Les abertzale de CiU reprennent le pouvoir en Catalogne

PrintFriendly and PDF

La coalition de gauche (socialistes, indépendantistes et Verts) subit un sérieux revers aux élections autonomiques
du 28 novembre. Le futur président Artur Mas gouvernera sans disposer de majorité absolue au parlement catalan. Un nouveau parti indépendantiste, SCI (Solidaritat Catalana per la Independència), fait irruption sur la scène politique catalane. Tous préparent déjà la seconde manche avec les élections municipales de l’an prochain où CiU compte bien ravir aux socialistes la mairie de Barcelone. 

APRES sept ans de cure d’opposition, CiU (l’équivalent du PNV en Pays Basque) revient aux affaires. La formation dirigée par Artur Mas a obtenu le 28 no-vembre 38,5% des voix et 62 députés sur 135 au parlement catalan, à six sièges de la majorité absolue (32,5% et 52 sièges aux élections autonomiques de 2006). Certes, elle n’atteint pas les scores des années 80-90, à l’époque de l’inamovible Jordi Pujol, qui lui permettaient d’obtenir la majorité absolue en sièges. Mais CiU dirigera seul la Catalogne en nouant quelques alliances ponctuelles avec un partenaire ou en bénéficiant de l’abstention bienveillante d’un autre.
Les socialistes qui dirigeaient la Catalogne obtiennent le score le plus faible de leur histoire depuis trente ans, avec 18,32% des voix et 28 députés, soit une chute de 9 points et de 9 élus. Leur effondrement s’expliquerait par la crise économique globale et les mesures impopulaires de rigueur prises par Zapatero en Espagne, mais également par le laminage du nouveau statut d’autonomie catalan. Promis par la coalition de gauche, adopté à une écrasante majorité par le parlement catalan puis par référendum, les institutions espagnoles (Cortés et Tribunal constitutionnel) n’ont eu de cesse de le vider de son contenu au fil des ans. Les socialistes payent aujourd’hui le prix de cette facture.
Le taux de participation à cette élection, 60%, plus élevé de quatre points à celui de 2006, n’est peut-être pas étranger au ressentiment des Catalans à l’égard des Espagnols. L’usure du pouvoir et la démission du président socialiste et ancien maire de Barcelone Pasqual Maragall, le manque de panache de son remplaçant José Montilla, ont sans doute contribué également à la défaite socialiste. L’ex-président Montilla a annoncé qu’il démissionnerait de son poste de simple député et prépare désormais sa succession pour faire émerger aux commandes du parti une nouvelle génération. Bien que le résultat du 28 ne soit pas transposable à celui d’élections générales, Zapatero vient de perdre avec la chute de Parti socialiste en Catalogne, un de ses atouts majeurs.
 
ERC s’effondre
Les républicains indépendantistes d’ERC, alliés des socialistes au pouvoir, voient s’effondrer leur représentation. Ils en perdent la moitié en passant de 14% des voix et 21 député hier à 7% et 10 députés aujourd’hui. Ils retrouvent leur score des années 90 et dégringolent de la 3e à la 5e place, derrière les Verts et surtout le PP. La gestion du pouvoir ne leur a pas profité, avec de fortes dissensions internes et des scissions. Le leader du parti, Josep-Lluis Carod-Rovira qui avait fait faire à l’ERC un véritable bond en avant, a été «défenestré» pendant la campagne électorale et deux autres partis indépendantistes sont nés. Un ensemble de plate-formes et de mouvements divers sont apparus depuis deux ans, autour de l’organisation des référendums municipaux en faveur de l’indépendance, tout cela plutôt en marge d’ERC. Sous la houlette de Joan Puigcercós, ces derniers temps le parti a oscillé entre un «indépendantisme express» à mettre en œuvre sur le champ et la gestion du pouvoir avec une gauche qui ne voulait pas entendre parler de ces projets. Ajouté à l’échec du nouveau statut d’autonomie réduit à néant par ses alliés socialistes, tout cela a contribué à l’affaiblissement d’Esquerra Republicana de Catalunya.
Le troisième allié au pouvoir à Barcelone était l’ICV (Verts). Il est le seul du trio à «sauver les meubles» avec une érosion relative: comptant aujourd’hui 10 députés et 7,40% des voix, il perd seulement 2 points et 2 élus par rapport à 2006. Il résiste donc beaucoup mieux que ses partenaires.
On considère que les 22 députés et 80% des 470.000 voix perdues par les trois partis de gauche, se sont déplacés vers CiU et SCI, la nouvelle formation indépendantiste.
 
