L’avenir de l’entreprise et de l’emploi en question

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Pantxoa Bimboire
Pantxoa Bimboire
Xokolatearen arloko Sarl baten kudeatzailea, SA baten zaintza batzordeko kidea, Baiona eta Iparraldeko Merkatal eta Indusria Ganbarako Lehendakari Ordea (Industriaren arduradun), Eskualdeko Komertzio Ganbarako hautetsia (Finantza Batzordean), banku andiminstratzailea (Société Locale Caisse d’Epargne Pays Basque), Lantegiakeko (Euskal Herriko enpresen eta enpresarien elkarteko) kide.
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PB

Dans le cadre du centenaire d’Eusko Ikaskuntza, un important travail de réflexion a été mené, notamment sur les relations au travail, à l’entreprise et l’évolution des emplois dans les prochaines années. Il ressort que la technologie n’est pas une menace structurelle pour l’emploi en Euskadi. Nous avons les capacités d’en tirer profit pour satisfaire de nouveaux besoins, libérer le travail, développer les compétences.

Eusko Ikaskuntza fête donc ses 100 ans en 2018. Le calendrier des manifestations liées à ce centenaire a déjà débuté le 2 juin, avec une assemblée générale. La clôture aura lieu en octobre à Oñati, haut lieu de l’excellence et de l’universalisme dans les siècles passés. Je suis rentré par hasard dans cette association. Le lehendakari d’Iparralde était Jean-Michel Larrasquet, dont je ne peux ici évoquer les nombreuses qualités faute de place. N’étant pas enclin aux “réflexions trop intellectuelles”, j’avais limité mes apports au domaine de la micro économie d’Iparralde. Un des cinq thèmes qu’Eusko Ikaskuntza a décidé d’aborder à l’occasion de ses 100 ans concerne les Modèles d’entreprises et relations de travail. Vaste sujet dont l’intérêt n’a d’égal que sa complexité. Les volontaires étaient donc réunis le 7 juin à Bilbo pour plancher et échanger sur le sujet. Nourrissant quelques craintes sur les possibles intervenants, que l’assistance soit par exemple davantage publique que privée et ne voulant représenter seul la parole d’Iparralde, j’avais bien tenté un appel au lantegiak pour m’accompagner dans cette galère, mais en vain. Jean-Roch Guiresse, ancien directeur de l’Estia et professeur d’économie, était néanmoins présent. Ne restait plus qu’à déblayer le sujet avant d’échanger sur ces modèles d’entreprises, en ciblant notamment l’exemple Bizkaitar. La rentabilité du capital y est encore actuellement plus forte que la moyenne européenne avec 1.5% contre 1.3%. Cette même rentabilité, aux heures de gloire de la province, il y a une cinquantaine d’années, était paraît-il de 2.5%. Les minima salariaux devaient être modestes. Les entreprises y restent cependant, encore aujourd’hui, fortement industrielles, se doublant d’une forte technicité dans de nombreux domaines de pointe mais restent très pauvres dans le secteur des services. Le chômage y est encore important mais se résorbe, sans vision claire sur les 40 prochaines années en raisons de paramètres aléatoires tels que la technicité, la compétitivité chinoise ou les flux migratoires. Ces présentations malheureusement excluaient la Navarre, Iparralde et le domaine agricole.

Relations de travail

Des échanges suivants, il est notamment ressorti que les relations de travail sont dépendantes de la typologie de l’entreprise : dans le spectre peu de points communs entre le groupe international à capital type “hedge funds” qui délocalise au gré des rentabilités et la petite affaire familiale de moins de cinq personnes ou la coopérative dont le statut est spécifique et participatif. Un gage néanmoins d’évolution positive est de passer de la culture du conflit à la culture de participation, dans les décisions, la stratégie, le capital ou la répartition. Mais dans un monde qui n’est pas encore celui des Bisounours, il est nécessaire de réaliser des bénéfices pour prétendre à une politique sociale. De même les intervenants ont souligné l’importance de facteurs extérieurs tels que les achats territoriaux, la participation aux initiatives, l’environnement, la culture ou même l’euskara ou la possibilité de faire varier l’équilibre de partages des résultats au cours de la vie de l’entreprise. Quant à savoir si le but de l’entreprise est le bien-être et l’intégration dans la société, la question est restée ouverte.

Evolution de l’emploi

Une autre table, fort bien pourvue avec notamment trois anciens ministres du gouvernement basque ou un cadre de l’Unesco, s’est attachée à échanger sur la question de l’emploi. Dans une société globalisée, très numérisée et robotisée, comment concilier économie compétitive et génératrice de richesse avec la Cohésion Sociale ? Comment éviter une polarisation clivante entre, d’une part, des emplois à haute qualification difficiles à pourvoir, et d’autre part des emplois précaires à basse qualification. Chacun était invité à formuler spontanément un scénario souhaité, osant l’utopie ; puis le groupe était appelé à s’entendre pour classer les visions, selon un désaccord ou consensus. Ambiance très humaniste et pour le coup, un rien Bisounours. Les tenants des scénarios prospectivistes ont volontiers relativisé les projections démographiques (en brut, elles prédisent pour Euskadi un chômage structurel de 2% en 2050), dans l’incapacité d’évaluer notre aptitude à maîtriser les ruptures technologiques, sans projection sur l’impact des migrations et des confrontations entre éléphants économiques tels Chine et USA, ni sur la notion de futur européen.

Economistes attérrés

Cependant, agréable surprise, un consensus s’est dégagé autour des pistes que parcourent Thomas Coutrot et d’autres “économistes atterrés”. Il ressort donc que la technologie n’est pas une menace structurelle pour l’emploi en Euskadi.

Nous avons les capacités d’en tirer profit pour satisfaire de nouveaux besoins, libérer le travail, développer les compétences. Un pacte social est nécessaire et possible, pour obtenir que soit limité l’écart des revenus. Une revalorisation des rémunérations est souhaitable pour les emplois de service à la personne, ainsi que pour des emplois industriels dits non-qualifiés, qui auront bientôt du mal à trouver des postulants. La formation tout au long de la vie est la clé essentielle pour maintenir la différentiation de l’offre et pour préserver le droit de chacun à un emploi digne et inclusif, son employabilité, sa liberté de choisir.

Enfin, la notion de revenu universel soulève de nombreuses questions. Les participants connaissent bien notre RSA et la notion progressiste de “garantir à chacun la satisfaction de besoins de base” a prospéré parmi les intervenants.

Les débats préalables au congrès ont duré plus de deux ans. Ils ont produit un Livre Vert (les points-clés et le diagnostic général des idées et concepts abordés) et un Livre Blanc (options et propositions répondant au questionnement du Livre Vert) consultables sur Internet.

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