Comment habiter en Pays Basque?

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Vue aérienne d'Anglet : évolution en 50 ans

Vue aérienne d’Anglet : évolution en 50 ans

Les questions du logement et de la mobilité, sont en passe d’asphyxier le territoire. 4 500 habitants de plus, viennent habiter en Pays Basque Nord, tous les ans. Les phénomènes d’urbanisation et de précarisation deviennent exponentiels. La problématique posée est sociale, économique, culturelle, transversale… L’objectif de l’association Etxalde est de constituer progressivement un  patrimoine immobilier commun en Pays Basque, c’est à dire un parc immobilier répondant aux besoins de logement de la population, des entreprises, des associations du Pays Basque. Enbata.Info a posé 3 questions à Beñat Etchebest, le Président d’Etxalde, à la veille de la rencontre-débat qu’organise l’association à la Technocité de Bayonne, ce mardi 18 septembre à  15h30 pour voir comment faire en sorte que le Pays Basque garantisse un toit pour chacun.

Quelle est la situation du Pays Basque Nord du point de vue de sa démographie ?

Le territoire compte 4 500 habitants de plus, tous les ans. L’attractivité du Pays Basque est forte. Pour la population vivant plus au nord, travailler ou venir passer la retraite ici est un gage de qualité de vie. Le soleil (parfois), l’océan et ses surfeurs, l’”Espagne” avec San Sé (!), la Rhune et ses pottocks, le rugby et Hegoak, tout y est ! Il nous faut trouver de quoi loger une ville de Bayonne tous les 10 ans ! (Insee 2014: Bayonne 48 000 habitants). On fait comment ?

Quelles sont les conséquences sur le logement ?

Beaucoup de monde pour peu de surface, et voilà que les prix flambent.  Illustration: le coût du terrain ramené au mètre carré habitable vendu sur les derniers programmes à Biarritz : 2 100 €, hors coût de construction. (Info Nathalie Motsch, présidente Agence Urbanisme, Entretiens d’Inxauseta 2018). Qui peut acheter ?

Il arrive en Pays Basque une population aux revenus souvent supérieurs à ceux de la population locale. Dès lors, un effet préjudiciable à un développement territorial harmonieux se met en place. Les nouveaux viennent s’installer au plus près de la Côte, amenant gentiment les vendeurs obligés ou les locataires les moins argentés à laisser leur place.

Ici, nous sommes ouverts au monde ! Bienvenue ! Dommage, en plus des 4 500 nouveaux habitants/an, nous avons des personnes qui aiment tant vivre chez nous, que leurs volets sont clos, particulièrement sur la Côte.

Entre 19 et 37 % des logements des villes côtières sont des résidences secondaires (Insee 2014).

Nous observons donc une migration progressive de la population, de la frange côtière vers l’intérieur. Certains auront vue sur mer, d’autres viseront un petit appartement sur Cambo ou Itsasou, avec enfant déposé à 7h chez la nounou, embouteillage à Maignon, sandwich à midi. Et oui, le travail est resté sur la côte !

Le coût est énorme ! Individuellement, déménagements, course contre la montre, emprunts pour véhicule individuel et logement. Collectivement, explosion des mobilités ingérable, urbanisation trop rapide, couteuse, gestion des équipements publics, garderies, écoles, fragilisation des liens sociaux.

Ce coût global est d’autant plus lourd que le marché de l’emploi se précarise, avec la montée progressive de la part des CDD chez les actifs.
Certains baissent les bras : quatre habitants sans domicile fixe sont morts dans la rue cet hiver 2018 ! Ce n’était jamais arrivé ! Le projet de société nous échappe !

Quelles sont les réponses pouvant être apportées ?

Beaucoup de monde réfléchit, se concerte, agit, avec conviction, détermination. Du logement social public ou privé à l’apparition de certaines clauses anti-spéculatives, en passant par les initiatives de défense des terres agricoles, la création de réserves foncières, la protection de certains espaces, les aides au logement, tout concourt à tenter de freiner les effets néfastes de cette attractivité territoriale… que nous cultivons !

Certains habitants, déjà investis professionnellement sur le thème, ou non initiés, se sont posés la question de la propriété privée individuelle.

Et si l’on trouvait un système qui fait qu’un bien ne soit plus à vendre, ne freinerions-nous pas la migration forcée, Côte-Intérieur ?

Réflexion, action.

L’association Etxalde est créée en 2007 et deux immeubles acquis font office d’expérimentation. Le débat évolue. La solution existe. Le potentiel est énorme !

Nous vous invitons à venir découvrir l’initiative Etxalde le 18 septembre à 15h30, dans les locaux de Tecnocité, rue Latécoère à Bayonne.

Découvrir, sera aussi apporter votre pierre, votre idée, votre suggestion, votre énergie. Nous avons à partager !

Bienvenue ! Ongi Jin!

 

Plus d’informations :

Etxalde, 1 toit pour tous ! www.facebook.com/etxalde.eu

20180918 Comment habiter en PBN