Le PP progresse et nouveau parti indépendantiste
Le PP devient le troisième parti de Catalogne avec 18 députés (+4) et 12,33% des voix, soit deux points de plus. Il s’agit d’un de ses meil-leurs résultats depuis trente ans. Il croît tout particulièrement dans la ceinture de Barcelone, fief traditionnel du PSOE. Le Parti populaire caresse ainsi l’espoir de soutenir CiU au pouvoir et d’influer ainsi sur la vie politique d’un pays où il a beaucoup de mal à s’implanter réellement. Son bon score comme l’importante progression de CiU, classé à droite, réjouissent les dirigeants espagnols du PP, dans la mesure où ils annoncent la chute des socialistes, en quelque sorte le prélude de l’éviction de José Luis Rodriguez Zapatero.
Le petit parti purement espagnoliste Ciutadans (CS) qui a axé sa campagne contre l’apprentissage majoritaire du catalan dans l’enseignement, maintient sa représentation avec trois députés et augmente légèrement en voix, de 3% à 3,40%. Au parlement régional, il fera partie du futur Groupe mixte avec son opposé absolu, la nouvelle formation indépendantiste Solidaritat Catalana per la Independència (SCI) qui obtient 4 députés et 3,30% des voix. Créée récemment par Joan Laporta, l’ancien président du Barça le club de football de Barcelone, celle-ci a déclaré qu’elle ne soutiendrait CiU que si ce dernier déclare unilatéralement l’indépendance… L’irruption de SCI sur la scène politique constitue la grande nouveauté de ce scrutin.
 
Le vote souverainiste
Au total, si l’on additionne les scores des partis souverainistes CiU, ERC et SCI, ils gagnent 7 sièges et 3 % des voix par rapport à 2006 et détiennent au parlement catalan une majorité absolue de 76 députés sur 135. Les partis espagnolistes (socialistes, PP, ICV et CS) perdent 7 députés et 8,6%, du fait de l’augmentation de la participation en 2010. Différents instituts de sondage chiffrent à 25% l’électorat catalan susceptible de voter en faveur de l’indépendance. CiU accentue le chapitre souverainiste de son programme, mais elle ne parle pas ouvertement d’indépendance dans son discours. Comme le PNV, elle défend le «droit à décider sans limite». Avec la remontée de CiU et l’émergence de SCI plutôt de tendance libérale, on assiste à un glissement à droite du souverainisme catalan.
Un parti d’extrême droite, Plataforma per Catalunya (PxC), xénophobe et «centré sur la sécurité et le contrôle de l’immigration», n’a pas réalisé la percée escomptée: aucun élu et 2,42% des suffrages. Enraciné dans les zones urbaines particulièrement touchées par le chômage et où se concentrent des populations immigrées, PxC espère effectuer une montée en puissance aux prochaines municipales et mordre sur l’électorat PP.
Conséquences pour Euskal Herri
Ces élections du 28 novembre ne sont pas sans effet en Pays Basque. Les socialistes espagnols avaient un besoin impératif du soutien des députés PNV pour approuver le budget de l’Etat. Demain, CiU n’aura de cesse que de proposer aux Espagnols ses bons et loyaux services pour obtenir des transferts de compétence au profit de la Catalogne. Du coup le poids des voix des six députés PNV aux Cortés chutera dangereusement. La tentation sera forte pour le PSOE de revoir à la baisse les engagements de transferts signés avec les Basques, alors que l’encre du paraphe est à peine sèche. Le PNV espère évidemment que le scénario de l’éviction des socialistes et le retour au pouvoir de CiU laisse augurer d’une dynamique semblable, un jour prochain en Pays Basque.
Le futur président catalan Artur Mas se trouve désormais au pied du mur. Vainqueur, il sera investi par le parlement catalan vers le 17 décembre et constituera son gouvernement pour le 3 janvier. Il se pose évidemment en grand rassembleur et tend la main à tous les partis sans exclusive, tant «nous avons besoin de tous» pour surmonter une crise économique gravissime. En coulisse, les mauvaises langues susurrent qu’Artur Mas compte sur une abstention des députés PP au deuxième tour, pour être élu président. D’autres affirment que ce seront les socialistes qui s’abstiendront au second tour, en fonction du discours-programme d’Artur Mas.
Successeur de Jordi Pujol (1) avec lequel il doit supporter la comparaison, il a fait la preuve de ses talents et de sa constance durant sept ans pour conquérir un pouvoir qu’il n’a pas obtenu en héritage. La campagne électorale fut dominée par le débat sur le déficit fiscal dont pâtit la Catalogne au profit du reste de l’Espagne: «Nous payons plus et nous bénéficions de moins» de services; on nous parle de solidarité, mais nous devons être solidaires à l’égard de notre propre population.
Le principal chapitre du programme de CiU est l’obtention d’un statut fiscal équivalent à celui des Basques, c’est-à-dire le «concierto economico» garantissant une maîtrise très importante de la fiscalité. Actuellement, la Catalogne contrôle entre 55 et 58% des impôts, selon les assiettes. Artur Mas a annoncé que son soutien à un gouvernement espagnol passerait par l’obtention du pouvoir fiscal. Selon plusieurs en-quêtes d’opinion, plus de 60% des Catalans appellent de leurs vœux l’instauration d’un «concierto economico» ou d’un nouveau «pacte fiscal».
L’autre volet de l’action de CiU porte sur les prochaines élections —municipales— qui constituent en quelque sorte la deuxième manche du scrutin du 28 novembre. Il s’agira dans six mois, d’enraciner davantage le parti dans le pouvoir local et surtout de ravir aux socialistes le principal joyau de la couronne, Barcelone la capitale. En politique, aucune position n’est acquise définitivement, le combat du jour annonce le suivant. Et comme en amour, il n’est pas de citadelle imprenable… il n’y a que des citadelles mal attaquées.
(1) Surnommé hier le «vice-roi d’Espagne» ou le «nain» par une opinion publique espagnole qui ne le supportait pas, il demeurera célèbre, non seulement pour sa longévité au pouvoir, mais surtout pour sa capacité à faire et défaire les majorités aux Cortés. 

