La vague populiste !

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Martine Bisauta
Martine Bisauta
Ekologista, Herritar Parte Hartzeaz eta Garapen Iraunkorraz arduradun, Baionako auzapez-orde gisa.
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Contradictions1Au moment où la planète connait des évolutions climatiques préoccupantes qui nécessiteraient des gouvernements conscients des enjeux et capables de prendre les décisions qui s’imposent, ce sont des individus pratiquant des discours faciles et dangereux qui raflent la mise ! L’Italie tout récemment avec la Lega et le Mouvement 5 étoiles, les Etats-Unis il y a deux ans, le Brésil prêt à basculer dans quelques jours, le Brexit qui plonge la Grande- Bretagne et l’Union Européenne dans une impasse, jusqu’au modèle social-démocrate suédois qui vient de connaitre une poussée historique de l’extrême-droite ! Sans bien entendu oublier le deuxième tour de la présidentielle en France…

Que ces mouvements d’origine très diverses soient issus de l’extrême-droite, de droites nationalistes ou de mouvements de gauche radicale, on note des proximités idéologiques qui interrogent. La théorisation des 2 pôles “ami ou ennemi”, le culte du “Chef”, la galvanisation des foules, dessinent des approches semblables et très radicales. La théorie du complot tient une grande place dans le discours de ces mouvements et toute critique fait l’objet de violentes contre-attaques de la part de militants entrainés et largement nourris d’éléments de langage formatés.

Le socle de ces mouvements peut s’incarner dans les valeurs les plus passéistes, retour aux religions, misogynie, racisme, prônant un retour à la nation triomphante style “america great again”, mais aussi faire l’apologie du souverainisme au nom d’une théorie anti-capitaliste très en vogue actuellement par exemple chez la France Insoumise . Et cela avec des digressions surprenantes comme celles de Mélenchon déclarant il y a peu “s’il faut choisir entre l’euro et la souveraineté nationale, je choisis la souveraineté nationale” ! Et de nous refaire le coup de l’Allemagne ennemie… Pour d’autres cela peut être la Chine, l’Iran ou la Corée du Nord, mais cela répond à la même nécessité de désigner “l’ennemi” à la vindicte du peuple !

C’est fastoche et les élections récentes démontrent à l’envi que cela peut rapporter gros ! Le modèle économique des pays les plus riches connait une crise sans précèdent et qui se double d’une crise écologique qui de façon diffuse frappe les esprits et inquiète. Modèle à bout de souffle qui a épuisé une grande partie des ressources, qui a pesé sur tous les équilibres géopolitiques, qui a favorisé les plus redoutables inégalités entre les individus et les territoires.

C’est bien à ce modèle qu’il faut trouver une suite et le temps presse, insuffler de l’espoir, se retrouver pour construire un nouveau mode de développement qui est possible si la majorité des gouvernements le décident très sérieusement. Ne pas comprendre que l’accentuation de la situation actuelle ne pourra que conduire les différents pays à se trouver les leaders qui feront leur miel de la misère, de la détresse, est pure folie !

Le 21ème siècle s’annonce comme celui de toutes les migrations politiques, économiques, écologiques et ceux qui actuellement attisent les feux, qui proposent comme solution le repli sur soi, et les barbelés comme avenir créeront un monde invivable où l’ennemi extérieur sera refoulé mais où à l’intérieur les riches devront se protéger des plus pauvres derrière les murs de leurs propriétés…

Au printemps 2019, les élections européennes seront celles de tous les dangers. Lors de celles de 2014, j’écrivais que les “étonnés du 25 au soir” m’étaient totalement insupportables et que leurs appels “au réveil des consciences” n’étaient qu’hypocrisie. On les reverra à l’oeuvre, mendiant les suffrages avec de misérables programmes identiques à ceux des 40 dernières années, renonçant encore une fois à concevoir une page nouvelle qui pourrait générer un peu d’espoir !

Sortons de ce système où un jour on s’affole du réchauffement de la planète et où le lendemain on se réjouit des bonnes ventes d’Airbus écrivait ce 1er septembre Stéphane Foucart dans Le Monde.

Sortons de ces contradictions permanentes, de cette religion du toujours plus, nous avons furieusement besoin d’un nouveau métabolisme social et de projets qui nous émancipent de cette camisole que beaucoup nomment encore “progrès” !

Si le discours dominant devenait celui d’une économie “décarbonnée” et relocalisée, du soutien aux énergies renouvelables, des communs qui privilégient la valeur d’usage et qui ont été très présents par le passé, de la sécurité alimentaire et sanitaire, du lien social, de l’aide aux pays les plus vulnérables… on pourrait alors imaginer que la politique a encore du sens !

Tout cela figure en grande partie dans l’Accord de Paris… mais qui imagine en faire autre chose qu’une incantation régulière à la tribune de l’ONU ?