électorale ; on ne cesse de déplorer la pollution ambiante, les bouchons sur les routes et les soucis de stationnement ; et on se pâme devant les réussites grenobloises en matière de mobilités…

Mais voilà, nous paraissons subir comme une fatalité la logique du “tout-voiture”, faute de réseaux de transports en commun efficients : le réseau actuel est trop faible en rotations, en couverture géographique notamment vers le Labourd intérieur, les bus ne circulent pas assez en site propre, n’ont pas de tarification assez intéressante pour supplanter la voiture.

C’est normal, financer un tel réseau est extrêmement cher. Le pire, c’est que le coût des transports en commun est assuré par l’Etat et les collectivités territoriales donc par le contribuable, alors que ce dernier ne peut que rarement en profiter au quotidien.

Un développement de ces réseaux supposerait soit d’augmenter les impôts, soit d’augmenter la dette publique, ce qui n’est guère souhaitable.

EH Bai met en parallèle cette situation avec le constat des trois millions de poids-lourds qui traversent chaque année le Pays Basque, soit plus de 8.000/jour. Ceux-là, qui à Biriatou en montée à pleine charge polluent chacun autant que 27 voitures, paient si peu de taxes qu’on les préfère toujours au report modal, au ferroutage ou au merroutage.

On leur élargit carrément l’autoroute en ce moment même, aveu d’un bel avenir pour cette activité pourtant première émettrice de gaz à effets de serre.

En grossissant à peine le trait, il coûte bien moins cher de polluer un territoire que d’y financer des transports collectifs propres !

D’où l’idée de financer les modes de circulation vertueux en sollicitant les moyens de transport polluants. C’était le principe de l’écotaxe poids-lourds, scandaleusement abandonnée sous pression des bonnets rouges, et que nous proposons de réintroduire en y incluant les réseaux concédés tels que l’A63.

Manque de logements ?

Cette proposition relève de la même logique que celle de la contribution spécifique aux résidences secondaires. Ces dernières, qui représentent entre 40 et 50% des logements de Biarritz, Bidart ou Saint-Jean-de-Luz, par le poids qu’elles ont pris aujourd’hui sur le parc immobilier creusent le manque de logements.

Un manque totalement artificiel puisque entre tous les appartements et les maisons recensés aujourd’hui, il existerait largement assez d’habitations pour tout le monde si la moitié d’entre eux n’étaient pas vides : 26.000 habitations pour 26.000 Biarrots, 14.000 habitations pour 14.000 Luziens ! Un pour un, et on parle de “manque”!

Conséquences : hausse effrénée des prix du foncier donc difficultés à se loger, report de cette pression foncière sur tout le Labourd intérieur, éloignement des lieux de travail et de domicile qui génèrent les mobilités évoquées plus haut, nécessité de bétonner toujours plus pour construire de nouveaux logements dont on n’a pas besoin…

D’où la proposition renouvelée de contribution spécifique à diriger vers la politique foncière et sociale, la surtaxe actuelle étant non seulement mal ficelée, mais de toute manière en sursis puisque le nouveau président s’apprête à modifier le régime de la taxe d’habitation.

Faire d’un problème sa solution

Résidences secondaires dans le domaine du logement, poids-lourds dans le domaine des mobilités… la logique peut être reproduite dans de nombreux domaines mais elle est frappée du sceau de la justice et de la morale : au nom de l’impact social, économique et environnemental que produit un phénomène, on le sollicite pour aider au financement des politiques publiques qu’il contribue à entraver.

Là réside l’une des grandes cohérences – et à mon sens des grandes vertus – de la philosophie politique du mouvement abertzale.

Evitant tout dogmatisme mais se fondant sur des principes clairs, il s’agit d’aménager un pays de manière pragmatique en utilisant les outils de la puissance publique.

L’horizon : un Pays Basque doté d’une politique sociale juste, d’une politique économique équilibrée, le tout contribuant à son petit niveau à préserver la planète ainsi que notre propre santé.

La meilleure des raisons pour voter abertzale !