Batasuna veut être présent
aux prochaines elections

NOUVELLE grand’messe le 27 novembre à Iruñea. Une pléiade de cadres et responsables de l’ex-Batasuna ont annoncé la création d’un nouveau parti «en conformité avec la loi» et qui «devra rejeter l’usage de la violence». Il devrait présenter des candidats aux prochaines élections municipales et forales de mai 2011 et prévoit la présentation de son programme et les listes de candidats pour les 11 et 18 décembre prochains. Les deux porte-parole du mouvement, Rufi Etxeberria et la maire d’Hernani Marian Beitialarrangoitia, ont indiqué que dans «la stratégie indépendantiste et socialiste de ce nouveau projet politique, il n’y aura aucune place pour une forme d’action violente (…). Ce nouveau projet basé sur des moyens exclusivement politiques et démocratiques doit être ferme et sans équivoque, non soumis à des variations tactiques ou à des facteurs conjoncturels». Cette prise de position n’est pas nouvelle, elle n’est que le rappel de déclarations antérieures. Elle semble s’adresser au gouvernement espagnol et à ETA. Le second garde toujours le silence. Quant au premier, il poursuit sur la voie de la répression et considère que de telles déclarations sont insuffisantes et que manquent toujours des «faits dignes de foi» démontrant une «rupture» avec ETA «ou bien qu’ETA disparaisse». Le dialogue de sourds semble donc toujours à l’ordre du jour.
La veille du 27 novembre, le PP et le PSOE ont signé un accord portant sur la modification de la loi électorale afin de permettre l’expulsion des élus qui émanent de formations liées à Batasuna. En revanche, un discret rapport du ministère de l’Intérieur du gouvernement basque prépare un plan de restructuration de la police du pays lorsqu’ETA aura disparu.

GIZARTEA

Quel avenir
pour Iparralde ?

L’hebdomadaire L’Express consacre sa couverture et un reportage au “Pays Basque victime de son succès”.
En voici la relation.

Enfin un journaliste de la presse hebdomadaire française qui porte un diagnostic relativement juste sur Iparralde. L’hebdomadaire L’Express a fait son grand titre ainsi: «Le Pays Basque victime de son succès» et il pointe dans ses sous-titres les maux dont il souffre: Flambée de l’immobilier, circulation difficile, menaces sur l’identité.
Il faut entrer dans le cœur de l’article pour avoir l’explication de cette situation: la
forte immigration dont est victime le Pays Basque Nord. Les abertzale qui depuis longtemps la dénoncent, même si c’est discrètement et pratiquent volontiers sur ce sujet l’auto-censure, se trouvent légitimés par cette enquète. Car est posé le principal paramètre qui va conditionner notre futur collectif. Comment sur un tout petit territoire de 2.900 km2 pourra-t-on accueillir indéfiniment une population allogène à la recherche d’un endroit convivial et où il fait bon vivre sans le défigurer d’une manière irréversible? Cette situation est tout à fait nouvelle dans l’histoire d’Euskal Herria. Jamais ce phénomène urbain ne s’est produit à une telle échelle.

Nos élus n’ont rien vu venir
Mais qui chez nous, dans ce monde en profond bouleversement, peut raisonner à 20 ou 30 ans? Qui chez nous dénonçait il y a trente ans ce que serait le Pays Basque d’aujourd’hui? Bien entendu, cette situation ne concerne pas seulement le Pays Bas-que mais de nombreuses régions françaises mais aussi du monde entier: c’est une problématique mondiale.
L’article commence avec ces mots: «Pau-vre Pays Basque, si longtemps intact (…) le voici qui s’en va d’un coup…» Ces mots de Pierre Loti écrits il y a un siècle nous pouvons les faire nôtres mais en y ajoutant d’autres raisons bien plus profondes et inquiétantes que l’auteur de «Ramuntxo» et que celles du journaliste de L’Express. Nous avons le sentiment que nous sommes en train de perdre quelque chose d’essentiel de notre identité. Cela va bien au-delà de la nostalgie. La marchandisation généralisée du Pays Basque, de ses symboles et de ses habitants nous conduit à une mutation qui est bien plus importante que les querelles intestines du moment des abertzale qui paralysent et accaparent les forces vives d’un pays qui n’en finit pas de se chercher. Après le gâchis énorme d’avoir laissé passer la chance historique du pacte de Lizarra-Garazi des années 98-99, il faudra bien un jour que les abertzale qui prétendent être les authentiques porteurs des valeurs de ce Pays se penchent sur le devenir commun du Zazpiak Bat. Mais cela ils doivent le faire avec ceux qui vivent sur ce territoire si exigu et si fragile.
Nos élus n’ont rien vu venir et qu’auraient-ils pu faire? 30 % de résidences secondaires de plus en 7 ans. 30.000 habitants de plus en 10 ans. Chaque année 9.000 personnes élisent domicile en Iparralde. Mais les 2.900 km2 de notre territoire ne bougent pas. Et que dit au journaliste de L’Express le maire de Saint Jean de Luz: «Notre pays séduit; nous ne pouvons pas nous en plaindre». Et ce raisonnement à courte vue est probablement partagé par la plupart des maires qui sont aux affaires.

Affecter la cohésion à Iparralde
L’article de L’Express souligne que les nouveaux habitants sont souvent de riches retraités séduits par les atouts exceptionnels de notre pays. Comme le souligne Benjamin Peyrel, «cette population nouvelle bouleverse en profondeur les équilibres locaux». Les conséquences se font sentir dans plusieurs domaines. D’abord l’immobilier. En moins de 10 ans, le prix des terrains a grimpé de 145%, celui des maisons individuelles de 99% et celui des appartements anciens de 126%!
Nous ne sommes plus devant une évolution lente, progressive, équilibrée. L’entrée dans le nouveau millénaire se fait sous le signe du bouleversement, de mutations incontrôlées. Cela obligera toutes les parties intéressées à raisonner sur un nouveau paradigme: celui d’un collapsus à terme entre l’exiguïté de notre territoire et l’arrivée massive dans les 20 ans à venir d’une population estimée à plus de 30.000 personnes à l’horizon des années 30. Si rien n’est fait, les Basques seront définitivement marginalisés. Certes, il existe dans la culture basque une certaine capacité à l’accueil et à l’intégration. Cela est possible si le rythme est à la mesure de la capacité d’intégration. Mais tout le monde en con-vient: tout va trop vite. Et dans cette course contre la montre, ceux qui sont les premiers interpellés sont les abertzale. Mais pas eux seulement.
Les défis sont devant nous: Peut-on et comment ralentir le flux migratoire? Comment aider les nouvelles populations à faire de notre terre, la leur? Comment protéger l’agriculture paysanne et l’espace qui lui est indispensable? Comment faire de l’euskara une langue développée et épanouie et non pas réduite au témoignage sachant que la population locutrice —celle qui vo-lontiers parle naturellement en euskara— à l’horizon de l’an 2020 sera aux environs de 30.000 personnes, soit moins de 10% de la population d’alors? Comment protéger l’espace collectif, ouvert à tous et assurer une protection du littoral? Toutes ces interrogations sont bien entendu va-lables pour tout Euskal Herria.
Mais d’abord prendre la mesure de la gravité de la situation est primordiale et, hélas, nous en sommes bien loin. Les pathétiques discussions dans le camp de la gauche abertzale, l’aveuglement et la fuite en avant des autres forces abertzale, l’incapacité des institutions existantes —le Conseil de développement du Pays Basque— empêchent d’appréhender cette problématique. Certes, on peut améliorer l’existant, créer un schéma de déplacements collectifs, faire du développement durable, etc. mais les déséquilibres risquent d’affecter définitivement la cohésion (relative) d’Iparralde.
Aujourd’hui que propose-t-on? Faire de la concentration urbaine comme au Sud, est-ce la bonne réponse? Le maire d’Anglet propose de densifier en faisant des cons-tructions à huit étages. Quand on voit les désastres écologiques au Sud et ceux qui se préparent (port de Pasaia sur la mer, Guggenheim à Urdabai, l’urbanisation con-tinuelle de toutes les villes), on ne peut qu’être vraiment inquiet. Je n’ose même pas parler de l’empreinte écologique (1) qui va exploser. Ici comme ailleurs, nous avons des comportements de prédateurs.
Devant cette situation, pourquoi ne pas se tourner vers l’association internationale des villes qui ont refusé le développement urbanistique et ont fait le choix d’un développement lent, harmonieux, respectueux de l’espace et de la qualité de vie.

(1) L’empreinte écologique est la superficie géographique nécessaire pour subvenir aux besoins d’une ville et absorber ses déchets. (Voir l’article de Pantxoa Bimboire dans le n°2010 du 3 janvier 2008).
Xurio

OROTARIK

LGV, les élus
se rebiffent

AOn savait que les élus de trois communautés de communes d’Errobi, Sud Pays Basque et Nive-Adour, avaient clairement affiché leur opposition à la création de la nouvelle LGV, on sait désormais qu’ils sont entrés en résistance. Jeudi dernier 2 décembre, au cours d’une conférence de presse, les trois présidents de ces intercommlunalités Paul Bandry, maire de Bassussarry, Michel Hiriart, maire de Biriatou, président des maires des Pyrénées-Atlantiques, et Roland Hirigoyen, maire de Mouguerre, auxquels s’est associé Alain Iriart maire et conseiller général de St Pierre d’Irube, ces quatre personnalités ont dévoilé leur plan de bataille reposant sur divers dispositifs techniques, juridiques et populaires, destiné à “faire revenir les décideurs à la raison”. Ils lancent un appel à toute la population du Pays Basque à rejoindre la manifestation du samedi 11 décembre à 15h à Bayonne.
Ils se disent extrèmement déterminés, avec le soutien entier des 15 communes situées sur le parcours de l’éventuelle LGV, à attaquer en justice un des deux récents arrêtés du préfet. Ils se sont pour cela attachés les services de l’avocate Corinne Lepage. “Comment peut-on geler 4.000 hectares de terres du Pays Basque”, déplorent les élus. Le tribunal administratif sera saisi avant le 27 décembre et la commune de St Pierre d’Irube en sera le porte-drapeau. “Nous avons écrit à Alain Rousset, président de région, qui n’a pas daigné nous répondre”. “On parle de concertation mais elle n’existe pas. Nous sommes seulement conviés à des grandes messes au cours desquelles on nous assène les vérités de RFF”.